Du lundi 15 septembre au vendredi 3 octobre 2008 : LE NORD OUEST DE L’ARGENTINE
On souhaite un joyeux anniversaire à Adrien. Non, même de l’autre côté de l’Atlantique, nous de t’oublions pas.
Nous traversons la province de Mission qui ne nous intéresse pas du tout pour arriver à Salta rapidement. Nous connaissons déjà Salta pour y être venu 6 mois plus tôt. Nous adorons l’Argentine et toutes nos habitudes reviennent. L’Argentine c’est presque la maison. Mais en 6 mois, les prix ont subis une inflation de 20 à 25%. Alors je me demande, comment font-ils ? Installés au camping municipal, les enfants travaillent d’arrache pied pour envoyer la première évaluation juste juste mais pas en retard. Ce camping est le passage obligé de tous les voyageurs. Nous y retrouvons Mari-Jo et son époux Jean Marie, des niçois. Impressionnant au premier abord, ils sont extraordinairement intéressants. Baroudeurs de longues dates en sac à dos, estafette, et maintenant camping-car, ils ont fait tous les continents. Jean Marie a beaucoup d’humour et nous fait beaucoup rire. Ils sont cools et prennent la vie vraiment du bon côté sans se prendre la tête. Il y a aussi des suisses, des allemands, des hollandais…. Mais pas d’enfants pour jouer. Nous faisons la connaissance de Pablo. Originaire de Salta, il vit au camping et survit grâce à l’artisanat et reconnaissons en rendant des petits services aux voyageurs comme nous. Il nous aidera à faire le plein de la bouteille de gaz. C’est toujours pour nous un moment désagréable. Nous rencontrons Mélanie, venue pour faire un stage scolaire, mais elle a succombé au charme latino et pense s’installer ici. Guillaume est venu s’installer un an avec sa copine, histoire de voir comment est la vie de ce côté de la planète. Les éval du CNED dans la boite aux lettres, nous empruntons la route 68 qui traverse la verdoyante vallée de Lermas où l’on cultive le tabac et le maïs. Au niveau d’El Carril, une piste nous mène jusqu’à Cachi.
Une piste de pierre grimpe dans la montagne. On traverse la quebrada de Escoipe à travers de superbes montagnes aux couleurs chatoyantes de rouge et vert. La piste est de plus en plus étroite et les paysages de plus en plus magnifiques.
Le point le plus élevé se trouve à Piedra del Molino à 3348 m. La maison commence à fumer noire. Tout en haut, un immense plateau avec une végétation très rare. Seuls les nombreux cactus survivent. A Payogasta, on rejoint la fameuse ruta 40. Celle sur laquelle on a usé les pneus, cassé le radiateur, …… Et bien encore une fois, nous avons éclaté un pneu. Arrêtés au bord de la piste, Jean-Paul a montré ses talents de mécano. Cachi est un petit village perdu au milieu de rien et qui a gardé toute son authenticité. Ses maisons en pisée, ses rues pavées, et ses incroyables paysages captivent.
On s’installe au camping municipal doté d’une piscine olympique afin d’avancer la séquence 2. Jean-Paul fêtera dignement ses 60 ans. N’ayant pas trouvé de gâteau, il a soufflé ses bougies sur les croque-monsieur.
La ruta 40 est un peu difficile mais les paysages tellement enchanteresque qu’on oublie la tôle ondulée, les secousses, les vices qui se dévissent, les objets qui tombent, les placards qui s’ouvrent, les lumières qui s’allument toutes seules…. ;
Quilmès, outre la marque de bière, abrite les ruines d’une cité bâtie dans un amphithéâtre naturel par les indiens Quilmès. Ils ont résistés aux Incas et 130 ans aux espagnols avant d’être chassés pour aller s’installer et construire Buenos Aires.
Cafayate ne nous laisse pas un souvenir impérissable. La place centrale est très touristique, banale, sans intérêt. Cette ville se trouve au cœur d’une région vinicole, la seule chose intéressante. Nous filons rapidement sur Tafi del Valle, sorte de petit village suisse aux maisons immenses et très belles et El Mollar au bord du lac. Les paysages sont agréables, la végétation dense et verdoyante. Il fait beaucoup plus frais qu’à Salta.
Nous remontons sur Salta par la route 68 pour visiter les paysages enchanteurs et surnaturels de la Quebrada de la Conchas. Le souffle nous manque tellement c’est beau. Les montagnes sont rouges. La route est bordée de merveilles. La vallée devient plus étroite. La terre rougit. La végétation est semi-aride. Cet endroit est digne des parcs de l’Ouest des Etats-Unis. L’eau et le vent ont façonné des formes dans les montagnes aux couleurs rouges, marron, vert, gris. La première surprise est une forêt plantée sur des dunes de sable blanc.
On se régale à courir dans le sable, à dévaler les dunes comme des enfants. Dans ces moments là, le temps s’arrête, on joue, on rit comme des enfants. Chaque sculpture a reçu un nom. On commence par Los castillos (des châteaux fossilisés), la ventana (pierre rouge et ocre), l’obélisque, el sapo (roche en forme de crapaud). Au niveau des 3 croix, on a l’un des plus beaux points de vue sur la vallée en escaladant une petite dune de terre rouge. Les plus beaux endroits sont l’Anfiteatro et la Garganta del Diablo. Ce sont d’immenses failles dans la montagne. Impressionnant, on décide d’escalader au plus haut.
Retour sur Salta pour quelques jours de devoirs. Les filles travaillent le matin et l’après-midi car les délais sont très courts. Mais on craque rapidement alors on s’évade en prenant la piste qui longe le trajet du petit train des nuages. Très pittoresque, il ne circule que le samedi. La quebrada del toro est moins jolie. Peut-être que le temps n’est pas favorable, le ciel est gris et les couleurs des montagnes moins agréables. Le camping-car traine et nous avons du mal à respirer à plus de 4000 m d’altitude. Le train passe sous 21 tunnels, traverse 31 ponts et 13 viaducs. Le plus marquant est le viaduc de Polvorilla, 64 m de hauteur, 224 m de long, 1600 tonnes, qui enjambe un énorme canyon désertique. Nous retournons sur San Antonio de los cobres, village poussiéreux qui ne nous inspire pas du tout pour y passer la nuit. On écoute notre instinct et rentrons très tard sur Salta. Zut encore un pneu à plat ! Et en plus la douche fuit. Impossible de réparer. Se sont les parois qui avec les vibrations ne se joignent plus correctement. Il faut être inventif, on achète un rideau qui permet de protéger les parois.
Encore 3 jours de cours acharnés pour que les éval 2 partent sans retard. Bravo les filles. C’était dur mais comme d’habitude elles ont été sérieuses.
Désolée pour le retard en ce qui concerne la mise à jour du site. Un peu de flegme, un peu de fatigue, les devoirs….. les vacances ce n’est pas toujours faciles. Nous avons réservé le bateau retour. Nous partons normalement le 25 décembre de Buenos Aires avec le Grande Brasile. Plus que 3 mois.
Samedi 4 et Dimanche 5 octobre 2008 : Route vers la frontière bolivienne.
Nous remontons rapidement vers Quiaca à la frontière bolivienne. Nous avions déjà parcouru une partie de ce circuit en février dernier et la route nous paraît bien moins jolie. Peut-être que nous avons vu des quebradas plus impressionnantes depuis. Nous passons la frontière à pied pour dépenser nos derniers bols en souvenir.
Du lundi 6 au vendredi 10 octobre 2008 : SAN PEDRO DE ACATAMA
Le Chili est une mince bande de terre de 4300 km de long et de 180 km de large en moyenne ou se succèdent déserts, lagunes, salares, canyons, volcans actifs, lacs, fjords, glaciers, îles….. coincé entre l’océan pacifique et la cordillère des Andes. La vie est très chère, notre budget a du mal à suivre. Ce pays ressemble à l’Europe avec ses grands centres commerciaux, les derniers modèles automobiles, les belles maisons contemporaines …… C’est difficile à imaginer quand on pense que ce pays a été dirigé pendant de nombreuses années par des dictateurs. Seuls les visages sont marqués, il reste comme un air de tristesse.
Nous traversons le salar de Olaroz. Comme c’est le début du printemps, il est encore dur. Il est possible de marcher dessus. Les ouvriers sont en plein travail. Le trajet est un peu difficile car les altitudes très élevées. On s’arrête un petit quart d’heure le temps que la maison et ses occupants reprennent leur souffle. Passage de frontière au Paso de Jama avant d’arriver à San Pedro de Acatama, village oasis au milieu du désert le plus aride au monde et que nous connaissons déjà pour y être venus en février. Les ruelles sont toujours aussi poussiéreuses. Nous avons la chance de pouvoir visiter l’Iglesia San Pedro, toute blanche, et construite sans clou. Le plancher et le toit sont en bois de cactus. Nous restons au camping los perales juste le temps d’avancer les devoirs et de faire enfin notre excursion en Bolivie tant attendu. L’agence estrella del sur nous est recommandée. Aussi présente à Uyuni, nous en sommes satisfaits. Nous partons dans un 4x4 pas trop mal avec un couple suisse, visiter le sud lipez. Nous sommes émerveillés par la laguna verde et la laguna blanca qui sont l’une à côté de l’autre et au pied du volcan Licancabur en forme de cône. La différence de couleur est frappante. Le vent souffle très fort, nous sommes obligés de remettre chapeau, gants et de tronquer nos tongs pour des chaussures fermées. C’est l’horreur. Mais le spectacle en vaut la peine. Ce sont les différents composants naturels contenus dans les lacs qui en donnent la couleur.
Le bord est couvert d’une mousse blanche. Les geysers crachent des fumeroles qui s’élancent vers le ciel bleu. Des petits cratères aux belles couleurs bouillonnent. Toute la famille se retrouve dans une piscine naturelle où l’eau est à 35 degrés.
Il faut se dépêcher en sortant car il fait vraiment très froid. La balade se termine par la laguna colorada. Nous l’avions déjà aperçu en juin alors qu’elle était encore gelée. A cette époque, elle est magique. Les volcans se reflètent dans une eau rouge ou les flamands roses effectuent leur parade d’amour. C’était une belle journée et nous rentrons fatigués mais de belles images dans les yeux.