Lundi 31 mars 2008 : passage de la frontière

Nous longeons toujours le Pacifique. Le nord du Pérou est très très pauvre. Une petite fille (10 ans environ) nous propose de venir travailler chez nous. Que lui dire à part « non. Merci. Tu sais que les droits de l’enfant existent et que tu dois aller à l’école et ne pas travailler si jeune ». Les filles sont un peu choquées et en parlent encore plusieurs jours après. A l’heure du déjeuner nous passons la frontière péruvienne (pour les personnes). Nous décidons de nous arrêter juste après pour manger rapidement. La police arrive et nous fait décamper en urgence. C’est un endroit très dangereux, on ne doit pas rester ici. Ils nous disent : « encore deux minutes et vous aurez des ennuis ». Tant pis pour le casse-croute, nous allons jusqu’à la douane péruvienne qui se situe au village de Huaquillas à l’entrée d’un pont. La foule y est dense. La personne  me regarde à peine et demande à un habitant local de m’emmener faire des photocopies. Le camping-car est entouré et ne peut plus bouger. On a tellement la trouille que l’on ferme à clé. L’impression que tout le monde nous surveille. L’homme « désigné » nous emmène voir la police qui se trouve de l’autre côté du pont. Le policier vire le monsieur et me prévient qu’il faut se méfier et faire très attention. Il faut maintenant aller à la douane équatorienne qui se trouve quelque part dans cette ville horrible. L’homme propose de nous y conduire. Il fait garer JP dans une ruelle et m’emmène dans un vrai labyrinthe. La douane n’ouvre qu’à 14h00. Il faut patienter. Finalement un employé sort et quand il me voit me fait rentrer tout de suite. Le douanier me prévient encore une fois de faire très attention et de ne rien donner à la police à part une copie du papier qu’il vient de me délivrer. Y aurait-il un peu de corruption ? Quand je rentre au camping-car, Marine est en pleure, elle a peur et veut partir. Jean-Paul est inquiet de ne pas me voir revenir mais ne peut pas lâcher les filles et le camping-car. Il nous reste encore l’immigration qui se trouve à 10 kms. L’homme propose de nous y conduire, on le suit. Il veut absolument me prendre nos passeports. Je dois rester ferme et traiter directement avec l’immigration. Tout est finit, notre « accompagnateur » nous réclame 30 dollars. On lui dit que nous n’avons pas de dollars et qu’il nous reste seulement 30 sols. Il arrache le tout des mains de Jean-Paul. Nous partons rapidement et mettons un maximum de kms entre cette ville et nous. C’est le passage le plus difficile depuis notre départ. Mais pour dédramatiser, d’autres voyageurs l’ont beaucoup mieux vécus que nous. Nous nous dirigeons vers la Sierra du Sud.

La végétation est très dense. Nous traversons des champs entiers de cocotiers et de bananiers. L’Equateur est le premier producteur mondial de banane. Il y en a des jaunes, des rouges et des vertes (à faire cuire seulement), des petites et des grosses. Les mamans lavent le linge à l’ancienne et le font sécher sur les toits des maisons, sur les clôtures….. Il fait chaud et moite. Nous nous arrêtons épuisés sur le parking d’un restaurant.

Mardi 1er avril 2008 : CUENCA

Après une bonne nuit nous reprenons notre route. Moins stressés, nous apprécions d’avantage le paysage. Le relief est très accidenté. Ce week-end, il y a eu de fortes pluies. La route est détruite par endroit. Il faut faire attention et se déporter sur la voie de gauche car la voie de droite n’existe plus.

 Des clôtures sont au fond de la rivière. La pluie a emporté les cultures, il faut éviter les pieds de maïs qui ont atterris sur la chaussée. Image de désolation. Nous sommes dans une région très retirée, loin du monde moderne où la population, des plus jeunes au plus anciens travaillent très durs dans les champs pour un salaire de misère. Une femme très âgée, postée au milieu de la route pied nus, mendie quelques dollars. Quel courage ! Ca nous semble irréaliste…. Et pourtant on en croisera encore bien d’autres….Nous arrivons à Cuenca à l’heure du déjeuner. L’office du tourisme nous conseille le parking du parc qui a un gardien. Il restera tout l’après-midi assis sur le capot pour nous garder la maison. Visite de cette superbe ville qui se trouve à 2500 m d’altitude. La place principale « parque calderon » est dominée par la cathédrale Monument très beau et simple. Mais la ville est réputée pour le célèbre « panama », chapeau de paille souple. Il est fabriqué avec les fibres d’un palmier qui pousse sur la côte centrale équatorienne. La réalisation de ces chapeaux demande beaucoup de travail. Sur les marchés, les femmes vendent les légumes tout en tissant un panama. Nous rendons visite  à Alberto Pulla, chapelier depuis l’âge de 6 ans. Il en a maintenant presque 80. Puis nous visitons le petit musée du Barranco, qui dans ses ateliers met la dernière touche  aux panamas. Les filles se régalent et les essayent tous. Elles sont tellement belles qu’on ne peut pas ne pas craquer. De retour, le chauffeur de taxi nous conseille de ne pas rester au parc pour la nuit car il y a des vols et des agressions. Il nous conseille un grand parking gardé au centre. Nous y passerons une bonne nuit.

Mercredi 2 avril 2008 : GUALACEO – CHORDELEG - SIGSIG

Après les devoirs, nous partons visiter les alentours de Cuenca. La route monte en lacet jusqu’à CHORDELEG. Habité par les indiens canaris, ce village est spécialisé dans l’orfèvrerie. Pour atteindre Gualaceo, la vallée est très jolie. Nous arrivons pour l’heure de déjeuner. Le marché est très actif. Des femmes font griller du cochon (El hornado) et du cuy à la braise. Les gens sont attablés et mangent avec les mains. Les enfants courent de partout entre les étals de légumes. Scènes de vie amusantes. Sigsig est une des villes les plus importantes pour la production de Panama. C’est un charmant village colonial. Nous nous arrêtons près de la rivière, il fait très beau. En fin d’après-midi, nous visitons l’association de Toquilleras Maria Auxiliadora. 200 femmes du village et des alentours produisent de l’artisanat mais essentiellement des Panamas. Elles viennent ensuite vendre leur production dans cette association. Seulement 20 personnes travaillent à plein temps ici. Nous pouvons voir les différents bains où sont trempés les fameux chapeaux ainsi que tous les outils nécessaires à sa mise en forme. Un homme chargé de la finition nous explique sa technique. La discussion dévie rapidement sur la vie en Equateur. Il est handicapé et ne gagne que 100 dollars par mois pour faire vivre sa famille. Salaire de misère. Il ne se plaint pas et fait avec. Il s’intéresse aussi à la France et à notre façon de vivre. Nous n’avons pas tout compris, mais c’était un chouette moment. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à « Ikat, demonsracion y ventas ». Una señora possède un petit atelier chez elle, où elle travaille le tissage. Elle utilise une méthode ancestrale en voie de disparition l’Ikat, qui consiste à colorer la laine en la nouant avant le trempage. Retour sur le parking de Cuenca. Ce sont des enfants qui le gardent. Je pense qu’ils sont là toute la journée et qu’ils ne vont malheureusement pas à l’école. Ils soutiennent leur équipe de foot qui joue un grand match ce soir.

Jeudi 3 avril  2008 : ruines d’INGAPIRCA

Cuenca a gagné 4 à 0. Les enfants ont le sourire. Avant de quitter la Sierra du Sud, nous verrons de loin les ruines d’Ingapirca. Arrivés sur les lieux, les filles ne sont pas décidées à visiter encore des ruines. Alors nous resterons un moment à regarder de loin. C’est pourtant un des plus important site inca de ce pays qui est situé à 3200 m. Le temple du soleil a une forme ovale. L’environnement est superbe. Nous traversons la Sierra Centrale. Pause déjeuné autour de la laguna de Colta avant d’arriver à Banos où nous passerons la nuit sur le parking de la piscina.

Vendredi 4 et Samedi 5 avril 2008 : BANOS

Banos est une station thermale à 1800 m d’altitude au pied des montagnes. De ces montagnes verdoyantes coulent des sources d’eau chaude. Une des attractions est la piscine naturelle de la Virgen située juste au dessous d’une cascade d’eau.

 L’eau provient d’une source située au cœur du volcan Tungurahua. Il y a en réalité 3 bains : une piscine froide, une piscine d’eau chaude (environ 40 °) et une dernière d’eau très chaude (entre 50 et 60°) ou il est quasi-impossible d’y rester plus de 5 mn. L’eau est jaune et boueuse. C’est génial de pouvoir se baigner le soir quand il fait nuit dans une eau  à 40 °. La spécialité de la ville est le caramel (milcochas) et le jus de sucre de canne. Manger un morceau de sucre de canne équivaut à prendre une cuillère de sucre. L’église est un vrai trésor. La nuit, ses deux flèches sont éclairées en bleu. Le jour, de nombreuses personnes vont prier ou se signent en passant à proximité. La religion est très présente en Equateur. Est-ce parce que ce sont des peuples qui ont beaucoup souffert ? La rue principale regorge d’artisanat, de resto. Toute la journée des hommes fabriquent la melcocha, sorte de pâte collante à base de canne à sucre qu’on bat et qu’on étire. Le marché est typique avec les cochons grillés et les cuys.

De nombreuses ballades sont possibles. De la croix de Banos, on surplombe toute la ville. C’est le même chemin pour aller au pied du volcan Tungurahua, toujours en activité. Régulièrement, celui-ci se réveille et la population est évacuée en urgence. Cela pose beaucoup de problèmes, car en l’absence des habitants, la ville est pillée même sous la surveillance de l’armée et de la police. Nous faisons la rencontre de Carlos, qui avec l’aide de ses jumelles du haut de sa maison dans l’arbre et de quelques appareils technologiques, surveille l’activité du volcan. On peut voir les rejets réguliers de fumée et de cendres. C’est une première pour nous de voir ce phénomène naturel d’aussi près. La ville dispose de 15 mn pour dégager. Carlos est passionnant, il prend beaucoup de temps pour tout nous expliquer et propose aux voyageurs de venir gratuitement camper sur son terrain.  Sur le chemin du retour, nous faisons la connaissance de Manuel qui nous invite à boire un thé. Il travaille comme gardien de vaches dans la montagne au pied du volcan. Régulièrement il entend son grondement. Il nous offre un thé et des fruits de son jardin. Il vit modestement dans une cabane en terre battue, sans eau, ni électricité. Il est très sympa. Malheureusement, au moment de partir, il nous demande de l’argent. Ca gâche un peu le plaisir de la rencontre. On peut le comprendre, vu les petits salaires. Nous dormons la nuit sur le parking de la piscine. Le policier de garde me demande si Jean-Paul est gentil avec moi-même s’il est plus âgé que moi. Les gens sont très sympas et viennent régulièrement discuter. Les enfants mendient beaucoup mais ne sont pas voleurs. Parmi les équatoriens qui viennent nous voir, certains parlent français et ont été en France pour les études. Après, ils reviennent au pays pour faire partager un savoir-faire. Une jeune fille est venue en France pour jouer de la musique. Quand elle voit l’immatriculation du camping-car, elle vient aussitôt nous parler de la place du Colombier à Rennes qu’elle connaît très bien pour y avoir joué de la musique andine avec son groupe. Le monde est vraiment petit. On se sent de mieux en mieux en Equateur. Les jolis paysages et la gentillesse des gens, nous ont fait oubliés les débuts difficiles.

Dimanche 6 avril 2008 : ROUTE DES CASCADES – PUYO

La route traverse le bassin supérieur de l’Amazone. La route des cascades, au nombre de 12, longe les gorges du Rio Pastaza. La première cascade est celle du Manto de la Novia. Il est possible de prendre des nacelles pour la voir de plus près mais celui-ci vous transporte à une hauteur de 100 m. Avis aux amateurs de sensation !!! Les suivantes sont moins impressionnantes. Puis, nous arrivons au village de Rio Verde, où un petit chemin nous mène au Pailon del Diablo. Les chutes sont merveilleuses mais aussi très vertigineuses. L’eau tombe dans un immense trou avec un bruit effroyable avant de s’écouler paisiblement dans la rivière. Il est possible de l’observer de loin sur un pont suspendu ou de se rapprocher au plus près grâce à un mirador. Le village où se déroule une partie de foot, est très animé. La route monte et descend. La végétation devient de plus en plus tropicale. Les gorges sont couvertes d’orchidées, de fougères géantes qui peuvent atteindre 3 m de haut, de cactus, d’arbres avec des fleurs de toutes les couleurs. La ville de Puyo est morte pour un dimanche. Un parc nous accueille sur son parking. Les filles profitent de la piscine géante, Jean-Paul du hamac. Dans le jardin, les singes passent d’arbres en arbres sous nos yeux ébahis.

Lundi 7 avril 2008 : PUYO - BANOS

Puyo est la ville la plus importante de la forêt vierge. Ce matin, nous visitons le parque Omaere. Ce parc propose une découverte des plantes de la forêt tropicale (le cannelier et le Cruz Caspi…), et des plantes médicinales utilisées par les shuars (le Chontaduro au tronc hérissé d’épines). Une habitation indigène est reconstituée et le guide nous explique la vie de ce peuple (outils, chasse, vie sexuelle….). Nous prenons ensuite le sentier touristique qui longe le Rio Puyo et qui traverse une forêt ou une multitude de fleurs se côtoient. Retour à Banos où nous attendons avec impatience l’ouverture des thermes pour se prendre un bon bain d’eau chaude.

Mardi 8 avril 2008 : PUJILI

Ce matin, Jean-Paul met le site à jour et les filles avancent les devoirs. En mangeant une guimauve, Camille a perdu sa dent qui est restée collée au sucre. Après un bon repas poulet/frites, le plein de courses et quelques coups de téléphone, il est déjà 15h30. Nous reprenons un peu la route. Nous traversons PELILEO réputé pour la fabrication du jean et Salasaca. Ce village regroupe 2000 indigènes connus pour leur artisanat. Leur costume traditionnel est différent. Les hommes portent des pantalons et des chemises blanches, surmontés d’un pancho noir et d’un chapeau noir. Même les petits ont le même costume. On dit qu’ils portent le deuil de leur terre perdue. Les femmes lavent les carottes avec leurs pieds, dans les fossés de la ville, le long de la panaméricaine. En fin d’après-midi, nous nous arrêtons dans une station service à l’entrée de PUJILI. Une jeune fille qui travaille ici, vit avec son mari dans une maison ou les conditions sont déplorables. Pas d’eau, des cartons remplacent les fenêtres……… Vue splendide sur le Volcan actif Cotopaxi (5897 m).

Mercredi 9 avril 2008: lago Quilotoa

Nous nous levons de bonne heure pour prendre la route en direction du lago Quilotoa. Il fait très froid au réveil (13°) mais nous sommes à 2800 mètres. La brume nous empêche de voir les sommets enneigés des volcans. Nous traversons les différents villages andins de Pujili, Tigua, et Zumbahua. On serpente à travers les montagnes couvertes d’un patchwork de cultures. La population vit dans des chaumières en paille les chozas traditionnelles. Beaucoup de femmes travaillent dans les travaux publics et les plus petits enfants les accompagnent. Aujourd’hui il fait froid et il pleut une pluie fine. Les enfants sont dehors au lieu d’être à l’école. La vue se dégage et nous pouvons apercevoir les volcans Cotopaxi, Ruminahui et Ilinizas. Arrivés au lago Quilotoa, nous sommes accueillis par une charmante jeune femme qui porte une jupe brodée, des chaussettes en laine, un châle coloré sur les épaules et un chapeau de feutre noir, marron ou vert avec une plume de paon. Des femmes transportent de la terre. Deux par deux, elles tiennent chacune une extrémité d’un sac de jute et porte la terre 50 m plus loin. Le tout en jupe, chaussette et talons.

Du bord du cratère, la vue du mirador plonge sur les eaux vertes du lac volcanique de Quilotoa. Nous décidons de descendre un peu les 400 m de dénivelé. Mais à 3800 m le souffle se fait rare pour tout le monde, la tête tourne. A mi-parcours, nous décidons de rebrousser chemin.

Retour par le même chemin, direction Saquisili. Visite rapide de la ville qui n’a pas grand intérêt à part le marché de demain. Il pleut à nouveau. Nuit à la station essence au centre ville.

Jeudi 10 avril 2008 : MARCHE DE SAQUISILI

Le marché du jeudi est un des plus importants du pays. Les habitants des villages voisins viennent vendre leur production ou acheter. Le marché se répartit sur plusieurs places. On se croirait à la braderie à Rennes. Chaque place est dédiée à des marchandises spécifiques : la place des artisans, la place des fruits et légumes, la place des vêtements, le place du sucre et féculents… On se laisse tenter par toutes ces couleurs de tissu. Le top, c’est le marché au bétail à la sortie de la ville. On peut voir des vaches, des cochons, des moutons…. Les négociations vont bon train entre les habitants. C’est aussi un moment de rencontre et d’échange. Comme il a plu toute la nuit, tout le monde se roule dans la gadoue, y compris les enfants qui ne sont pas à l’école. Une femme allaite son bébé debout au milieu de la foule. C’est assez courant. Les mamans sont encore des enfants. C’est un marché très riche en couleur ou se mélangent les odeurs, les cris, les bruits, les gens……

Pour le repas de midi, de nombreux bouis-bouis servent à manger : soupe, cochon…. La nourriture est certainement très bonne, mais nous préférons nous abstenir tellement cela nous semble sal. Nous rentrons manger une assiette de spaghettis carbonara.

Nous reprenons la route et contournons Quito. Nuit dans une station essence au petit village de Pifo au nord de Quito.

Peut être une tigre?

Bon anniversaire Frédéric

Vendredi 11 avril 2008 : MITAD DEL MUNDO (le premier)
On attend avec impatience d’être au milieu du monde. Après être passés de l’Hémisphère Sud à l’Hémisphère Nord plusieurs fois, on trouve enfin ce fameux monument qui symbolise cette ligne imaginaire. C’est l’horloge solaire Quitsato. Elle est gérée par une association privée car le gouvernement ne s’intéresse pas du tout à ce point géographique. Une petite explication est donnée. Nous essayons de trouver le point 0 avec notre GPS. Il correspond à 20 mètres près à celui du monument. On se dit que cela vient de notre GPS. On décide donc de sortir la bouteille d’eau, l’entonnoir, et quelques épices. A notre point 0, l’eau coule toute droite. Alors qu’au point 0 du monument, l’eau tourne à droite. Coïncidence, erreur de GPS, personne ne le sait …
Nous reprenons la route en direction d’OTAVALO. Situé à 2500 m d’altitude, son marché attire des visiteurs de tout le pays mais aussi de toute la planète. Les indigènes portent toujours la tenue traditionnelle : chapeau de feutre sombre, pantalon court en coton blanc, poncho bleu pour les hommes qui nouent leurs magnifiques cheveux noirs en queue de cheval. Les femmes portent un corsage brodé et orné de dentelles, une longue jupe noire fendue sur le côté avec un jupon beige en dessous, un foulard, un large collier en perles dorées, et leurs cheveux sont tressés. Hommes et femmes portent les mêmes sandales de fibres tressées.  Le marché a lieu tous les jours, mais il est plus touristique le samedi. C’est le plus fameux d’Equateur. Nous profitons donc d’une journée tranquille pour arpenter le marché artisanal. Epoustouflant ! Les otavalenos possèdent une grande maîtrise du tissage. Il est très fin, et les couleurs envoutantes….. Nous nous installons dans un parking pour la nuit. Vers 19H30, le gardien nous sort du parking. Il n’avait pas compris que c’était une maison et que nous dormions dedans. Nous passons la nuit dans une station essence.

 


Samedi 12 et Dimanche 13 Avril 2008 : OTAVALO et les environs – 7 mois que nous sommes là et 27 000 kms parcourus.
Après une nuit un peu bruyante, nous sommes sur le point de quitter la station, quand un camping-car français s’arrête. C’est une famille d’Annecy www.theworldfamilytour.com : Eric, Patricia, et leurs deux enfants Cloé (14 ans) et Léa (8 ans). Superbe rencontre. Nous discutons un moment sur la route avant de nous rendre au marché tous ensemble. Les enfants n’ont pas arrêtés de parler. Il y a longtemps que nous n’avons pas rencontrés de famille. Finalement Camille et Marine parlent beaucoup moins de rentrer. Ils viennent de traverser l’Amérique du Nord, l’Amérique Centrale et la Colombie. Ils nous donnent vraiment envie d’aller explorer ce côté-là de la planète. Nous partagerons tous nos repas ensemble, les filles d’un côté, et les parents tranquilles de l’autre. A Otavalo, nous avons beaucoup partagé avec les habitants. Ils sont très accueillants et très intéressants. Ils revendiquent haut et fort leurs origines indigènes. Un jeune homme avec qui nous discutons est venu étudier en France 5 ans avant de revenir ouvrir un petit commerce ici. Il nous explique en français, que son retour était difficile. Il ne retrouvait pas sa place, les copains avaient déjà une vie de famille et lui seulement quelques années d’étude. On passerait bien un peu plus de temps avec lui tellement il est sympa. Une autre maman est venue nous aborder le dimanche matin avec son mari et ses deux enfants. Son papa est français immigré depuis 30 ans en Equateur, sa maman est indigène. Plus jeune, elle a vécu en France dans un camping-car, et comme cela n’existe pas ici, elle a demandé à faire visiter à son fils. C’est la fête à l’école, elle nous a gentiment invités à venir partager un moment. Vers 12h00, nous décidons d’aller les voir. L’école est toute neuve. Nous faisons connaissance avec la famille. Encore un superbe moment !!!! Le maire est très actif. Il a mis en place un nouveau système scolaire ; car ici le niveau est très bas. Dans les hameaux reculés, les enfants ne vont toujours pas à l’école. Le gouvernement a décidé d’agir un peu. Il offre un repas à tous les enfants qui vont à l’école. C’est apparemment assez efficace. Nous nous sentons presque en famille, les enfants courent de partout, les parents sont très sympas. Le papa nous explique son travail dans l’agriculture et les difficultés rencontrées. Il faut beaucoup de courage, mais c’est un pays qui bouge et qui se relève. Les indigènes sont très fiers et très courageux. Nous profitons de l’après-midi pour visiter les alentours et notamment les villages d’Agato, Iluman et Péguche. Un sentier nous mène à la Cascada de Peguche, cascade sacrée pour les villageois. Nous finissons la journée au Parque Condor qui se consacre à la réhabilitation des oiseaux de proie. On peu admirer des condors, des aigles, des vautours, des chouettes (celle qui est dans Harry Potter), des éperviers et des faucons. Des rapaces dressés ont effectué une démonstration. Marine a pu en tenir un sur son bras. Nous retrouvons la famille française pour une dernière soirée.


Lundi 14 avril 2008 : MITAD DEL MUNDO (2ème monument)Après des au revoir difficiles pour les enfants mais pour nous aussi, nous partons visiter la Mitad del Mundo au nord de Quito. Ce site est à fuir. Un village indien est reconstitué mais c’est très touristique avec des magasins de souvenirs partout. Bof Bof. Le seul intérêt est le monument de pierre trapézoïdal, haut de 30 m et surmonté d’un globe de cuivre et qui se tient au centre de la Mitad. Malheureusement il n’est pas réellement au centre du monde, mais ici tout le monde le sait. Plus intéressant, le Museo Solar Inti Nan qui se tient à l’endroit où passe véritablement l’Equateur. Un chronomètre solaire indique précisément, à partir des rayons du soleil, l’heure astronomique. Nous participons aux fascinantes expériences concernant l’eau et l’énergie. Superbe. On a bien ri avec le guide. On retrouve aussi la reproduction d’une tombe, d’une maison avec outils et costumes traditionnels. Le plus impressionnant, la présentation sous verre de la réduction d’une tête datant de 150 ans. Nous essayons de dormir dans le quartier mais à chaque fois on nous prévient que ce n’est pas sur. Nous finissons dans une station service avec un gardien.

Mardi 15 au samedi 19 avril 2008 : QUITO

Nous arrivons sur la Capitale et comme d’habitude nous sommes impressionnés et pas très à l’aise. Il nous est difficile de trouver un parking gardé. C’est où trop cher, où ils ne sont pas 24/24, où on ne peut pas passer en hauteur. Finalement, avec l’aide de l’office du tourisme, on trouve un stationnement au centre ville. On va pouvoir y laisser le camping car lors de notre absence sans aucun problème. Nous passons 5 jours à flâner, remettre la maison en état, préparer nos différents voyages. Quito est une ville extraordinaire. La capitale est partagée en deux : le centre historique qui abrite pratiquement tous les édifices coloniaux et au nord la ville nouvelle. On nous prévient de faire attention, mais on se sent vraiment en confiance ici. C’est une ville moderne où l’on trouve de tout. Les filles finissent difficilement la 9ème séquence qui part sans retard. Nous profitons aussi de ce séjour pour rencontrer Marina, Pedro et leurs 3 filles. Ils sont un peu africain, un peu chilien, un peu français.. Le mélange de leurs cultures les rend vraiment charmants, disponibles, et accueillants. Nous avions été mis en contact grâce à Elisabeth et Jacques rencontrés sur la Carreta Australe en Décembre. Les enfants ont les mêmes âges, et Camille et Marine avaient hâte de les rencontrer. Cette famille est installée en Equateur depuis 8 mois seulement. Ils se plaisent beaucoup et les filles ont tellement vantés l’école française que les nôtres finalement ne sont plus autant réfractaire à une vie à l’étranger. Nous passons deux superbes soirées à comprendre la vie en Equateur, les problèmes rencontrés pour les expatriés… Que du bonheur et des envies de rester ici plein la tête. Après des débuts difficiles à la frontière, nous avons changé d’avis …. Pourquoi pas l’Equateur, ce tout petit pays aux paysages variés …..

Dimanche 20 avril 2008 : Départ pour les Iles Galapagos
Nous arrivons à l’aéroport à 07h15, impatient de prendre l’avion et d’arriver aux Galapagos. Au guichet de la compagnie aérienne, on nous propose de prendre l’avion de 07h30. Du coup, il nous reste 5mn pour embarquer. Ce que nous ne savions pas, c’est que l’avion fait escale à Guayaquil. Nous montons à bord d’un B267. C’est une première pour les filles. Elles sont toutes excitées. Marine se met au hublot pour ne rien louper de la vue du ciel. Camille est plus anxieuse. Au moment du décollage, tout le monde est scotché au siège. Vu du ciel, les enfants trouvent tout merveilleux. Nous arrivons à l’aéroport de l’Ile de Baltra vers 11H00. Il y a 8h00 de décalage avec la France, il fait une chaleur étouffante et moite. Le temps de récupérer les baguages et de payer l’entrée du parc, et nous voilà partis à la recherche de notre guide. Nous sommes les premiers à arriver. Tché Tché nous conduit en bus jusqu’à une petite embarcation qui nous mène enfin à bord du Rumba Yatch. En comité d’accueil, des lions de mer qui font la sieste et des pélicans de partout. Nous sommes 10 passagers et 5 membres d’équipage vraiment sympa. Le chef cuistot, qui se nomme Gallo est au petit soin pour nous et s’inquiète toujours de notre bien être. Nous avons 2 cabines, très petites, face à face. Les hublots sont au ras de l’eau. Les filles sont contentes d’être ensemble et peuvent profiter un peu de leur indépendance. Nous découvrons aussi les toilettes et leurs fonctionnements, c’est tout un programme. Enfin, les autres voyageurs arrivent. Que des jeunes : un couple d’anglais, un couple d’américain, un allemand installé en Equateur pour un service civil et un canadien en vadrouille pour 3 mois. Tout le monde parle anglais, nous sommes un peu largués. Après le repas, nous prenons la mer pour 1H00 de navigation jusqu’à la playa Las Bachas au nord de l’Ile Santa Cruz. Nous sommes seuls ou presque au paradis. Le Top. Seul couac, il se met à pleuvoir. En 5mn, tout est trempé, les vêtements et les sacs. Nous plongeons dans la mer bleue avec palmes, masques et tubas à la recherche des poissons. Marine fatigue vite. Nous retournons sur le bord tandis que Camille et JP partent au large. Ils ont pu nager avec des raies et vus toutes sortes de poissons dont les noms nous échappent : des noirs avec des lèvres jaunes, des noirs avec des queues jaunes, des noirs et blancs, des énormes bleus et roses. Sur la plage de sable fin, avec Marine, nous faisons attention de ne pas écraser les œufs des tortues géantes qui devraient éclore dans 8 jours. La plage est truffée de gros crabes rouges et bleus. C’est la première fois que nous en voyons d’aussi jolis. Ici, il est interdit de les manger. Au milieu se prélasse un iguane marin de couleur noire qui se confond avec les pierres volcaniques. En fin d’après-midi, nous rentrons bien fatigués au bateau mais ravis de notre journée. L’ambiance générale est très familiale et le guide excellent. Après une heure de navigation, nous arrivons près de l’Isla Mosquera.

 
Lundi 21 avril 2008 : Plage de Mosquera et Ile Santa Fé
Levés à 05h45. Nous avons très peu dormis, pourtant la mer est calme. A 06h45, la petite embarcation nous amène jusqu’à la plage Mosquera qui est un minuscule confetti de sable. Nous sommes seuls avec les lions de mer. La marée basse forme une nurserie où les petits peuvent jouer sans danger. Une seule maman les surveille pendant que les autres femelles vont chercher à manger. Nous les approchons au point de les toucher mais c’est interdit pour ne pas que notre odeur face fuir la maman. Sur la plage, les bébés tètent les mamans pendant que les mâles font les beaux. Tous ces lions de mer font comme si nous n’étions pas là. Ces îles sont magnifiques, elles ont gardé un côté sauvage et sont vierge de toute activité humaine. Toutes les espèces végétales et animales présentes sur ces îles ont été amenées par les colons où ont parcouru plusieurs milliers de km portés par les vents ou les courants aériens et marins. On peut observer de nombreux oiseaux marins comme les frégates qui ont le cou rouge où encore les mouettes grises. Les iguanes marins se faufilent dans le sable. Nous retournons sur le bateau pour 5H00 de navigation. Il fait un temps superbe. Quelle chance d’être ici. Les filles n’ont plus envie de rentrer en France. En arrivant à Santa Fé, c’est le paradis. Nous sommes sur une petite lagune. La petite embarcation conduite par Sixto nous emmène faire de la plongée. C’est le top. On fait connaissance avec Némo et de magnifiques autres poissons de toutes les couleurs. Marine voit sa première raie. Nous nageons dans un aquarium tropical.


Mardi 22 avril 2008 : Isla Espanola
Nous mouillons à Punta Suarez, à l’extrémité Ouest de l’Ile où dès 6h15, nous empruntons un chemin rocailleux. Pour la première fois, nous voyons les oiseaux appelés les fous à pattes bleues (si si, ils ont vraiment les pattes bleus), ou d’autres appelés les fous masqués. Les iguanes sont noirs et verts ou noirs et rouges. Il y a de nombreux albatros. Nous arrivons aux pieds d’une falaise ou l’écume jaillit d’un trou souffleur en contrebas tandis que les oiseaux marins nous passent au dessus de la tête. Après le petit déjeuner, nous partons tous faire de la plongée. Et là, c’est le top du top. Nous nageons avec les lions de mer, ils passent tout près de nous. Les filles découvrent un vrai spectacle sous mer : nous nageons avec les requins …. INCROYABLE. Marine a un peu peur mais elle est tellement excitée qu’elle ne veut pas en perdre une miette. Camille, à l’aise comme un poisson dans l’eau, les suit sans peur. D’accord, se sont des petits requins à pointe blanche, mais quand même, on nage avec et ils ne sont pas du tout agressifs. Je n’ai pas encore parlé des tortues marines. Elles sont géantes et se promènent tranquillement au fond de l’eau. Cet après-midi, plage. La Gardner Bay est une belle plage de sable blanc à l’est de l’Ile. Les otaries bronzent au soleil. On passe au milieu pour rejoindre l’océan. Elles bougent à peine. Un bébé pousse des cris car il ne retrouve pas sa maman. Ca fait mal au cœur. Parmi les oiseaux : mouettes, hérons, pinsons…… survolent la plage. Cette plage est le paradis. C’est celle que j’ai préféré.

Cherchez l intrus

Annie-France, tu dois vraiment venir là……….. D’ailleurs si tu as une petite place dans ta valise, je suis partante. Nous reprenons la mer pour 06h00 de navigation. Mais après le diner, le moteur du bateau tombe en panne. Manœuvre, essais, tout l’équipage est à pied d’œuvre. Malheureusement, il ne pourra jamais repartir. La petite embarcation nous remorque jusqu’à une petite ile. Un autre bateau viendra nous remorquer dans la nuit jusqu’à l’Isla Floreana.

 
Mercredi 23 avril 2008 : Isla Floreana
Dès 06h15, nous partons pour une petite lagune où nichent de nombreux flamands roses. Ils sont vraiment très roses ici. Le pinson à bec moyen est présent uniquement sur cette ile. Un petit sentier nous amène à la post officie bay. Un tonneau y est érigé en guise de boites à lettes pour les touristes qui y déposent une carte, un mot. On fait le tri et si une carte est à l’adresse de notre ville, la coutume veut que l’on apporte ce courrier en mains propres. Il parait que ça marche très bien, en tout cas, il n’y a pas de carte pour la France. Nous partons faire de la plongée à Corona del Diablo. C’est un demi-cercle de roche qui dépasse de l’océan. De nombreux oiseaux nichent dans les rochers et des milliers de poissons tropicaux nagent tout autour de nous. En passant, on dit bonjour à Némo qui est encore là. A croire qu’il nous suit. Quelques requins viennent nous voir avec curiosité avant de retourner dans leur grotte. Nous reprenons notre navigation, environ 6h00 en direction du sud de l’Isla Santa Cruz, ou nous accostons à Puerto Ayora pour y retrouver la civilisation comme le dit l’équipage. Le bateau toujours en panne est remorqué par le Aida Maria. Un mécanicien devrait venir ce soir. Nous arrivons assez tard dans l’après-midi. Il nous reste peu de temps pour se promener dans la ville de Puerto Ayora. C’est la ville la plus étendue et la plus peuplée de l’archipel. Lions de mer, albatros et iguanes paraissent sur le front de mer. Les pélicans nous offrent un spectacle époustouflant lorsque les oiseaux foncent droit sur leur proie et plongent dans le port. Nous profitons de l’internet tout en dégustant une glace. Un couple de français nous aborde sur le port. C’est la famille Motte www.claventure.fr qui nous a reconnu d’après les photos du site. Ils viennent de visiter l’Amérique du Nord et l’Amérique centrale pour finir par l’Amérique du Sud en passant par la Colombie. Nous partageons nos expériences. Moment très sympathique, dommage que leurs 3 enfants soient restés au bateau. Mais nous reprenons tous le même avion dimanche. En tout cas, leurs récits nous ont donné envie d’aller explorer un peu plus haut.

 
Jeudi 24 avril 2008 : PUNTA AYORA
Aujourd’hui, nous nous levons à 06h30. C’est la grasse matinée. Nous partons tranquillement en bus voir les tortues terrestres. Nous empruntons la seule route de l’Ile qui la traverse du Sud au Nord soit 42 kms pour nous rendre à la réserve El Chato. Cette réserve permet de contempler les tortues géantes en liberté. Elles sont énormes et peuvent mesurer jusqu’à 1m50 de longueur. De près, elles sont très laides. Au détour des sentiers, on se promène dans une végétation dense où l’on peut déguster de multiples fruits : pamplemousse, fruits de la passion…. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons au tunnel de lave. C’est une galerie souterraine née de la solidification de la couche externe, plus froide, d’une coulée de lave en fusion. La lave de l’intérieur de la coulée, plus chaude, continue à s’écouler, vidant la paroi solidifiée et formant ainsi le tunnel. On ne peut pas quitter cette ile sans visiter la fondation Charles-Darwin dont la mission est de préserver l’écosystème. Le principal programme est la reproduction des tortues géantes en captivité. On passe d’abord par le centre d’élevage ou les tortues sortent de l’œuf. On peut choisir le sexe de la tortue grâce à la température. Plus de 30°, ce sera un mâle. La nurserie est très émouvante. Après environ 4 ans, les tortues sont rapatriées sur leurs iles respectives. Ici vit Georges, le dernier survivant de son espèce de l’Isla Pinta. Il a environ 90 ans et ne veut pas d’une femme d’une autre espèce. Nous rentrons à pied par le port. Les pélicans s’amassent ici. Certains foncent droit sur leur proie et plongent dans le port, d’autres attendent que les pécheurs leur donnent les restes de poissons. Il y en a un qui essaye de manger une chaussure. Il est difficile de lui enlever de la bouche. C’est incroyable la grosseur du poisson qu’ils peuvent mettre dans leurs becs et qu’ils avalent tout crus. Les magasins de souvenir n’ont aucun intérêt. Les prix sont très élevés et les objets ne présentent rien d’extraordinaire. Nous rentrons après avoir dégustés une bonne glace. Le moteur n’est toujours pas réparé. On se demande si on va pouvoir repartir ce soir. Le Capitaine nous rassure : No te preocupas, todo esta bien. Par contre une mauvaise nouvelle nous attend. Gallo, le cuisinier nous quitte. Il n’est pas titulaire du poste. On vient de le prévenir qu’il devait quitter le bateau. Ici, il n’y a pas de contrat, que des boulots précaires. On travaille au jour le jour. Grand moment d’émotion car il a les larmes aux yeux. Je pense qu’il s’est attaché à nous autant que nous à lui. On va regretter ces bons petits plats. Après le diner, on vaque à nos occupations comme d’habitude. Jean Paul ne se couche pas trop tard et vers 22 H 00, le guide demande à nous rencontrer tous les deux. Il nous annonce que le bateau n’est pas réparable. Il n’y a pas d’autres possibilités que de se rendre sur un autre bateau mais il n’y a pas de place pour tout le monde. Nous nous retrouvons à déménager à 23H00 passées pour le Aida Maria. Les enfants chougnent et ne comprennent pas pourquoi on les réveille pour déménager. Le bateau est plus luxueux et les touristes très riches. Le problème est que nous n’avons qu’une cabine. Camille et Marine dorment ensemble. Je dors dans le 2ème lit et Jean-Paul se retrouve à l’étage dans la même chambre que l’équipage. Nous l’avons un peu amer. Mais cela fait parti aussi de l’aventure. Nous nous endormons un peu déçu.

 
Vendredi 25 avril 2008 : ISLA RABIDA ET ISLA SAN SAVADOR
Nous avons navigués toute la nuit pour nous rendre à la Isla Rabida . On débarque près d’une plage de sable rouge où les otaries ont la belle vie. Les filles plongent avec elles et cela ne dérange ni les uns, ni les autres. La fille du guide, Rebecca est venue passer 3 jours sur le bateau. Elle a 12 ans et fait découvrir beaucoup de choses aux enfants. C’est un régal de les voir parler ensemble en espagnol. Avec leurs quelques mots, tout le monde se comprend, joue et rie aux éclats. Nous faisons route jusqu’à la Isla San Salvador. Sur la côte occidentale, Puerto Egas, sur James Bay, est une longue bande de lave noire ou l’érosion a sculpté des bassins. Un sentier nous mène au volcan pain de sucre qui culmine à 395m et d’où la vue sur la baie est magnifique. Nous passons l’après-midi sur la plage d’Espumilla. Les enfants s’amusent à chasser les poissons.


Samedi 26 avril 2008 : ISLA SAN SALVADOR
Nous débarquons sur une immense nappe de lave noire. Les coulées ont donné des formes particulières à la lave. Les enfants s’amusent à reconnaitre des animaux , des visages….. L’après-midi nous débarquons pour la dernière fois sur une plage de sable noir. Dernière plongée parmi ces merveilles. Une petite raie est juste sur le bord, il y a 20 cm d’eau, on peut la voir de très très près. Sur la pointe sud-est de l’Ile, Sombrero Chino est un minuscule ilot en forme de cône volcanique. On peut faire le tour de l’anse en bateau. Des bébés pingouins attendent le retour de la maman avec le repas. Après, ils croisent leurs ailes pour se faire des câlins. Soirée très animée au bateau. Tout le monde chante et boit. Les australiens sont assez fêtards. Même l’équipage est de la fête. Le cuisinier nous a fait un énorme gâteau d’au revoir.

Dimanche 27 avril 2008 : SEYMOUR NORD et retour sur QUITO
Dernière balade pour observer l’étonnante frégate magnificiens. Le mâle se distingue car pour attirer les femmes sa gorge se transforme en un gros ballon rouge. Si la femelle est intéressée, elle descend vers le mâle. Le tout est accompagné de cris perçants. C’est vraiment amusant. A 08h00, nous partons pour l’aéroport où nous avons plus de 4h00 d’attente. Nous retrouvons la famille Motte. Les enfants peuvent jouer et partager leurs expériences. C’est sympa d’écouter de loin les commentaires et les interprétations de chacun. Le retour en avion est très fatiguant. Nous traversons beaucoup de perturbations et les enfants sont complètement excités. Retour sur Quito très triste. Il faut dire au revoir à nos camarades de route. Il fait froid, environ 15°. C’est incroyable le changement de température dans ce pays. Nous rentrons au camping-car avec le moral dans les chaussettes. On repartirai bien au soleil.

Lundi 28 avril 2008 : QUITOJournée froide et triste. Remise en état du linge, internet, plein du frigo. Pas le top, journée à oublier.

Mardi 29 avril au 2 mai 2008 : MISHUALLI en ORIENTE (AMAZONIE)

Après avoir pris rendez-vous chez FIAT pour une petite remise en état, nous prenons la direction de Mishualli en Oriente (AMAZONIE). Il nous faudra 7 heures au total pour faire 250 kms, tantôt de la route plus ou moins bonne, tantôt de la piste avec de gros trous. De nombreux travaux nous ralentissent. Nous passons difficilement les ornières formées par les engins des travaux publics. Tout au long de la route, la végétation change. Elle devient de plus en plus dense et touffues et la chaleur moite. Nous serons contrôlés deux fois. La première, la police est sympa et nous dit clairement qu’elle monte par curiosité. Le second contrôle est plus hard. Une vingtaine de personnes armées jusqu’aux dents, contrôle le véhicule de fond en comble. Jean-Paul est obligé d’ouvrir touts les compartiments. Les flics demandent à JP si nous ne cachons pas d’arme. C’est un peu impressionnant de les voir rentrer avec leurs grosses armes. A l’hôtel Albergue Espagnol, nous sommes accueillis par Pierre, un français expatrié depuis 5 ans. Il nous explique rapidement le séjour. Nous partons visiter le village de Puerto Mishualli, petite bourgade située au bord du fleuve NAPO, long de 1300 kms et qui se jette dans l’Amazone. Le soir sur la place centrale du village, une communauté de petits singes s’amuse. Spectacle amusant et folklo. Seul petit problème, ils sont attirés par tout ce qui brille. En 2 secondes, un singe est venu me prendre mes lunettes sans même me toucher. Il a fait un peu joujou avec en les manipulant dans tous les sens. Il a d’ailleurs très bien compris à quoi ça sert puisqu’il faisait le malin avec les lunettes au bout du nez. JP a du rusé pour les récupérer. Il paraît que le soir ils vont chiper dans les assiettes des touristes qui mangent dans les restos bordant la place. Un bébé tête sa maman. Ce soir, il y a l’élection de la Reine du village. Tout le monde est de sorti. Un indigène se promène avec un gros piton autour du coup. Ce soir, nous goutons la spécialité locale : le GUANTA, un rongeur. Il a le goût du lapin mais nous apprécions moyennement. Nous partons nous coucher en musique.

Mercredi 30 : Dès 09H00, le guide nous fait monter dans une pirogue motorisée pour 01H30 de navigation sur le RIO NAPO. Il a beaucoup plu cette nuit, et les eaux sont boueuses. On croise des pêcheurs, des chercheurs d’or, des oiseaux. Nous arrivons au Jaguar Lodge, où nous attend notre petite maison en balsa. C’est sommaire mais très confortable. A l’entrée il y a 2 perroquets verts et un rouge et bleu. On pourra prendre le moins agressif sur la main. Aussitôt, Léonardo nous amène pour une petite balade dans la jungle. C’est extraordinaire, encore un rêve qui se réalise. Il nous explique les différents arbres et leur utilisation dans la vie quotidienne des indigènes, mais aussi les particularités de toutes les petites bêtes. Il y a une multitude d’insectes et de fourmis de toutes les tailles. Comment reconnaître les fourmis inoffensives des fourmis toxiques ? Le mieux est encore de les observer sans les toucher. Les plantes ont des vertus médicinales très importantes. Il nous a même montré une plante qui permet de maigrir. Il faut la faire cuire et boire un verre de jus matin, midi et soir pendant 15 jours pour perdre 3 à 4 KG. Si si !!! On en a commandé une cargaison. Après le déjeuner, sieste obligatoire, chaleur oblige. A 16H00, nous reprenons le Rio pour 30 mn de navigation. Le guide nous construit un radeau sommaire avec 6 troncs de balsa, 2 troncs fin et une corde. Et nous redescendons le Rio en suivant le courant sur notre radeau de fortune. Quelle expédition, quelle expérience de pouvoir suivre les traces des indigènes d’autrefois. On a un peu la trouille que le radeau chavire quand le courant est trop fort, mais c’est très sympa. Les filles radieuses se baignent dans les eaux boueuses et froides. Léonardo nous explique un peu la vie des indigènes, leur moyen de transport, l’agriculture, la pêche, les coutumes, les écoles…Ils on encore une vie très ancestrale mais tellement pure. Après une bonne douche froide, un excellent repas : soupe succulente, pâte et fruit de Banos « El tomate del Arbol ». Journée très riche, le guide est très intéressant et se met à notre portée en employant un espagnol simple. Ce soir au lit de bonne heure car il n’y a pas d’électricité. Buenas noches.

Jeudi 1er mai : Nous partons pour une randonnée de 03H30 dans la jungle. Nous découvrons enfin le palmier qui permet de fabriquer les panamas. C’est une longue tige qui cache de nombreuses lanières, une fois déployée. Une plante est très surprenante : quand on la caresse, ces feuilles se replient pendant 45 mn pour se protéger des insectes. Une autre permet de soigner les morsures de serpent. Le sang du tigre est autant impressionnant par sa taille que par ces capacités médicinales. On tranche le tronc et il en sort un liquide rouge. On le passe sur une blessure en frottant. Le sang se transforme en une crème rose. On goutera toute sorte de fruit et même des feuilles qui ont un gout d’ail. Le must : nous avons dégusté des fourmis qui ont un gout de citron. C’est vrai, on l’a fait. La visite est ponctuée de nombreuses histoires, anecdotes : mais ou est la part de vérité ? En Equateur il faut faire attention. Il est difficile de faire confiance à la population. Les gens sont sympas mais mentent beaucoup et n’ont aucun contrat moral. Il faut le savoir et faire avec. Une forte averse nous a surpris. C’est encore la saison des pluies. Nous pataugeons dans la bouillasse, il faut traverser des lits de rio. Marine commence à fatiguer. Déjeuner et sieste avant de rendre visite à une famille indigène plus au sud du Rio. Des enfants jouent au bord de l’eau pendant qu’une maman lave le linge dans le rio boueux. Il y a des enfants de tout âge, les plus grandes (8 ans) portent les plus petits. C’est comme une deuxième maman. Les femmes ont en général entre 12 et 15 enfants et dès l’âge de 14 ans. Ce sont des mères enfants. Les enfants sont très timides.

Les familles vivent en communauté en dehors de toute civilisation. Les maisons sont sur pilotis. Il n’y a rien dedans. Un feu central permet de préparer la nourriture qui est très pauvre, et fait aussi office de chauffage.Tout le monde s’entasse. Les enfants ne portent pas de chaussures, les vêtements sont en piteux états. Le gouvernement ne finance pas du tout les écoles. Se sont les parents qui construisent l’école et rémunèrent le maitre. Ils se marient entre eux et la plupart ne sorte jamais de leur communauté ou alors pour aller au village voisin qui se trouve a 15 mn de bateau. La maman nous prépare des plats typiques : du palmier chaud coupé très fin, du yucca, et des grains de chocolat blanc grillé sur le feu. Le tout est accompagné de la boisson locale, la chicha, sorte de bière de manioc. Ce n’est pas bon du tout. Il faut se forcer pour finir notre verre. Les enfants nous regardent déguster, nous les invitons mais ils sont très timides. Au bout d’un moment le guide nous demande si nous avons fini. Les enfants se jettent sur les restes. Les larmes me montent aux yeux mais il ne faut surtout rien faire voir. Au bout de 2 heures dans la famille nous repartons complètement chamboulés. L’émotion est trop forte, les larmes n’en finissent plus de couler. Je les adopterai tous si je pouvais. Les conditions de vie sont très précaires et très peu s’en sorte. Après le diner, Léonardo vient discuter un peu. Je lui demande ce que pensent les enfants des touristes qui viennent chez eux avec nos vêtements de marque, nos appareils photos hyper chers et qui prennent leur nourriture. Est-ce qu’ils connaissent notre mode de vie ? Léonardo essaye de me rassurer. Il explique aux enfants que les touristes ont plus d’argent et des plus belles maisons mais qu’ils ont plus de dépenses. Les indigènes trouvent dans la nature leur nourriture, leur travail, ils peuvent fabriquer les maisons, les canoës, les outils. Il leur dit que nous avons des contraintes d’horaires, de rendement …. Alors que les indigènes font ce qu’ils veulent, ils mangent quand ils le souhaitent, ils vont nager, s’amusent…. Je ne sais pas s’ils sont convaincus, moi pas. Cette visite me laisse un goût amer. Les enfants sont touchés par la pauvreté. Certains essayent de partir sur Quito ou des villes plus petites. Léonardo nous explique que beaucoup reviennent à la communauté car étant déconnectés de la civilisation, ils n’arrivent pas à trouver leur place. Lui-même il a beaucoup souffert étant jeune. Il n’a mis des chaussures qu’à l’âge de 12 ans et devait se lever très top pour parcourir les deux heures de route dans la forêt pour aller à l’école qui n’est normalement obligatoire que jusqu’à l’âge de 12 ans. Il nous parle aussi des tribus qui vivent encore dans la jungle, éloignées de toute civilisation, qui vivent nus et tuent tout intrus. Dire que ça existe toujours et que ce n’est qu’à 5 kms de notre lodge.

 

CACAO

Vendredi 2 mai : Avant de rentrer, nous nous arrêtons dans un musée privé ou l’on peut voir des miniatures de tous les moyens de chasse et de pêche, les costumes traditionnels lors des fêtes. Des gros caïmans se cachent à notre arrivée alors qu’un petit joue dans l’eau. Le guide l’attrape et on peut lui toucher la tête et le ventre. Retour sur Mishualli, puis Quito en fin d’après-midi.

Samedi 3 au Mercredi 7 mai 2008 : QUITO
Le président a donné tout le week-end férié. Est-ce pour remonter sa côte de popularité ? En tout cas ici c’est très rare que la population est autant. Donc, tout est fermé ce week-end. Nous profitons d’être seuls sur le parking pour faire le ménage à fond, vider le camping-car, faire le tri des vêtements trop petits. En début de semaine : lessive, plein du frigo. Nous retrouvons Marina et ses enfants pour un dernier après-midi agréable. Nous espérons les revoir un jour. Nous profitons d’un moment de libre aussi pour regarder le prix de l’immobilier, prendre contact avec le lycée français, l’Alliance française et la chambre du commerce franco-équatorienne. Il n’est pas facile de trouver un emploi ici. Le mieux est de créer son propre commerce. A voir….. Nous avons quelques problèmes avec l’Ambassade de France qui devait nous préparer l’autorisation d’inscription au CNED pour l’année prochaine. Le Conseiller Culturel est parti en vacances sans laisser de consignes. Heureusement, son adjointe, très compétente, fait rapidement le nécessaire. Mercredi, nous avons rendez-vous chez FIAT pour une petite révision : vidange, changement des filtres et des pneus arrières qui sont usés jusqu’à la corde. Il n’y a encore pas la bonne taille, alors on fait avec ce qu’il y a. Nous quittons Quito à regret car nous aimons vraiment cette ville. Il est difficile de dire au revoir aux gardiens du parking avec qui nous avons sympathisés. Echange d’abrasos …. en attendant de se retrouver un jour. Nous devions partir sur la côte et profiter un peu de l’océan. Un message de Chloé nous fait changer d’avis. Sa famille est dans la Sierra et doit prendre le petit train. Nous changeons de programme et décidons d’aller les rejoindre. C’est autant pour faire plaisir aux enfants qu’à nous même.


Jeudi 8 au Dimanche 11 mai 2008 :BANOS et ALAUSI
W78°68301 S0°94271 W78°84809 S2°20225 Nous faisons le trajet en deux fois. Nous passons la première nuit à Banos, rien que pour prendre un dernier bain aux thermes. Eau toujours à plus de 40°, nous apprécions beaucoup. Nous rencontrons plusieurs français en vacances. C’est agréable de parler un peu de la France, en plus pour des touristes de passage, ils sont vachement sympas. Vendredi, en fin d’après-midi, nous retrouvons la famille annecienne sur Alausi. C’est un petit village tranquille et isolé à 2300 m d’altitude. La température monte difficilement à 20 °.Nous trouvons un petit coin tranquille pour la nuit et nous passons les journées et les soirées à discuter de tout et à partager nos repas. Les enfants d’un côté et les parents de l’autre. Les filles sont contentes, elles discutent beaucoup. Samedi soir, une fête est organisée au village. Les chanteurs locaux se succèdent. L’ambiance est très timide. Nous repartons un peu déçu. Dimanche matin, nous sommes réveillés à 05h00 du mat par un homme du village. C’est jour de marché et nous sommes installés à son emplacement. Perdon senor….Aujourd’hui, nous prenons le petit train à 08h00. Nous nous dépêchons pour avoir les meilleures places sur le toit. Le train emprunte un tronçon de voie ferrée périlleux, une série de lacets à flanc de montagne avant d’arriver à la Nariz del Diablo. On a souvent l’impression d’avoir les pieds dans le vide. Le train à vapeur a été remplacé par une loco diésel Dommage, cela enlève du piquant à l’expédition. De retour au village, nous parcourons le marché qui est assez pittoresque. Les femmes se cachent car elles ne veulent pas être prises en photo. On trouve de tout : légumes et fruits en pagaille, casseroles, cordes, féculents, bétails… Tout se monnaie. La vie semble assez difficile pour les agriculteurs. Aujourd’hui, c’est la fête des mères en Equateur. Nous optons pour cette date puisque nous sommes ici. On s’offre un petit resto tous ensemble et refaisons le monde devant une bonne bouteille de vin. Demain nous reprenons la route chacun de son côté.

Lundi 12 au Samedi 17 mai 2008 : GUAYAQUIL

W79°89663 S2°19189

 MARDI 13 MAI : 8 mois que nous sommes là. C’est la moitié du voyage. 28500 kms parcourus.
Nous reprenons la route jusqu’à Guayaquil. C’est la capitale économique du pays et on ne sait pas par quel côté la prendre. Comme à chaque fois à l’approche des grandes agglomérations, la tension monte dans le camping-car. Il n’y a pas de camping, et aucun parking gardé ne veut nous prendre pour la nuit. L’office du tourisme n’a pas de solution. Nous finissons dans une station essence très bruyante. Nuit blanche. Il nous faut trouver du gaz. A l’usine, on nous renvoie d’une personne à l’autre avec pour seule réponse « ce n’est pas possible ». Finalement, au bout d’une heure de négociation, un jeune homme certainement un peu curieux accepte de nous aider. Nous partons la bouteille de gaz pleine et gratuite : « c’est un cadeau de bienvenu en Equateur ». Etape suivante, c’est la rotation des pneus chez good year. Le mécano est très sympathique mais en démontant, il nous casse les écrous des roues. De plus une partie est restée soudée au support. La cata !!! Il lui faudra une journée pour nous dire qu’il ne peut rien faire pour nous et que les pièces n’existent pas ici, il faut les faire fabriquer. Le temps de remonter le roues avec 2 écroues sur 5, le mécano nous amène chez un taller qui nous pourra rien faire aujourd’hui, rendez vous demain matin. Il faut encore négocier avec un « jefe » pour stationner la nuit en sécurité sur un parking gardé d’un centre commercial. Le lendemain, le taller arrive en retard, mais ici c’est une habitude. On trépigne d’impatience. Finalement, il nous trouve les pièces, change les freins qui n’ont tenu que 8000 kms, et casse le filetage du cardan en remontant la roue. Rebelote, on recommence, il faut trouver le moyen de réparer …… Surtout de pas être pressé et ne pas s’énerver. Tout va bien. Tout est remis dans l’ordre vers 18H00. Le mécano nous propose de stationner dans sa cour aussi longtemps que l’on souhaite. Avec eau, et électricité, c’est une opportunité qui ne se refuse pas. C’est une petite entreprise familiale qui monte en puissance petit à petit, et ils sont tous très sympa. Les ennuis terminés, nous pouvons enfin profiter de cette ville. Elle est étendue dans un très grand estuaire fluvial, au bord du fleuve Guayas. C’est une métropole économique, moderne avec de grands gratte-ciel, et bourdonnante de monde, de klaxon, commerciale et portuaire. Je ne vous parle pas de la chaleur tropicale ou les températures avoisinent les 35°. On n’en peut plus. Nous retrouvons Alfredo, rencontré aux Galapagos, qui nous fait découvrir sa ville. Tout d’abord le parc del centenario avec au centre la colonne de la Liberté, puis le parc Bolivar qui situé en pleine ville, héberge des iguanes terrestres géantes et des tortues d’eau. Il ne faut pas louper le Malecon 2000, promenade de 2,5 kms en bordure du rio, avec des jeux pour enfants, un centre commercial, des miradors en bois et aciers (qui représentent l’air, le feu, la terre et l’eau), un jardin tropical, la célèbre horloge mudejar et pour terminer au centre de la promenade la Rotonda. Flanquée de petites fontaines, la statue représente la rencontre historique entre Bolivar et San Martin. Nous terminons par le Cerro Santa Ana, situé sur une colline, c’est un petit village dans la ville. Les maisons sont peintes avec des couleurs vives. Il faut gravir 444 marches pour arriver au sommet et visiter le phare d’où la vue sur Guayaquil est impressionnante. Nous rencontrerons aussi François qui avait fait la traversée France-Argentine sur le même bateau que nous. Après quelques échanges, il prendra la route vers les Galapagos et nous vers les montagnes.

Dimanche 18 au Mardi 20 Mai 2008 : CUENCA
W79°00746 S2°90964 En arrivant à Cuenca, nous avons la surprise de retrouver la famille annecienne. Les filles sautent de joie en apercevant le camping-car. La famille Motte, aussi en camping car, arrivera un peu plus tard. Tout le monde se retrouve avec enthousiasme, les soirées sont arrosées. Nous profiterons pour finir la visite de la ville car outre les Panamas, l’Orquideario abrite plus de 400 espèces d’orchidée toutes plus belles les unes que les autres. Il y en a de toutes les couleurs, des plus communes, des extraordinaires, des grandes et des minuscules…… C’est un régal pour les yeux. A la limite de la vieille ville, se trouve le musée del Banco Central qui se divise en 5 parties : la plus intéressante pour nous est la section ethnographique qui présente la vie et les costumes traditionnels des nombreuses cultures du pays qui vont des plaines occidentales à la forêt pluviale en passant par la Sierra. Le clou de l’expo, 5 tsantas où têtes réduites de la culture shuar, du sud de l’Oriente. Derrière le musée, un parc immense avec des cultures, des arbres médicinaux et des perroquets.

 Mercredi 21 Mai 2008 : SARAGURO

W79°24028 S3°62102

La route jusqu’à SARAGURO est la plus mauvaise depuis le début de notre voyage. La piste est jonchée d’énormes trous. Le camping-car se balance dans tous les sens, la chute de l’ordinateur de JP lui est fatale, l’écran est noir. C’est tellement difficile que nous n’apprécions pas le paysage qui est pourtant superbe. La région de Saraguro (qui veut dire terre de maïs) est habitée par le peuple indigène le plus prospère de la Sierra Sud. A l’origine, ils vivaient au Pérou et furent déplacés. Leur tenue noire est caractéristique : amples jupes noires plissées en laine pour les femmes, avec un jupon brodé qui dépasse, un chemisier orné au cou d’une collerette de perles. Le châle noir est attaché avec une épingle d’argent travaillée, appelée tupus ; C’est un bijou précieux qui se transmet de mère en fille. Les hommes coiffent leurs cheveux en queue de cheval et arborent un poncho noir, un pantalon noir qui s’arrête aux genoux. Hommes et femmes portent un chapeau plat en feutre blanc à larges bords, ornés sur le revers de formes noires ou ils portent un haut de forme blanc. La tenue noire est une façon d’exprimer la perte de leur terre patrie et le deuil pour l’assassinat de leur Inca, Atahualpa. C’est un monde à part mais extraordinaire. Ce soir, il y a la célébration du Corpus Christi suivie de la danse des vaches folles. Les hommes sont bourrés bien avant la messe à laquelle nous assisterons. Pour la danse des vaches, les hommes portent une marionnette en carton qui brule sur l’extrémité et dansent avant d’être pourchassés par le chasseur. Tout le village est réuni, une ambiance particulière règne. Le lendemain, nous nous arrêtons dans la cour d’une école ou les enfants préparent la fête. Une autre école a investie la municipalité pour expliquer les différentes cultures et exposer le fruit de l’agriculture. Si vous passez par là, déjeunez chez « Mama Cuchara ». C’est simple mais délicieux. Les bénéficies sont reversés à l’association des femmes indigène qui se consacre à l’amélioration de la condition féminine. Le but est d’éduquer les femmes, de leur procurer une source de revenus, et de promouvoir leur éducation et leur formation. Très bonne initiative. Nous dormons sur la place tout en bas du village. Nous sommes en sécurité.

Jeudi 22 Mai 2008 : LOJA

W79°20261 S3°97428

 Ce n’est qu’une étape pour nous avant la frontière. La route n’est guère meilleure pour atteindre cette ville. Cela nous permet d’envoyer les dernières évaluations. C’est enfin les vacances scolaires. On va pouvoir faire ce que l’on veut. Nous nous trouvons à 2100 mètres d’altitude. Visite rapide du centre historique et des différentes places qui ont un certain charme. Nuit sur le parking de la piscine municipale.

Vendredi 23 et Samedi 24 Mai 2008 : En route vers le Pérou

Nous décidons de passer la frontière à Macara, poste douanier plus tranquille que celui de la côte. Nous passons la nuit à la station essence du village. Le lendemain, les formalités se font en 1 heure. Aucun stress, tout le monde a la sourire. Rien à voir avec notre arrivée. Nous avalons 600 kms pour traverser le désert du Pérou et passer la nuit au camping de Trujillo.

 

Dimanche 25 au Mardi 27 Mai 2008 : TRUJILLO

W79°11844 S8°07301 Nous apprécions le luxe d’un camping, de l’eau chaude à volonté, de l’électricité et de la piscine. Nous connaissons déjà la ville puisque nous étions là à l’aller. Remise en état du camping-car. Nous trainons les filles pour une ultime visite au site de Chan Chan. C’est un site chimu construit vers 1300 après JC et qui couvre 30 kms2. Seulement 1% est restauré. C’est la plus grande ville précolombienne des Amériques et la plus vaste cité en adobe. Pour une fois, les filles n’ont pas râlées et ont appréciées. C’est une grande nouvelle. D’ailleurs on en profite pour féliciter Camille et Marine qui ont toutes les deux reçues leur passage en classe supérieure. Bravo les filles …..

Plus de photos EQUATEUR sur

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 Mercredi 28 au Vendredi 30 Mai 2008 : CORDILLERE BLANCA Y NEGRA

29 Mai : joyeux anniversaire Stéphane

Avant Chimbote, nous quittons la Côte pour visiter plus les terres. La Cordillera Blanca, destination privilégiée pour la rando et le trekking, est la plus haute chaîne de montagne tropicale. Elle compte 22 sommets de plus de 6000 mètres dont le Huascaran (6768 m). On se sent tout petit à côté de ses sommets blancs en dents de scie, de ses arêtes effilées et de ses vallées verdoyantes. La route asphaltée est en mauvais état. Les altitudes varient entre 1000 et 4000 mètres. La vallée de Huaylas est splendide par le canyon d’El Pato. En face, la Cordillère noire, dépourvue de neige et avec une végétation rase semble bien triste. Nous quittons la route pour une piste (environ 100 kms) en très mauvais état. Elle est jonchée d’énormes trous, des bosses, de la tôle ondulée. Ce n’est vraiment pas une partie de plaisir, pourtant le spectacle est magique. Jean Paul conduit sans râler et pourtant l’arrière du camping-car touche souvent et l’on fume un peu noir. Attention les dégâts !!! La piste est tellement étroite qu’il est impossible de se croiser. Nous passons notre première nuit près d’une habitation. Les propriétaires rentrent très tard et repartent avant notre réveil. Nous ne pourrons pas échangés. Le lendemain nous empruntons une piste qui serpente le long d’un passage taillé dans la pierre, au-dessus une gorge vertigineuse, et qui passe par 35 tunnels creusés à la main dans la roche. Les hautes parois rocheuses tombent 200 mètres plus bas dans le rio Santa. Evidemment, il n’y a pas de barrière de protection. Dans le paysage, des tâches oranges et rouges. Ce sont les maïs orange et les piments qui sèchent au soleil. Les boules de coton se sont ouvertes. On s’arrête pour admirer car c’est la première fois que l’on voit du coton sur des branches. Nous arrivons tranquillement à Caraz pour déjeuner. Enfin, c’est le retour de la route asphaltée. Jean-Paul est soulagé. Cette région a connu plusieurs catastrophes naturelles : avalanche, tremblement de terre….. Le dernier séisme date de 1970. Le village de Yungay a complètement été englouti par un aluvion qui a atteint une vitesse de 300 kms/heure. Les 18000 habitants ont été ensevelis. Dans la région de HUARAZ, les femmes ont gardés leur traditions vestimentaires : jupes de laine enfilées les une sur les autres et de couleurs vives, un chemisier brodé, un chapeau orné d’un ruban drapé en forme d’éventail. Nous passons la nuit dans les hauteurs près d’une habitation. Nous arrivons au moment ou le couple court après un cochon pour le tuer. Après l’avoir égorgé, ils le font griller pour enlever les poils, puis ils le grattent avec un couteau avant de le vider. C’est impressionnant, à part les boyaux, il n’y a vraiment rien à l’intérieur. L’acheteur arrive et les négociations commencent. Ce cochon est vendu une misère. Les propriétaires sont très pauvres dans les montagnes. Ils vivent un peu de l’agriculture et de l’élevage des bêtes. Avant de partir ils nous demandent un petit « propinia ». Nous reprenons la route et atteignons rapidement la côte au niveau de Barranca. Nous roulons non stop jusqu’à Chincha Alta à 400 kms. La route est monotone, et les péages nombreux. Nous voulons nous installés sur la plage pour la nuit. Toute la région jusqu’à Pisco a été détruite par le tremblement de terre de 2007. Les maisons sont détruites, les familles vivent dans des minis cases en bois avec le signe de la croix rouge américaine et péruvienne. Les familles sont en litige avec le gouvernement car elles ne peuvent pas fournir les documents de propriété eux aussi ensevelis. Ils ont tout perdus. Les habitants nous déconseillent de dormir sur la plage. C’est dangereux car il y a beaucoup de drogue, pauvreté et corruption. On passera la nuit devant le commissariat de police. Ce n’est peut-être pas plus sûr mais on prend le risque.

Samedi 31 Mai 2008 : Réserve nationale de PARACAS Nous nous arrêtons à PISCO pour faire quelques courses. Ce n’est que désolation. Tout a été détruit. Le tremblement a eu lieu à 18H45. Ici il fait nuit à 18H00. La lumière a été coupé ainsi que toutes les moyens de communication (portable…) les habitants ont vécu l’horreur. Le guide rencontré nous raconte cette nuit affreuse, je pense qu’il avait besoin de parler. Il a fallu attendre le jour pour constater les dégâts et essayer de retrouver les membres de sa famille. Sur la place centrale, il y a eu 300 morts. Tout le monde hurlait et criait les prénoms de ses enfants, époux, parents… Les hôtels, les maisons, les magasins se sont écroulés. Une aide mondiale a été mise en place mais pas assez. Le gouvernement a donné à chaque famille 6000 sols (soit 1500 euros) pour reconstruire une maison à ceux qui pouvaient justifier de la propriété. Mais les prix des matériaux et de la main d’œuvre ont considérablement augmenté. Donc tout est resté en ruine. Certain ont perdu leur commerce, leur garage… il n’y a aucune aide. Ils n’ont pour seul ressource de vendre des caramels, des boissons… dans la rue. Des hommes marchent dans la rue, hagard, avec sur le dos un petit baluchon. Certainement, les restes d’une vie entière. Nous sommes profondément choqués et émus de cette pauvreté. Nous avions vu des choses pas très jolies mais là c’est pire ….. Nous nous dirigeons vers la réserve nationale de Paracas. Le guide nous dit qu’il y a deux jours, il y a eu un nouveau tremblement de terre de niveau 5. Nous étions dans les montagnes. A quelques kms, la vaste réserve désertique de Paracas occupe la plus grande partie de la Péninsule du même nom. Le circuit est balisé, les gardiens nous repèrent de loin. Nous commençons par aller voir la Cathédrale. C’est une formation rocheuse modulés par l’eau et le vent. Des oiseaux nichent dessus. En contrebas, le sable de la plage est rouge. Malheureusement, cela ne ressemble plus à une cathédrale car avec le tremblement de terre, un côté s’est écroulé. Comme, nous sommes tout seul, le garde nous emmène dans des endroits interdits au public pour voir les grandes fissures. Au prochain tremblement de terre, la Péninsule pourrait bien disparaitre. Nous nous arrêtons un peu sur la plage de la Mina, avant d’aller déjeuner au minuscule village de pêcheurs de Lagunillas. Les prix sont exorbitants et ce n’est pas super. Ils ont vu les touristes arrivés. Nous avons explorés ensuite le nord de la Péninsule (plages….) avant de s’installer devant le centre d’interprétation pour la nuit. Nous avons beaucoup discuté avec la gardienne sur les conditions de vie au Pérou, la corruption du gouvernement mais aussi de la police qui sont de mèches avec les voleurs. C’est bien triste. Le pays aurait besoin d’un changement radical. Ce matin un dauphin s’est échoué dans la baie. Les gardes n’ont pas pu le ramener au large mais ce soir sous non yeux, ils ont réussi. Quelle satisfaction pour toute l’équipe. Nuit bercée par le Pacifique.

Dimanche 1er Juin 2008 : Iles Ballestas et Huacachina Ce matin, nous partons à 06H00, car nous avons rendez-vous pour une balade en bateau aux Iles Ballestas. Au passage, on admire le gigantesque et magnifique candélabre, tracé sur la falaise par la civilisation Paracas. Ce géoglyphe mesure 200 m de haut, 60m de large. Personne n’en connait la signification. Certains le rattachent aux lignes de Nazca, alors que d’autres pensent qu’il représente la constellation de la Croix du Sud et qu’il servait de repère aux navigateurs. D’autres encore évoquent une variété de cactus locale aux propriétés hallucinogènes. Puis le bateau navigue autour des îles, à la découverte des arches, des grottes et des colonies de lions de mer. Parmi les oiseaux, on peut voir, les cormorans, les fous blancs, les pétrels, les pélicans, les manchots de Humboldt….Nous avons pu aussi observer des dauphins qui sautent dans les vagues es trop nombreux bateaux de touriste. Nous reprenons la route en direction de la luguna de Huacachina, où nous partons à l’assaut des dunes de sable en buggy. Sensations fortes assurées, le chauffeur nous fait monter et descendre à une vitesse incroyable. On se croirait aux montagnes russes. C’est génial, nous nous régalons et crions comme des enfants. Jean-Paul, le plus courageux va s’essayer au surf des sables. Il dévale, allongé sur le ventre, des grandes dunes. Nous nous allons le rejoindre tranquillement en Buggy. Il est encore tôt, alors nous prenons la route jusqu’à Nazca où nous passerons juste une nuit face à l’aéroport. Lundi 2 Juin 2008 : La côte Journée de route tranquille dans le désert. Nous nous arrêtons vers les 16H00 dans un petit hôtel, le Sun Valley, un petit peu après Camana, repéré par les sélénites (oui oui ceux qui sont passés à l’émission de Delarue et que nous avions rencontrés en Décembre sur la Carreta Australe (www.latortueselene.com). Petite promenade sur la plage, mais il fait très froid. Il n’y a qu’un pêcheur…..et nous.

Mardi 3 au Jeudi 5 juin 2008 : AREQUIPA

Il nous faut 03h00 de route avant d’arriver à Aréquipa que nous connaissons bien maintenant. Ce n’est qu’une longue étape pour remettre en état le camping-car (ménage, changer les pièces mécaniques qui ont cassées, redresser la barre qui est tordue à force de frotter le sol), faire les courses car il n’y a plus rien du tout. On profite du wifi pour mettre à jour le site, et envoyer tous nos messages. En fait, on a une vie comme tous les autres ! Pour tous ceux qui passent par ici, ne manquez pas d’aller boire un verre de vin français chez François qui tient le « cafe y vino », rue Gral Moral claustros de la Compania 2do piso. L’accueil est chaleureux, on peut discuter vraiment de tout. En plus, il sert le meilleur café que nous avons bu depuis notre départ de France. Alors, allez le voir…. Nous sommes prêts à affronter le froid et les mauvaises pistes de la Bolivie.

Vendredi 6 au Dimanche 8 Juin 2008 : Fin du Pérou Nous reprenons notre route en direction de Lampa, un petit village vers Juliaca. Cette charmante bourgade est appelée la Cité Rose car les maisons sont en terre rose/rouge. Après un rapide aperçu de la ville, nous découvrons de l’autre côté d’un superbe pont la Cueva de los Toros. Les efforts n’en valent pas la peine. La grotte a la forme d’un taureau vue de loin. A l’intérieur quelques peintures de lamas et autres animaux partiellement effacés. Un chien nous course, il ne doit pas avoir l’habitude de voir trop de touristes sur son territoire. En chemin, nous découvrons de petites tours chullpas, se sont des tours funéraires. Nous passons la nuit sur la place du village près de l’arène où les autochtones sont très sympa et curieux. Après une nuit très tranquille, un guide nous fait visiter la superbe église de la Inmaculada. C’est un tout petit village et l’église est digne d’une cathédrale. Les immenses tableaux sont magnifiques avec leur encadrement en bois sculpté. Tout vient de l’école des arts de Cuzco. Le guide nous explique l’invasion des conquistadors. Il n’y a que deux églises a possédé un orgue au Pérou: Cuzco et Lampa. Nous partons explorer les catacombes. Quelques os trainent par-ci, par-là. Différentes fenêtres conduiraient à des souterrains en direction d’Arequipa ou encore Cuzco. Le clou de la visite est une petite pièce ou se trouve la tombe à coupole d’un notable local. Quand le guide allume la lumière à l’intérieur, grosse surprise. Les parois sont tapissées de centaines de crânes espagnols et de plusieurs squelettes artistement disposés. La coupole est surmontée d’une copie en métal de la Piéta de Michel-Ange. Une autre copie en plâtre se trouve à la Mairie. La visite est très impressionnante. Elle se termine par le musée qui renferme un grand char tout en argent qui sert pour la fête nationale. A cette occasion, un costume digne de ceux du pape est créé et exposé depuis plusieurs années. En sortant, toutes les écoles de la ville se réunissent pour célébrer la fête du village avec commémoration et remise de gerbe. Nous sommes choqués par une école militaire avec de très jeunes enfants habillés en treillis et des armes en bois qui défile avec fierté. Quelques enfants joueront une scène de guerre avec de « Si mi Colonel ». Effrayant…. Nous reprenons la route sur Puno pour faire les derniers achats du Pérou puis visite des tours funéraires de Sillustani. A l’entrée une école révise des danses locales en costume traditionnel. Nous resterons longtemps à les regarder car c’est très amusant. Les quelques sous qu’ils récupèrent en se produisant leur permettent de partir en sortie scolaire. Ce site se trouve sur une presqu’ile qui s’avance dans une magnifique lagune. La vue du sommet est somptueuse. Les collines alentours sont couvertes de tours appelées chullpas. La plus haute fait 12 mètres. Ce sont des structures cylindriques qui contenaient des dépouilles de familles. Les premières tombes datent de la civilisation collas de 1200 ans après JC. On faisait entrer le mort avec ses biens et de la nourriture par une petite ouverture située à l’est, l’est étant le symbole de vie et de réincarnation. Un peu plus bas le temple du soleil, délimité par un cercle de pierre est surprenant. Quand on se place au centre le son est différent que sur les côtés. A 4000 m d’altitude, pour la paix de l’esprit et la sérénité du Lago Umayo, nous décidons de passer la nuit ici, mais il fait très très froid. Nous voulons aller visiter Cutimbo , site qui se situe au sommet d’une montagne volcanique mais nous renonçons car les tours funéraires ressemblent étrangement à Sillustani. Par contre, nous sommes interpellés par des groupes de personnes travaillant un dimanche dans les champs. Nous nous arrêtons poser quelques questions. Des familles entières produisent des pommes de terre pour leur consommation personnelle. Après les avoir récoltées, les femmes font le tri. Ensuite dans des paniers faits avec des pneumatiques retournés et un peu d’eau, hommes , femmes, enfants piétinent les patates avec les pieds nus, qui sont d’ailleurs souvent très noirs, pour les éplucher. Ensuite, elles sèchent au soleil et peuvent être stockées pendant 3 ou 4 ans. Après cette petite pause très amusante, nous nous arrêtons au temple de la fertilité à Chucuito. Quelques grands phallus de pierre…. Bof, inintéressant ! Par contre la route qui conduit en Bolivie par la rive sud du Lac Titicaca traverse plusieurs villages bucoliques. Les panoramas sont époustouflants. Les totoras ou bottes de roseaux sèchent au soleil. Il est très tard quand nous arrivons à la frontière. Nous demandons la permission de rester sur le parking des douaniers. Malheureusement, le lendemain, le ministre de l’Intérieur vient de bonne heure, et tout va être bouclé. Nous décidons de passer en Bolivie malgré l’heure tardive. Les démarches ne prennent qu’une heure. Il faut savoir que la Bolivie ne délivre qu’un visa de 30 jours aux frontières. Nous sommes un peu surpris mais nous verrons cela plus tard. Route de nuit jusqu’à Copacabana. Nous quittons le Pérou un peu frustré avec le sentiment de ne pas avoir tout visité. Le Nord mérite d’y passer un peu plus de temps. Lors d’un prochain voyage, il nous faudra retourner dans la Vallée Sacrée. Le pays est très pauvre, l’histoire très riche, les autochtones pas toujours sympa…. Mais c’est une chouette expérience.