Jeudi 14 au Lundi 18 février 2008 : Nord du CHILI
Le poste frontière chilien se trouve à 125 kms du poste frontière argentin. Formalités administratives, et contrôle sanitaires longs et pénibles. Le contrôleur viendra même soulever notre couette !!! En 35 kms, nous descendons de 4400 à 2400 m. Nous arrivons dans le désert de Atacama, l’un des plus arides au monde. Les températures avoisinent les 40 °. La première ville lovée au cœur d’une oasis en plein désert, San Pedro est un splendide petit village 
W6820046 S2291329
, construit tout en adobe, maisons basses, ruelles en terre battue. Les journées sont animées et les nuits étoilées. Nous profitons de la présence de l’astronome français Alain MAURY pour découvrir les beautés et les secrets de la voûte céleste. Un seul mot : WAOUH. Il nous a appris plein de choses. Une partie du ciel que nous avons observés et visible aussi de la France. Nous étions donc ensemble sous les mêmes étoiles.. avec quelques heures de décalage puisqu’au Chili nous avons 4h00 de moins que vous. Les télescopes sont géants et nous permettent de voir la Lune ou Saturne comme si nous étions à côté. SUPER SOIREE. En plus M. MAURY a beaucoup d’humour. Les enfants ont adoré. Nous sommes rentrés très tard, les yeux étoilés et aussi scintillant que Sirius…..
Nuit au camping Los Perales où il nous est rappelé que nous sommes en plein désert et qu’il faut limiter la durée et la fréquence des douches.
Le lendemain visite du Pukara du Quitor, véritable forteresse en ruine construite par les Atacamenos au 12ème siècle. Au 16ème siècle, elle fut le lieu d’une bataille tragique où 300 indiens furent égorgés. Du mirador, la vue sur l’oasis, les volcans de la cordillère des Andes et le canyon est gigantesque. 
Ne pas manquer la visite du museo arqueologico Padre Le Paige. Ce musée évoque l’histoire des populations de l’Atacama. Il fait un inventaire des ressources animales et végétales et présente des poteries et outils agricoles. Une aile est spécialisée dans les techniques d’inhalation des hallucinogènes, et notamment ces tablettes sculptées qui recueillaient les poudres permettant aux chamans de communiquer avec les dieux. Le point fort du Musée était les superbes momies encore conservées dans leur urne funéraire. Celles-ci ont été retirées l’année dernière à la demande du peuple atacamenos… Tant pis…. Derrière le musée se dresse le volcan Licancabur, en forme de cône qui culmine à 5916 m.
Nous nous consolons en visitant la Vallée de la Luna.
C’est une splendide vallée aux allures lunaires avec des formations rocheuses aux formes bizarres. Le sol est recouvert d’une fine pellicule blanche de sel, qui pourrait faire penser aux premières neiges. Comme tous les touristes ou presque, nous montons en haut d’une immense dune de sable pour admirer le coucher de soleil. Nous reviendrons visiter les salars et les geysers en redescendant car ce n’est pas encore la bonne saison. Nous empruntons la Panaméricaine et passons la nuit à Colonia Pintado
W69°57186 S20°63029.
Nous sommes accueillis par un couple qui vit dans une vieille caravane depuis 4 ans.
Au petit matin, visite des Geoglifos de Pintados. Plus d’une centaine de figures couvrent les versants de plusieurs collines. Elles auraient été tracées entre 500 et 1450 après JC. On peut distinguer des animaux, des effigies humaines, des scènes de chasse, des oiseaux, des flèches et des dessins abstraits. Le gardien nous explique que ces dessins peuvent être interprétés mais personne ne peut en donner une signification exacte. Au changement de saison, les habitants de l’Altiplano, des nomades, partaient en caravane jusqu’au Pacifique. Il faisait une halte près de ces montagnes. Ces géoglyphes signaleraient les routes de commerce, les points de rencontre, la présence d’eau. Le vent contourne toutes ces montagnes sans jamais les altérer. Quand à la pluie, elle est tombée une journée l’hiver dernier. 

Perché à 1325 m, le village de PICA est un véritable verger qui regorge de fruits. Nous en profitons pour siroter un délicieux jus de citron et déguster une glace à la mangue. L’église San Andrés est surprenante. A l’intérieur, les apôtres sont représentés grandeur nature avec des plaquettes indiquant leur nom, en castellan bien sur. 
Nous arrivons dans la soirée à Iquique.
W70°15142 S20°21790
Cette curieuse ville est construite sur une étroite langue de terre, coincée entre le Pacifique, une haute falaise brune et une énorme dune de sable. Nous nous installons sur la plage.
Nous voyons le Pacifique pour la première fois. L’eau est froide, la baignade interdite à cause des énormes rouleaux. En maillot de bain, nous barbotons au bord. Un jeune chilien nous explique que c’est trop risqué. Nous remontons sur la plage. Nous sommes dimanche soir, le radiateur fuit beaucoup. Je cherche désespérément l’adresse d’un garagiste pour le lendemain. Une SDF me demande une cigarette, je lui donne un billet pour qu’elle s’achète un paquet. Je lui demande ou trouver de l’eau pour le camping-car, elle me conduit vers un robinet sur la plage. Je profite pour lui demander si elle connaît un garagiste. Elle me dit de patienter, elle revient. Une demi-heure plus tard, elle arrive avec un homme en bleu. Il se dit mécano et peut nous aider. Il regarde le radiateur et affirme qu’il peut nous en trouver un neuf le lendemain. Rendez-vous pris pour le lendemain 9h00, il viendra chercher JP. Une heure plus tard, il revient chercher les références. Nous parlons prix. Les prix sont excessifs, mais raz le bol des ennuis mécaniques, on dit oui. Il nous demande une avance, que nous refusons bien sur. Il repart. Le jeune chilien quitte la plage et vient nous voir. Il a observé le manège de loin. Il nous met en garde et nous précise de ne pas faire confiance à ce mécanicien. Il nous dit que le bord de la plage n’est pas sur du tout, comme la ville d’ailleurs et nous conseille d’aller passer la nuit sur le parking des carabiniers. Il va téléphoner à un copain pour nous aider. La panique nous prend… quoi faire. On ne sait plus qui croire. Le copain arrive, il ne peut rient faire et nous donne l’adresse d’un spécialiste des radiateurs, encore un… Nous partons rapidement. Les carabiniers me confirment de ne pas rester sur le bord de la plage. Les touristes étrangers sont des proies faciles. Nous dormons au plus près d’eux. Le lundi matin nous sommes à 08h00 devant chez le spécialiste dans un quartier un peu « spec ».Je lui explique avec mon mauvais castellan que nous voulons changer le radiateur. Il me regarde même pas et répond à Jean-Paul comme si je n’existais pas. J’ai envie de le boxer. En plus, il ne peut faire qu’une réparation. Encore une. On accepte, il n’y a pas le choix et on se barre très rapidement de cette ville où nous nous sentons très mal. A 50 kms, visite de Humberstone.
Cette ville a été construite en 1862 autour d’un gisement de salpêtre. Si Humberstone fût prospère, la cité n’est plus aujourd’hui qu’une ville fantôme, car la mine est fermée depuis 1960. On peut voir l’église, l’hôtel, le marché, le somptueux théâtre. Le plus sympa est la visite de l’école dont les classes encore pleines de pupitres ont été rénovées. Les filles se sont amusées de voir les anciens jouets fabriqués avec du fil de fer…. Les murmures du vent dans les habitations qui craquent, rendent ces lieux plutôt sinistres. Je ne suis pas sûr que les habitant aient été heureux ici. De retour dans le camping-car, le vent faisait un bruit bizarre à l’intérieur, comme une plainte. On reprend la route et passons la nuit dans une station service pleine de musique et d’aboiements de chien.
Mardi 19 et Mercredi 20 février 2008 : Passage au PEROU
Vers 08h00, nous nous retrouvons devant le poste frontière pour quitter le Chili. Il y a beaucoup de monde. Après avoir fait plusieurs bureaux, il faut remplir un papier en 4 exemplaires qu’il faut payer bien sûr, mais qui nous permet de sortir du pays. Ca n’existe que dans le nord. Dans le sud, on passe sans difficultés. Et en plus, si on revient, il faut repayer. C’est dingue. Tout est bon pour récupérer quelques pesos. Quelques kilomètres plus loin, poste frontière péruvien. C’est pire. Il y a beaucoup de monde. Les douaniers ne sont pas sympas du tout. Quand je tend mes passeports au premier guichet, il refuse de me recevoir et me fait passer chez son collègue. Le policier me remet un papier pour les passagers et le véhicule. Refouille du véhicule avant de passer la barrière. Il me manque un papier pour le véhicule qui nous permet de circuler dans tout le pays. Celui que m’a remis le policier permet d’aller à la ville suivante seulement. Surtout ne pas péter un câble de bonne heure le matin !!! En regardant l’heure, nous nous apercevons que maintenant nous avons 6h00 de décalage avec la France. Toute la journée, nous roulons dans le désert jusqu’à Tacna. La ville n’est pas sympa du tout. On trouve un représentant FIAT qui ne nous inspire pas confiance du tout. Après plusieurs heures, et des dizaines de coup de téléphone, notre modèle de radiateur n’existe pas au Pérou. Désillusion.
Nuit dans une station service à Moquega. 

Jeudi 21 février au Mercredi 5 mars 2008 : AREQUIPA
W71°54236 S16°40055
Vendredi 22 février : Camille s’est fait une entorse au petit doigt de la main droite. Elle a eu très mal. Et aussi elle a perdu une dent.
Lundi 3 mars : JOYEUX ANNIVERSAIRE MARINE
Mardi 4 mars : JOYEUX ANNIVERSAIRE LOETITIA.
Le Pérou (capitale : Lima) est deux fois plus vaste que la France. Le pays se divise en trois zones géographiques différentes : la côte pacifique, les montagnes andines et la plaine amazonienne. Les oasis sont de véritables centres agricoles grâce au développement des canaux d’irrigation. La Panaméricaine est la meilleure route du pays, elle s’étend le long du littoral.
Nous profitons de ces 15 jours pour nous reposer et échanger avec la population. La langue reste l’espagnol mais l’accent est différent. La monnaie ne nous pose pas de problème (1 euro = 4 nuevo sols). Le camping-car est enfin réparé grâce aux conseils de Damien et Sophie rencontrés sur Valdès. Le peugeot boxer a les mêmes caractéristiques que notre fiat, nous faisons donc monter un radiateur neuf. Chouette, la maison est prête à repartir. Bon entre-temps, le circuit électrique fait des siennes (essuie glace et ventilateur en panne, quand à la caméra de recul Jean-Paul a carrément démonter le fil qui passait dans tout le camping car, on verra à Lima). La population est plus distante et moins chaleureuse. Il faut tout le temps aller à leur rencontre. La vie quotidienne est marquée par la pauvreté et le chômage. Les grèves et les manifestations sont monnaie courante. Les sujets de protestation ne manquent pas. Les agriculteurs se battent contre l’éradication de la culture traditionnelle de la coca, qui joue un rôle important dans la vie de famille. Les feuilles se mâchent, sont infusées pour préparer le maté ou sont employées dans les préparations médicinales. En broyant les feuilles, on obtient la pasta basica, qui après être transportée dans des laboratoires clandestins, est transformée en cocaïne. Bien sur l’activité est illégale, la police et l’armée ne peuvent rien faire pour le moment. Le Pérou et la Colombie sont les principaux producteurs de cocaïne de la planète. Nous avons gouté au maté de coca. Il reste un petit goût amer sur la langue mais aucun effet aphrodisiaque, pas de picotement, pas d’éléphant rose… La coca permet aussi de lutter contre le mal de l’altitude. Enfin, c’est ce qu’on dit. En tout cas, cela fait une bonne excuse pour mâcher notre petite feuille. La boisson nationale est le pisco, une eau de vie de raisin qui fait environ 45°. Ca arrache. Il peut être employé dans la préparation d’un cocktail appelé « pisco sur » qui est plus doux. On en trouve à la fraise, au citron, au café, à la pomme….. Je vous donne la recette du vrai pisco : 1 mesure de jus de citron vert, 3 mesures de pisco, glace, sucre, 1 cuillère à café de blanc d’œuf. Une fois le tout mélangé, il ne reste plus qu’à déguster, avec modération tout de même. Santé !
Plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Ce qui est extraordinaire, c’est que leur espoir ne disparaît jamais. Le mécano nous dit que le président actuel a vécut 10 ans en France et qu’il serait marié avec une française. Les habitants se demandent encore comment il a pu faire financièrement pour vivre en France avec les salaires péruviens. Ils sont sans illusions sur leurs dirigeants. 
Après cette petite entrée en matière sur le Pérou, je vais quand même vous raconter un peu ce que nous faisons. Et bien pas grand-chose…. Nous prenons le temps de vivre. Comme en Argentine, la notion du temps est extraordinairement élastique, alors nous perdons beaucoup de temps à prendre contact avec les agences pour organiser nos visites au Pérou avec manou et les tontons qui arrivent bientôt mais aussi à faire nos réservations pour les visites en Equateur (Iles Galapagos et petit séjour en Amazonie) . Nous nous sommes beaucoup baladés à AREQUIPA, superbe citée surnommée la « ville blanche », car ces beaux édifices de l’époque coloniale sont bâtis en sillar, une roche volcanique claire qui scintille au soleil. La ville est très touristique, animée de jour comme de nuit. La ville vit à un rythme effréné. Le jour se lève à 05h30, et dès 06h00, la population grouille de partout, les chiens aboient, il y a beaucoup de bruit. Nous avons 6 heures de décalage avec la France et il fait nuit à 18h00. La circulation est très dense et difficile. Les taxis circulent de partout et roulent n’importe comment. Ils sont carrément dangereux. En plus, ils n’ont pas de compteur donc le prix est à la tête du client. Les rues ne portent pas de nom, impossible de s’y retrouver. Par contre l’artisanat est superbe : tissus, poteries, broderie, objets en bois, bijoux….. Cette ciudad est entourée de volcans enneigés encore en activité. Elle se trouve à 2350 m ce qui permet de s’acclimater doucement à l’altitude. Derrière elle culmine à 5822 m le volcan El Misti.Nous visiterons les monuments quand la famille viendra.
Nous avons voulu nous rendre à la laguna de salinas, un lac salé perché à 4300m, mais impossible d’aller jusqu’au bout. La route était trop mauvaise. Les seuls habitants que nous croisons sont les lamas , avec un poil frisottant de couleur crème et l’alpaga, plus grand que son cousin et de couleur sable ou noir. Au retour, nous nous sommes arrêtés au pittoresque village indien de Chiguata qui possède une superbe église coloniale.
Un mariage était célébré. Le marié passe de la mairie à l’église accompagnée de sa maman pendant que son épouse attend sagement son tour. La fanfare en costume/cravate joue un air gai et dansant. Ensuite elle retourne chercher la mariée au bras de son papa. Dans l’église, la même chanson traditionnelle que chez nous accueille le couple.
Tout le village était présent. Les jeunes adolescentes, déjà maman portent leur bébé dans le dos. Il est complètement emmitouflé dans un tissu riche en couleurs.
On distingue seulement sa forme. Les mamas portent des jupes aux genoux, amples avec des plis à la taille. Ce qui n’est pas très joli car elles sont un peu enrobées. En dessous la jupe, elles portent un gros collant de laine. C’est très sexy. Et pour finir, le fameux chapeau rond, trop petit, qui se pose sur la tête délicatement et qui donne une touche un peu exotique à l’ensemble. 

On traverse de jolis villages d’où l’on peut admirer les cultures en terrasse pré-incas. C’est très vert. La ville d’Arequipa produit tout ce dont elle a besoin : riz, carottes, manioc, pommes de terre (il en existe plus de 2000 variétés), maïs, canne à sucre.
Il n’a pas toujours fait très beau. Dans la journée les températures varient entre 14 et 25 °. Alors, nous sommes partis quelques jours au bord de l’Océan Pacifique qui est toujours aussi dangereux et froid (à cause du courant Humboldt). La station balnéaire de Mejia est très estivale mais aussi très dangereuse. Des passants nous ont déconseillés de stationner la nuit. Nous nous sommes donc dirigés vers la laguna de Mejia (W71°86156 S17°15176), une réserve qui englobe des lagons, et les plus vastes lacs permanents du littoral désertique. Ici se retrouvent plus de 200 espèces d’oiseaux côtiers et migrateurs. C’est un régal pour les yeux et la tranquillité de l’esprit. On peut observer les oiseaux du haut des miradors qui sont nichés dans les dunes. Sur la plage, des vols incessants de milliers d’oiseaux surfent sur les vagues et les contournent, avant de se diriger vers le sud. Le matin la côte est recouverte d’une brume appelée Garua. De nombreux bateaux de pêche sont au large. Le matin les pêcheurs à pied se retrouvent en équipe et lancent leur filet. Le résultat est bien maigre comparé à l’effort fourni.
La plage appartient aux crabes. Il y en a des centaines qui courent de partout. Impossible de poser la serviette. Quand ils nous entendent arriver, ils se cachent au fond de leurs trous. Le nombre de rapaces est important. Ils ne sont pas trop sauvages, nous pouvons nous approcher à 5 m d’eux. Un matin, alors que les filles fabriquent des colliers avec des coquillages ramassés sur la plage, nous nous promenons avec JP. Sur la plage, il y a la tombe d’une dame décédée en 1943 avec une croix en bois. Un rapace est posé dessus. C’est lugubre, on se croirait dans un film d’Hitchcock.
Pendant cette période il y a quand même eu un grand évènement : l’anniversaire de MARINE. Elle a 7 ans, l’âge de la raison comme dit Bernadette. Les nombreux messages internet lui ont fait très plaisir. Elle avait un peu peur que les copines l’oublient loin de la France. Bien au contraire. Un merci particulier à Serena, Corentine et Estelle.
Pendant tout notre séjour, nous sommes en camping à l’Hostal LAS MERCEDES. Super : pelouse, eau chaude à volonté, WI-FI et service de lavanderia . Le supermarché est approximité… que demander de plus ! Demain la famille arrive. Les enfants attendent ça avec tellement d’impatience. C’est un vrai moment de bonheur. 

Jeudi 6 au Samedi 8 mars 2008 : NAZCA
Manou et les tontons arrivent aujourd’hui à l’aéroport d’Aréquipa. Les filles décomptent les jours depuis pas mal de temps déjà. L’excitation est à son comble. Dès 05h30 nous sommes devant l’aéroport à attendre, des fois que l’avion arrive avec un peu d’avance. Grand moment d’émotion quand les enfants ont vu Christian descendre de l’avion, suivi de Manou et de Stéphane. Il a fallu attendre encore un peu de temps avant que Camille et Marine puissent enfin les embrasser.
Nous prenons rapidement la route en direction de Nazca, soit environ 10 heures. Nous longeons le Pacifique avec ses immenses rouleaux, à travers un désert aride de terre et de sable, rafraichit de temps en temps par des oasis couvertes de palmiers. La route ne fait que monter et descendre. Alors que nous nous arrêtons pour le déjeuner, 3 dauphins nous narguent et traversent la plage sous nos yeux ébaillis. Impossible de se baigner, l’eau est trop froide.
Afin de mieux comprendre le mystère des géoglyphes de Nazca, nous nous rendons au planétarium MARIA REICHE pour une soirée conférence. MARIA REICHE, mathématicienne allemande, fille de la pampa, consacrera un demi-siècle de sa vie à ce phénomène mystérieux. Au début on l’a prendra pour une folle, en la voyant sillonner le désert au volant de sa coccinelle et planter sa tente au gré de ses recherches, avec une volonté de fer. Elle a survolé les lignes des centaines de fois avant de les balayer soigneusement. Elle voyait dans ces lignes et dessins, « le plus grand calendrier astronomique du monde ». Elle trouva de nombreux alignements entre le soleil, les étoiles et les lignes. 
Le matin vers 06h00, tout le monde est debout pour un départ à 07h15. Nous survolons la Pampa Colorado à bord d’un petit cesna. C’est une première pour les filles qui n’en mènent pas large. L’avion penche tantôt à droite et tantôt à gauche afin que tout le monde puisse admirer ces splendeurs. Camille qui souffre d’une bonne tourista ne profitera que modérément du spectacle. Quand à Marine, la peur laissera la place à la curiosité. Les lignes de Nazca qui datent de l’an 300 et 900 de notre ère sont constituées de 800 lignes droites, 300 figures géométriques, 70 dessins représentant des plantes, des hommes, des animaux. Ces géoglyphes ont été tracés en enlevant des pierres sombres de la surface du désert sur une profondeur de 10 à 30 cm et une largeur pouvant aller jusqu’à 3 m, afin de les empiler de chaque côté pour laisser la place à un sol plus clair. Parmi les dessins les plus connus, un lézard de 180 m de long, un singe de 80 m à l’extraordinaire queue en spirale, un condor de 130 m d’envergure, un immense colibri de 60 m de large (qui est en fait un tout petit oiseau avec un long bec), une araignée, un astronaute….. Tous ces dessins ne sont visibles que du ciel, alors comment cette civilisation a-t-elle pu faire ? Que voulait-elle nous dire ? Une dernière théorie a été énoncée reposant sur le culte de la montagne et l’importance de l’eau et de la fertilité. Pour nous les lignes garderont leurs secrets.
Le vol a duré 50 mn puisque nous sommes allés jusqu’à Palpa voir d’autres géoglyphes moins connus, mais aussi les aqueducs de Cantallo. Ces aqueducs souterrains fonctionnent toujours et irriguent les champs alentour. Tout est en pierre et on pénètre à l’intérieur par des fenêtres en spirale. Après nous sommes retournés les voir de plein pied. Une tour d’observation érigée le long de la panaméricaine offre une vue sur les géoglyphes de l’arbre, les mains et le lézard qui est traversé par la panaméricaine (ces dessins ont été trouvés en 1939 et la panaméricaine a été construite avant). Le cimetière de Chauchilla, cimetière pré-inca vaut vraiment le déplacement. Des momies de la culture nazca, retrouvées abandonnées par les huaqueros (pilleurs de tombes) sont rassemblées dans une dizaine de tombes construites avec de grandes briques de terre cuite, de forme rectangulaire et conçues pour y enterrer 3 personnes.
On peut voir les ossements, des lambeaux de tissus et de poteries. Les momies sont emballées dans des tissus toujours intactes, on peut encore voir les dents, les ongles, et les cheveux pouvant mesurer jusqu’à 3 m de long. Elles ont toutes la position fœtus. Le plus impressionnant sont les enfants, notamment une momie ou il n’y a plus de tissus. Marine n’a pas pu regarder et Camille la pauvre était malade. Sur le chemin retour, nous pouvons observer le séchage du blé. Tout se fait à la main. Il n’y a pas de machine, ni tracteur. Des champs entiers de piments sèchent au soleil.
Dimanche 9 et Lundi 10 mars 2008 : AREQUIPA
Nous passons la journée à flâner dans cette merveilleuse ville. La visite du monastère de Santa Catalina est incontournable. C’est une petite ville dans la ville avec des ruelles, des places et de nombreux cloîtres ornés de fresques. Les murs sont peints en bleus et ocres. Fondé en 1579, ce couvent accueillait la 2ème héritière des grandes familles espagnoles. Elles pouvaient venir avec leurs servantes et esclaves et apportaient une dot conséquente. En fonction de la richesse de la famille, elles pouvaient disposer d’un petit appartement individuel. Elles n’avaient pas le droit de parler mais seulement de prier. Petit à petit, les privilèges ont été supprimés. Les sœurs devaient vivre sans servantes et en communauté (salle de réfectoire, salle de prière….) et depuis la venue de Jean-Paul II en 1985, elles ont le droit de parler et de sortir. Actuellement, il reste une trentaine de sœurs, cloitrées dans une maison qui ne se visite pas.
C’est dans le musée des Sanctuaires andins que l’on peut voir la célèbre momie Juanita « princesse des glaces », sauf qu’elle n’était pas là lors de notre visite. Mais nous avons pu apprécier la momie n° 2 en position de fœtus. Les momies ont été récemment trouvés (1995) en haut du volcan Ampato, suite à l’éruption du volcan Sabanccuya qui a fait fondre 50 m de glace. Des jeunes filles de 14 ans, de familles riches étaient sacrifiées en offrande au dieu Inti afin d’apaiser la colère des divinités. Elles étaient habillées avec de jolies étoffes et tenaient de jolis sacs remplis de feuilles de coca. A côté d’elles ont été retrouvés des offrandes comme des vases, différentes figurines. Les jeunes filles étaient choisies en sacrifice dès leurs premiers âges. Elles allaient à l’école et étaient préparées pour cette fin funeste. Elles parcouraient de nombreux kilomètres avant d’être tuées d’un coup de massue dans la tempe. La guide nous confirme qu’à l’heure actuelle, dans les montagnes, il n’y a plus de sacrifice humain (heureusement), mais la pratique de sacrifice animal existe toujours. Pour soigner les enfants, on utilise beaucoup les plantes mais aussi de la poudre du cordon ombilical séché. Le soir nous mangeons au resto pour fêter l’anniversaire des enfants en famille. 
Le restaurant est en terrasse et domine la place d’arme en pleine effervescence : enfants, dessinateurs, promeneurs, prêcheurs. Nous sommes tentés par la spécialité locale (le cuy, à vous de chercher ce que c’est), mais nous nous dégonflons… Peut-être une prochaine fois.
Le lendemain, nous louons un 4X4, pour nous rendre au canyon de Colca, le 2ème plus profond du monde. Il s’étend sur une centaine de kms. Le matin de très bonne heure, au mirador de la croix du condor, on peut observer la beauté de la vallée, mais aussi le vol majestueux et gracieux de cet oiseau sacré ici. Nous n’en verrons qu’un et très loin, mais on l’a vu et on y était…. Pour s’y rendre la route traverse plusieurs petits villages, une pampa désertique, de nombreux lamas
et alpagas qui tournent tranquillement autour de la voiture. Les habitants portent des costumes traditionnels ornés de broderies. Les chapeaux sont en coton richement colorés et brodé aussi. Très belle journée. Mais surprise dans l’après-midi, le brouillard s’est levé, la neige est tombée à plus de 4000 m d’altitude. Nous avons évité de justesse un car arrêté sur la route à cause de la mauvaise visibilité. Tout le monde a eu très peur… bravo le chauffeur !!!
Mardi 11 et Mercredi 12 mars 2008 : PUNO
L’arrivée sur PUNO est fantastique. Nous dominons le lac Titicaca, le plus grand lac d’Amérique du Sud mais aussi le plus haut lac au monde (3900 mètres environ). Il mesure 170 km de long et 60 de large. Selon la légende c’est ici qu’émergea le premier inca Manco Capac, fils du dieu du Soleil Inti. La ville de PUNO n’est pas belle, ni très intéressante, mais c’est le lieu de départ pour la découverte des paisibles communautés lacustres. Nous prenons une embarcation en direction des îles flottantes du peuple UROS (45 mn environ). Elles sont uniques au monde. Il n’existe plus d’Uros de pure souche mais environ 2000 personnes vivent encore tant bien que mal sur une quarantaine d’îles, de la pêche et du tourisme. Les habitants s’éclairent à la bougie et à l’aide de panneaux solaires. Ces fameuses iles possèdent un sous-bassement de terre et racines de trois mètres d’épaisseur environ encré au sol par des poteaux d’eucalyptus. Au dessus, plusieurs couches de totora (roseaux), sans cesse complétées en surface à mesure que les couches inférieures pourrissent.
Ainsi le sol reste souple et élastique. Un condor vit sur cette petite île flottante. Il est attiré par les écharpes à peluche des filles. Les filles sont plus courageuses car elles ont été touchés la tête du condor qui a succombé à leur charme.
L’artisanat est joli mais très cher. C’est un véritable petit village sur l’eau avec hôpital, école, station essence. Une petite fille de trois ans, sale avec la peau burinée par le soleil nous fait visiter sa petite hutte. Un bateau en roseau nous mène vers une autre petite île à travers un labyrinthe de chenaux étroits.
L’embarcation nous conduit ensuite vers l’Ile Taquilé à 3950 m d’altitude, qui fait 7kms2 et qui compte 2000 habitants. Il faut tout d’abord monter 500 marches escarpées pour arriver au centre de l’île. C’est une horreur pour les poumons mais qu’est ce que c’est beau cette vue sur le lac Titicaca. Taquilé est un monde à part. D’un côté le Pérou, de l’autre côté la Bolivie. Les habitants vivent en autarcie et d’une manière communautaire. Les coutumes sociales sont bien établies. Les hommes portent des bonnets de laine qu’ils tricotent eux-mêmes tout en marchant
(nous avons eu une pensée pour Colette). Chaque couleur a une signification : rouge pour les hommes mariés et rouge et blanc pour les célibataires, noir pour les chefs. Les femmes ont fiers allure avec leurs nombreuses jupes superposées aux couleurs vives et leurs blouses finement brodées. Là encore, le code des couleurs est rigoureux. Elles filent la laine tout en marchant et en discutant. A partir de 5 ans, les jeunes filles doivent porter un voile noir orné de pompons (colorés si tout va bien, foncés s’il y a un problème). Je déplore un peu que les enfants soient utilisés pour le tourisme. A chaque photo, les enfants tendent la main dès l’âge de trois ans. C’est souvent la maman qui tient le bras du bout’chou. Sur toute l’île, les enfants tiennent des stands avec de l’artisanat. Comment ne pas craquer devant ces chères petites têtes au regard qui nous semble triste ? 
Jeudi 13 et vendredi 14 mars 2008 : sur le chemin des Incas
Nous partons à la conquète des jolies bourgades et des ruines anciennes de la Vallée Sacrée. Nous commençons par PISAC à 32 KMS de Cuzco. Site Inca fascinant ! Un petit avant goût du Machu… Cette citadelle est perché au sommet d’une colline. Les formidables cultures en terrasse Inca forment de grandes courbes sur le flanc de la montagne.
Il est un peu difficile d’accéder aux différents niveaux tant les sentiers montent. Au sommet, se trouve le centre cérémoniel et différents temples (temple du soleil et de la lune).
De l’autre côté de la gorge, des centaines de trous sont percés dans la falaise, il s’agit de sépultures pillées. Un escalier un peu étroit mène vers un petit passage encore plus étroit avant d’aborder le tunnel du Puma taillé dans la roche. Seuls Christian et notre exploratrice Marine iront jusqu’au bout. On se demande encore comment ses hommes ont-ils pu faire toutes ses splendeurs ?
Les filles jouent dans les bains alors qu’une musique encheteresse nous emmène au hazar des chemins. Un homme joue de la flute, la musique résonne et se propage dans toute la vallée. Un autre homme , habillé avec tradition, nous accompagne un petit bout de chemin en soufflant dans un bout de tuyau plastique. Là encore c’est une vrai magie.
Une maman vend des potions magiques, on peut trouver de tout (pour le mal de ventre, mal de tête…). Les indiens utilisent beaucoup ces poudres.
Après un bon jus d’orange, nous nous dirigeons vers Ollantaytambo, une imposante forteresse sur le chemin du Machu.
Du haut des ruines la vue est magnifique. Malheureusement il pleut mais prévoyant que nous sommes, nous nous transformons en pingouins colorés.
L’ascention au site est difficile, dire que les conquitadors ont du battre en retraite alors que nous, nous sommes allés jusqu’en haut. Il nous faut rapidement trouver un « dodo » pour le camping-car car nous devons prendre le train. Mais il rencontre un petit problème. Il faut remonter une rue pavée alors qu’il pleut et que la rue s’est transformée en torrent. Bigre !!! Comment faire ? Au bout de 3 tentatives, le chauffeur à fond sur les pédales, fait grincer les pneus qui chauffent, le klaxon résonne à tue tête, les passants échevelés nous regardent avec des yeux stupéfiés, quelques minutes d’angoisse… avant d’arriver au sommet de la rue, sur la place des Armes. Ouf !!! C’est passé pour cette fois encore. Le pérou-rail nous conduit vers notre petit hôtel à Aguas Calientes, porte du Machu. Il est très tard et demain, il faut se lever très tôt. Alors bonne nuit.
Samedi 15 mars : LE MACHU PICHU

Samedi 15 mars 2008 : MACHU PICCHU
Levée à 04h30 du matin pour être de bonne heure au Machu. La nuit a été courte et en plus une rivière à fort débit traverse la ville d’Aguas Calientes et fait beaucoup de bruit. A 05h30, nous prenons les premiers bus qui nous déposent à l’entrée. Il fait nuit, le paysage est couvert de brume. On ne voit rien à 20 m. Un escalier en zig zag nous conduit à la hutte du gardien du rocher funéraire d’où la vue sur cette citée inca « perdue » se dégage. Qu’allons-nous découvrir ? Dans une demi-obscurité se dégage le splendide, le merveilleux, le magnifique, l’éblouissant Machu Picchu. Une atmosphère particulière et indescriptible se dégage. Le silence règne, l’émotion est palpable, nous sommes tous en contemplation. Ce site a été découvert par hasard en 1911 par l’historien américain Hirm Bingham. Les ruines forment une sorte de labyrinthe divisé en deux par une série de places. On commence par traverser de grandes terrasses avant d’arriver aux bains cérémoniels qui sont surplombés par le temple du soleil, l’unique édifice rond de ce site.
Sous le temple une grotte naturelle contient un autel en forme d’escalier et des niches sacrées. Au centre se trouve la place Sacrée en forme de carrée ainsi que le temple du Condor
qui abrite une tête de condor sculptée au sol et deux grandes pierres derrières représentent les ailes déployées de l’oiseau. Les blocs énormes de pierre sont arrondis et s’imbriquent les uns dans les autres avec une perfection inouïe.
Toute la matinée nous avons parcouru ce site d’une beauté extraordinaire sans jamais se lasser. Mon seul regret est de ne pas avoir fait l’ascension du Wayna Picchu d’où la vue du sommet doit être fantastique. Notre visite s’est terminée par le pont à bascule inca. La promenade passe au sommet des terrasses et suit un étroit sentier à pic qui traverse une jolie forêt.
Vers 14h00, bien fatigués, nous décidons de reprendre le bus pour Aguas Calientes où nous nous attablons au resto « Indio Féliz » tenu par un européen. Un délice ! C’est la première fois en 6 mois que nous mangeons du bon pain fait maison, sans parler des plats délicieux et présentés avec goût et originalité. La facture est un peu plus salée mais ça valait vraiment le coup.
En attendant le train de 18h00, nous faisons chauffer la carte bleue au marché artisanal où Marine, la reine de la « négoce » nous fait faire quelques économies. De retour à Ollantaytambo, alors que nous remontons ce village tout en hauteur et aux ruelles étroites et en pierre, Stéphane se tord la cheville, et une entorse, une… il gardera un bon souvenir du Pérou. Les deux heures de camping-car pour rentrer à Cuzco nous semblent longues et difficiles.
Dimanche 16 et lundi 17 mars 2008 : CUZCO en famille
W71°98507 S13°50564
Nous nous installons au camping Quinta lala qui se trouve à 20 mn à pied du centre ville. Le propriétaire n’est pas là mais nous sommes accueillis par Mélanie et Matthieu en vadrouille depuis 5 mois. Très agréable rencontre comme on les aime. Les filles ont accroché tout de suite et ne parlent que de ce charmant couple tous les soirs. On leur souhaite bonne chance pour l’avenir et surtout de rester toujours aussi gais et simple.
Cuzco est à 3400 m d’altitude. Il ne fait pas très chaud. La ville se trouve dans une vallée admirable entourée de montagne. C’est une superbe ville coloniale dont les fondations Incas sont surmontées de maisons espagnoles avec leurs balcons en bois. Nous visitons la cathédrale
et le musée de l’art précolombien avant de flâner au hasard des rues. Un petit garçon nous propose des bonbons. Il a 8 ans et nous demande si on peut lui acheter un yaourght à la fraise. Un grand sourire illumine sont visage sale quand il repart avec dans son sac plastique un litre de yaourght et des friandises. C’est notre dernière soirée en famille. Le dernier jour nous visitons les ruines de Saqsaywaman à 5mn à pied du camping. Ce fut le lieu d’une grande bataille ou les espagnols ont vaincus les Incas, ce qui marquera la fin de cette civilisation qui n’a duré que 500 ans mais qui a laissé une empreinte très forte. Cuzco a la forme d’un puma et Saqsaywaman est la tête de l’animal. Lundi 17, c’est le jour du départ pour Manou et les tontons. C’était trop court pour tout le monde. Nous mangeons un bout avant de les laisser prendre l’avion. On leur fait de gros coucous à travers la vitre de la zone d’embarquement mais ils ne nous voient pas. Marine a les larmes aux yeux et Camille est nostalgique de la France. Merci beaucoup pour avoir tant gâter les enfants et pour vous en être occupé pendant ces 11 jours. Cela leur a fait beaucoup de bien et le moral est gonflé à bloc. Nous attendons le décollage de l’avion puis nous rentrons au camping car pas envie de rien faire.
Mardi 18 et mercredi 19 mars 2008 : CUZCO suite
Nous restons encore deux jours histoire de remettre en état le camping car et d’avancer les devoirs qui ont beaucoup de retard. Quelques petites balades dans les ruelles de la ville…. Le dernier jour, juste avant notre départ un troupeau de lamas et d’alpagas sont venus raser la pelouse du camping.
Il est difficile de les approcher. La propriétaire, une charmante dame vêtue d’une jupe traditionnelle et d’un chapeau haut de forme blanc avec un ruban noir, est obligée de nous les tenir. La laine est très douce. Les lamas coursent les poules qui courent dans tous les sens. Seul Nino, le chien reste indifférent face à ces envahisseurs.
Jeudi 20 et vendredi 21 mars 2008 : ROUTE CUZCO/NASCA
W74°11970 S14°68380
Nous prenons la route en direction de Nasca. C’est une belle route en lacet qui monte jusqu’à 4600 mètres et qui traverse les Andes. Les femmes travaillent dans les champs et portent des charges très lourdes. Tout le travail se fait à la main, ici il n’y a pas de tracteur mais des bœufs pour tracer les sillons. On croise différents champs de maïs, il en existe du jaune, du blanc et du noir pour la fabrication de la Chicha. Marine a une bonne gastro, mal de ventre et vomissement dans le camping-car. On se dépêche de redescendre sur NASCA.
Samedi 22 et dimanche 23 mars 2008 : NASCA
W74°95906 S14°85146
Nous passons deux jours au camping « Nido del condor » face à l’aéroport.
Marine a très mal au ventre le premier jour. Elle passera son temps dans le hamac à se faire masser le ventre. Camille, en pleine forme passe son temps entre la piscine et internet. En attendant, les devoirs n’avancent pas. On refait à fond le camping-car et profitons de la laverie du camping. Rencontre avec un franco-péruvien qui habite Nantes et qui vient ici deux fois par an. Il fait très chaud sur la côte. Nous avoisinons les 35 degrés. Impossible de dormir correctement.
Lundi 24 mars 2008 : ICA et la laguna de HUACACHINA
W75°76175 S14°08750
Marine râle alors nous reprenons notre superbe panaméricaine direction ICA qui ne vaut même pas la peine qu’on s’y arrête. Par contre la laguna de Huacachina est une oasis dans un désert miniature. Tout autour de nous se dressent des immenses dunes de sable. Possibilité de les dévaler en sandboard ou de faire des buggys des sables. On reviendra au retour car Marine n’est toujours pas en forme.
Mardi 25 mars 2008 : PACHACAMAC et LIMA
W77°03745 S12°11139
Nous reprenons notre route en direction de Lima. Mais avant nous nous arrêtons aux ruines de PACHACAMAC. Nous nous faisons arrêter par la police encore une fois. Elle essaye souvent de passer la tête par la fenêtre pour voir. Zèle ou curiosité ? A chaque fois il nous faut vite trouver quelque chose à dire pour qu’elle ne vérifie pas nos papiers…
Ce lieu inca rassemble des palais et des temples pyramidaux en adobe. Le Palacio de la Mamacuna, maison destinée à l’éducation des femmes qui allaient devenir prêtresses ou épouses de riches Incas, a été entièrement reconstruit. Le circuit se fait en voiture et nous descendons à chaque site. On finit par le temple du soleil, d’où la vue sur la côte est magnifique. Les filles abandonnent avant la fin. Nous ne sommes qu’à quelques kms de Lima. L’entrée dans la ville est très difficile. Travaux, déviation, mauvaise appréciation de la carte, nous nous retrouvons dans les favelas…. Impossible de sortir, on tourne en rond. La misère est présente à chaque coin de rue. L’hygiène est inexistante, les enfants trainent dans la boue. Oui Armelle, j’ai une pensée pour ta nièce. Je ne suis pas rassurée du tout. Deux personnes nous font un geste : nous ne savons pas si cela veut dire on va te voler ou fait attention à ne pas te faire voler. On ne va pas chercher à savoir plus longtemps. On finit par gagner le quartier Miraflores ou nous attend un supermarché comme en France. On va craquer pour un bon camembert président et une boite de pâté qui vient du Morbihan. Et je peux vous dire que le lendemain le sandwich au pâté en boite nous a semblé merveilleusement bon. Petit tour à Mac Do pour faire plaisir aux filles et avouons le aux parents, et nuit dans une rue gardée par un gardien de nuit. Tous les trottoirs et tous les magasins ont un gardien. Et ils sont tous armés d’un fusil ou d’un pistolet. Véridique. La ville est tellement hostile que nous ne resterons pas visiter. L’électro bloc fait un peu des siennes.
Mercredi 26 mars 2008 : SECHIN (près de CASMA)
Visite des ruines de Sechin, un des sites les plus anciens du pays datant d’environ 1600 avant JC. Le site se compose de 3 murs extérieurs appartenant au temple principal. On en fait le tour par une passerelle. Les pilleurs sont passés bien avant nous. Le plus intéressant est les dessins représentés sur les dalles. Plus de 300…. Des têtes, des bras, des jambes…. Il y a deux types de dessins : les vaincus qui ne sont représentés qu’en morceaux
(tronc, têtes coupées, bras, jambes et mains arrachées) et les guerriers vainqueurs qui apparaissent en entier, costumés et avec leurs armes. Un petit musée regroupe des restes de poteries, la reconstitution d’un intérieur, et la momie d’une jeune femme enterrée vivante. Elle est superbement conservée (cheveux, dents…). On a fait beaucoup de route aujourd’hui. Nuit dans la verte.
Jeudi 27 mars 2008 : HUACA DE LA LUNA (près de TRUJILLO)
Marine a perdu une dent. Quand j’annonce aux enfants que nous visitons encore un site archéologique, elles crient en cœur : « encore des ruines, on en a marre de tes ruines, c’est toujours la même chose ». Et bien tant pis on ira quand même voir HUACA DE LA LUNA près de Trujillo.
Huaca del sol est en cours de fouille et ne peut pas être visité. Un archéologue français participe à ces recherches. Huaca de la luna servait de centre cérémoniel. Il est constitué de plusieurs niveaux car il a été construit par différents peuples. A chaque fois, le nouveau peuple construisait un nouveau temple sur les bases de l’ancien. Les fouilles mettent à jour différents niveaux et différentes « frises » représentant des hommes, des animaux ou des formes géométriques. Le plus est que l’on peut voir œuvrer une équipe d’archéologues.
Le travail est minutieux et tout au pinceau. Il y a un autre site très intéressant mais les enfants n’en peuvent plus alors on le fera au retour. Nuit au camping Huanchaco’s Garden à Huanchaco sur la côte.
Vendredi 28 et samedi 29 mars 2008 : HUANCHACO
W79°11844 S8°07301
C’est le paradis des surfeurs. Les énormes rouleaux viennent mourir sur la plage. L’eau est très froide mais les températures extérieures sont très chaudes. On profite de la piscine du camping. Jean-Paul répare la caméra de recul mais aussi l’électro bloc qui vient de nous lâcher (quelque chose a cramé). Et oui, c’est bien la pièce qu’on a fait venir de France il y a deux mois et qui nous a coutée la peau des fesses. Grâce aux conseils de la famille Espacla, Jean Paul a bidouillé l’ancienne pièce et ça remarche. Pour combien de temps, va savoir…. Merci pour les conseils. Ici les pêcheurs locaux utilisent des étroites embarcations en roseau. Le bout est incurvé. Ce sont les seuls à savoir construire et utiliser ces amusants bateaux. Le soir, ils reviennent de la pêche et font sécher ces étranges embarcations, toutes alignées sur le bord. Elles ne durent que quelques mois et ils doivent les remplacer souvent. Nous en profitons pour terminer la séquence 8. Ouf ! plus que deux. Juste avant notre départ nous rencontrons un français qui vient passer 5 semaines ici pour le surf. Nous parlerons 15 mn et tout ce temps là, il s’est regardé les muscles dans la vitre. D’accord il a un corps de surfeur ……
Dimanche 30 mars 2008 : direction la frontière équatorienne
Il n’y a plus grand-chose à faire sur la route alors nous décidons de filer rapidement jusqu’à la frontière et nous enchainons les kms. A une centaine de kms, trois cyclistes et une patrouille de police nous arrêtent. Ce sont deux espagnols et un français. La jeune espagnole a eu un malaise et ne peut pas continuer. La patrouille accompagne les étrangers car le secteur jusqu’à la frontière n’est pas sur du tout. Les patrouilles se relaient de ville en ville. Plusieurs cyclistes se sont faits détroussés. Ce n’est pas encourageant. On embarque la jeune fille et son vélo jusqu’au village suivant ou une deuxième patrouille nous attend dans une station essence. La patrouille tarde un peu à arriver.
Le français parcours des kms depuis 3 ans déjà. Il est parti de France pour visiter l’Asie, l’Australie, et l’Amérique du Sud. Il finit bientôt son parcours. Chapeaux messieurs, dames, car ce que vous faites est remarquable. Petit arrêt sur le bord du Pacifique pour le déjeuner et trempette des petits petons. Jusqu’à maintenant nous avons traversé un désert ce qui devient lassant. Puis dans un village, nous passons un long tunnel et la végétation change du tout au tout. C’est un avant goût de l’Amazonie avec une végétation dense, il fait moite et humide. Après encore quelques kms, nous passons la nuit dans une station service où il y a beaucoup de bruit mais au moins il y a beaucoup de monde et on ne se sent pas trop en insécurité. Demain passage de la frontière. 