Lundi 29 et Mardi 30 octobre : Punta Almanza/Estancia Harberton
W67°52912 S54°86493
W68°31011 S54°80897
Christina a remporté les élections présidentielles… espérons que le pays ira mieux. Le problème est qu'elle succède à son époux. Ségolène a été invitée à participer à un séminaire.
Avant d’arriver à Ushuaia, il nous reste un petit détour à faire. Nous reprenons la ruta 3, puis passons le Col Garibaldi (430 m). Les bas-côtés sont couverts de neige.
La vue sur les Lacs Escondida et Fagnano est magnifique. Bifurcation sur la ruta J (plutôt une piste) jusqu’à la Punta Almanza. La vue sur Puerto Williams (à seulement 30 kms de l’autre côté du Canal de Beagle), la ville la plus australe et la plus inaccessible, est imprenable. Des pêcheurs d’Ushuaia trient des moules qui sont trois fois plus grosses que nos moules françaises. Nous partagerons avec eux un goûter mémorable, un peu salé, mais tellement délicieux. La gendarmerie navale surveille les alentours, les canons en direction du Chili sont bâchés. Sont-ils encore en activité ? Petite promenade le long du Canal de Beagle jusqu’à l’estancia Harberton.
Située au bord de l’eau dans une crique abritée des vents, c’est la plus ancienne estancia de la Terre de Feu. Ce grand domaine a été fondé en 1886 par le pasteur anglican Thomas Bridge, le premier européen à vivre avec succès en Terre de Feu. Les indiens Yaghans, persécutés, pouvaient se réfugier sur ses terres sans craindre les chasseurs de tête. C’est un lieu mythique et émouvant quand on s’intéresse un peu à la vie de ses indiens. Nous camperons deux nuits face à l’Ile Gable dans un décor de rêve.
Mercredi 31 octobre au vendredi 9 novembre : USHUAIA
W68°30817 S54°81441
Camille a perdu une dent. Le 6 novembre, c’est l’anniversaire de Vladia : bon anniversaire et courage, il y a toujours un mieux.
Arrivée sur Ushuaia…. Ushuaia
…Nous y voilà ! Le rêve, mon rêve… Ushuaia, le bout du monde. C’est incroyable de penser que nous sommes ici. Plus au sud, il ne reste plus que … l’Antarctique à 1000 kms seulement et le Pôle Sud à 4000 kms. L’Antarctique, un autre rêve ?
Rêve encore un peu cher. JP et les enfants ne sont pas très chauds. Mais il me reste un an pour les convaincre. Ushuaia, dans la langue Yamana, veut dire baie orientée vers l’Ouest. C’est une grande et jeune ville industrielle (50 000 habitants), dotée d’un riche héritage humain reposant sur une population issue de l’immigration, et qui se tourne de plus en plus vers le tourisme. Le centre ville ressemble à une station de ski française. Il s’en répand une atmosphère agréable propre à toutes les villes du bout du monde. Il parait que la vie ici est douce et paisible, à l’image des maisons aux différentes couleurs. Il neigera pendant 3 jours,
la vallée est recouverte d’une pellicule blanche. Le soleil semble englouti par les montagnes. Le vent glacé austral nous rappelle comment est la vie dans cet endroit. Nous voulions profiter d’être le plus au sud pour faire quelques expériences comme observer la Croix du Sud, constellation formée de 5 étoiles uniquement observable dans l’hémisphère australe. Ce ne sera pas possible, le ciel a toujours été chargé de nuages. Mais nous sommes bien dans l’hémisphère sud car en laissant écouler l’eau dans le lavabo : on a bien vu qu’elle tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre… test à l’appui avec les enfants. Nous l’avions déjà observés dans le bateau mais c’était pour confirmer. 
C’est le printemps, mais la ville est sous la neige et quand il ne neige pas, nous marchons sous la pluie dans les rues d’Ushuaia, en montée et en descente. Nous irons achetés des grosses chaussettes et des bonnets en poils de lama pour se réchauffer.
La navigation sur le Canal Beagle est incontournable. L’Isabella qui nous a conduits à l’Ile aux Oiseaux et à L’Ile des pingouins s’est approchée, les moteurs sous silence, de l’extrémité des îlots rocheux. D’énormes lions de mer affalés sur la roche trainaient leur maladresse à terre. Sur d’autres rochers on voyait des oiseaux noirs et blancs : nos premiers cormorans impériaux.
Ils se jetaient à l’eau pour s’alimenter et en ressortant, ils dépliaient leurs ailes pour se les sécher. Des pingouins à Ushuaia ? Oui, on en a vu de toutes sortes : sur les t-chirts, cartes postales, en porcelaine, en peluche, en cristal et même de taille humaine qui marchaient dans la rue, mais voir en chair et en os les pingouins pico rojo, c’est fantastique. Ils sont noirs et blancs. Sur la tête, ils ont une bande blanche comme un serre-tête. Leur bec et les pattes sont rouges. Nous ne verrons pas de pingouins impériaux, il faut vraiment qu’on aille en Antarctique. En rentrant, nous avons contournés le phare des Eclaireurs.
Celui ci n’est pas le phare le plus au sud.
Le glacier Martial nous attire comme un aimant, malheureusement le téléphérique est en réparation. La randonnée à pied à travers bois pour atteindre les hauteurs d’où l’on voit toute la ville d’Ushuaia, le Canal Beagle et ses îles vaut vraiment la peine, la vue qui s’offre à nous est EXTRAordinaire. Là-haut, nous écoutons le silence.
Ca valait le coup de camper trois jours dans le Parc National de la Terre de Feu. L’endroit est pur, tranquille et encore préservé de toute influence humaine. Mais pas pour longtemps, un grand complexe touristique est en construction. A pied, on a pu faire la plupart des sentiers accessibles aux enfants qui ont marchés dans la boue et la neige sans jamais se plaindre : le Hito XXIV
jusqu’à la limite entre l’Argentine et le Chili, l’archipel des Cormorans, la lagune noire, le lac Roga, la cascade du rio Pipo. On a vu des barrages de castors en activité, et des lapins en pagaille. En se promenant dans la forêt, on a entendu « TOC-TOC, TOC-TOC-TOC » entre les branches d’un arbre. Nous guidant au son, à quelques mètres de nous, on aperçoit un formidable Carpitero magallanico (pivert). C’était une femelle, d’un noir intense. Elle mangeait des larves qu’elle sortait du tronc en ayant préalablement perforé l’écorce avec son bec pointu. Nous ne verrons pas de mâle, plus joli avec leur tête rouge vif. Les oiseaux sont nombreux : Bandurria baya (Ibis) reconnaissables à leur cri métallique, les oies sauvages, des condors, …..Les tourbières nous ont surpris par leur aspect et leur texture spongieuse, et surtout la dimension démesurée qu’elles représentent. 90% de la tourbe vient de la Terre de Feu.
La plus belle baie est celle de Lapataïa. Incluse au sein d’une réserve naturelle, là se rencontre forêt, montagne et mer. Du mirador la vue sur le fjord est superbe. Là encore il y a une légende. Ca peut paraître insensé, mais du mirador on aperçoit la forme arrondie de la planète….. Je vous jure que c’est vrai. Et c’était bien avant d’avoir abusé de la bière Beagle.
Ici il y a peu de monde, nous camperons dans des endroits totalement sauvages. Je crois bien que ça s’appelle vivre !
Nous sommes aussi partis à la recherche du buisson épineux appelé Calafate. Il existe ici une légende très jolie au sujet de ce buisson. Quand on goûte à son fruit, une petite baie violacée, on est sûr de revenir à l’extrême sud. Les fruits n’ont encore pas succédés aux fleurs. Les Calafate ne se ramassent qu’en Février. Alors pour nous assurer un futur voyage, après avoir cherché sans succès, on a mangé une glace de Calafate ! Espérons qu’elle aura les mêmes effets.
Le midi, nous avons établis notre QG au BANANA dans la rue Saint Martin. Petit resto, serveurs très sympathiques, service rapide…. Et la télé pour les filles. Nous avons aussi craqués pour une parrillada.
3 à 4 moutons grillent au barbecue situé en vitrine. C’est très bon et très impressionnant. Nous avons même trouvés du camembert président qui pue et qui coule au supermarché du coin. Ce soir là, le repas a été un festin.
Comme il neige les premiers jours nous profitons de visiter les musées et l’aquarium. Ce dernier est à éviter à tout prix.
Les musées par contre valent le détour. Le musée du bout du monde est installé dans un bâtiment du début de 20ème siècle. On y trouve un peu de tout : archéologie, collection ornithologique, documents concernant les derniers indiens, souvenirs du bagne……
Le musée Yamana résume grâce à des documents et des photos, la vie difficile de ces indiens. (Très sympathique).
Le musée maritime et de l’ancien bagne
est situé dans l’ancien pénitencier. En construisant en 1902 ce pénitencier, les autorités argentines avaient comme objectif de peupler la zone. Les résultats furent décevants. Les bagnards avaient pour tâche d’aller dans la forêt chercher du bois pour chauffer le bagne mais aussi la ville. Ils partaient avec le petit train, devenu le petit train du bout du monde qui amène les touristes jusqu’au parc.
Les prisonniers avaient aussi un rôle social dans la ville. Les vieux bâtiments de pierres nous racontent leur histoire, un petit frisson nous parcourt en mémoire de ceux qui passèrent jours et nuits ici, dans le froid de la Terre de Feu. Les salles montrant la vie pénitentiaire sont intéressantes.
Au centre ville se trouve une chose étonnante : la Capsula del Tiempo. Cet étrange monument ne sera ouvert qu’en 2492 ! Il contient 6 disques vidéo laser et les copies des émissions de télé émises en 1992. Le tout est destiné aux générations futures, pour qu’elles sachent comment vivaient les argentins 500 ans plus tôt. L’idée est originale et me plait beaucoup.
Au centre ville un vieux bateau est échoué, gisant sur une plage inondée par les marées. Il a servi a remorqué un autre bateau échoué lui aussi.
Je ne peux pas ne pas parler du City Tour.
C’est un car anglais, repeint en bleu et dont les fresques retracent la vie d’Ushuaia. Les propriétaires sont charmants. Nous avons beaucoup appréciés le moment de partage autour d’un thé mais aussi leur gentillesse. Muchas gracias pour votre aide…. Cette ville est une ville d’immigrants. Des aides ont été mises en place pour peupler cette région. Les salaires y sont plus attractifs (deux fois plus qu’ailleurs) mais les prix sont en conséquence. Quand nous sommes arrivés, les dockers étaient en grève et manifestaient très forts. Ils avaient organisées un gigantesque concert de casseroles au port : c’est ce qu’on appelle « le cacerolazo ». Dans le centre ville, face à la gendarmerie, un petit groupe a élu domicile sous des cartons depuis 3 ans déjà pour manifester sur les conditions de vie….. Après avoir discutés avec plusieurs argentins, la vie en Terre de Feu est facile. Je ne les crois qu’à moitié. Les conditions de vie me semblent tellement dures. Il y a un nouveau problème qui apparaît : les salaires sont attractifs, et il y a de plus en plus d’immigrants argentins… Il n’y a plus assez d’emplois pour tout le monde, le chômage et la misère pointent leur nez…., les logements deviennent de plus en plus chers….. 
Quoi dire de plus sur cette ville magique. Nous avons rencontrés beaucoup de touristes européens. Les français viennent en masse ici. Nous avons croisés des voisins de St-Malo, Montélimar, Nice, Nimes. Beaucoup repartent déçus. Ce n’est vraiment pas notre cas malgré les conditions de bivouac pas très sympathiques que nous avons eues en ville. Les campings sont fermés, il y a beaucoup de bruit la nuit, il est difficile de se ravitailler en eau potable. Le marketing fait autour d’Ushuaia risque de finir par nuire à cette charmante ville et son côté extrême. Nous sommes heureux d’être venus maintenant. Je ne sais vraiment pas ce que deviendra la célèbre Terre de Feu dans quelques temps. Mais pour nous Ushuaia, la ville du bout du monde, où tout commence, c’était vraiment super chouette………
Samedi 10 et Dimanche 11 novembre : RIO GRANDE
W67°68162 S53°79858
Le camping du centre nautique est ouvert. Les propriétaires sont très sympa. La saison commence et il y a beaucoup de passage au club. L’ambiance est bon enfant. Nous prenons nos repas dans la salle commune chauffée au feu de bois. Ca fait du bien de se réchauffer. Nous profitons de ces deux jours pour nous reposer. Il ne faut pas croire que les vacances c’est reposant !!! La maison a besoin d’un bon coup de nettoyage. Nous rêvions d’une bonne douche chaude, on va enfin pouvoir se laver les cheveux… Nous n’arrivons toujours pas à mettre le site à jour, ni à nous connecter en WI-FI pour téléphoner, les nerfs….
Lundi 12 novembre : Adios Terre de Feu
Nous devions visiter une estancia, mais cela fait deux fois que le propriétaire annule et que nous repoussons notre départ. Cette fois-ci, on prend la route. Tant pis, on n’en trouvera une autre plus haut.
On reprend le chemin inverse pour quitter la Terre de Feu car le bac
à Porvenir ne fonctionne pas le lundi. Les paysages sont à nouveau monotones. Nous retrouvons une végétation lacustre, très connue en Terre de Feu. Les formalités aux douanes sont très rapides, et il n’y aura pas de contrôles sanitaires. Sur le bac, il n’y a pratiquement personne, le chargement et déchargement sont très rapides.
NOUS QUITTONS LA TERRE DE FEU ET NOUS NOUS ELOIGNONS DE L’ANTARCTIQUE – ADIOS
Malgré l’heure tardive, nous décidons de prendre la route en direction de Punta Arenas au Chili. Sur la ruta 255 qui borde le détroit de Magellan, l’ancienne estancia San Gregorio ressemble à une ville fantôme, de vieux bateaux sont échoués devant elle. Nous arrivons à Punta Arenas très tard. Nuit dans une station essence où tous les taxis de la ville viennent se ravitailler en gaz, mais nous sommes trop fatigués pour bouger. 
Mardi 13 novembre : PUNTA ARENAS
W70°87332 S53°12739
Ce matin nous nous remettons aux devoirs. Il fait froid, mais il y a du soleil. Punta Arenas se trouve dans la région des Magallanes, région rocailleuse coupée du reste du pays par des montagnes et de l’eau. Cette ville n’est pas très attrayante. Petite balade en zone franche, visite de la ville. Sur la place centrale, nous sommes allés toucher le pied de l’indien Onas (c’est pour avoir une chance de revenir un jour) avant de faire le tour du marché artisanal. Un mirador surplombe la baie du détroit de Magellan et les maisons multicolores. Nous prenons la route vers le sud. Nous sommes déçus car la laguna parillar est fermée pour travaux. Nous passons la nuit devant le poste de police d’Aguas Frescas. Un pécheur vient faire contrôler son chargement. Ses raies sont énormes. Ici, nous nous sentons étrangers. L’accent n’est pas le même et nous avons plus de mal à comprendre l’espagnol. La monnaie est différente. Il faut diviser le prix par 700 pour avoir l’équivalent en Euros. On se balade avec un tas de billet, ça fait peur. Les gens sont moins avenants. Ce n’est certainement qu’une impression et c’est le premier jour.
Cela fait 2 mois que nous sommes en Amérique du sud. Tout va bien. 

Mercredi 14 novembre : Puerto Hambre – Fuerte Bulnes – Villa Teheulches
W71°41312 S52°42806
Fuerte Bulnes fut le premier bastion chilien en terre australe. Le fort construit en 1843 sur la butte Santa Ana, domine le détroit de Magellan.
A Puerto Hambre, les conditions climatiques et de vies étaient tellement difficiles que les habitants finirent par mourir de faim, seulement 3 ans après leur arrivée.
Nous déjeunons au port de Bahia Mansa. Les pécheurs rentrent au port pour décharger de gros sacs d’algues que les camions attendent. La police maritime ainsi que les contrôles sanitaires saisissent des araignées de mer ramenées par des pêcheurs. C’est la première fois que nous voyons des chiens malheureux et maigres. Les pécheurs vivent dans des cars sales, les vitres sont cassées, les matelas s’entassent… les conditions de vie sont difficiles.
A l’intersection de ces trois directions, se trouve une statue de Marie offerte par la France en 1996. Une autre statue borde la rue, c’est la carte du Chili qui indique que nous sommes au centre du pays, à égale distance entre la frontière du Pérou et le Pôle Sud. C’est étrange, ça parait tellement bas..
Nous remontons en passant par la piste qui longe le fjord Otway puis le fjord skyring. Les paysages sont magnifiques. Nous passons la nuit à Villa Tehuelches , sur le parking du bar où nous prenons notre première bière chilienne. 
Jeudi 15 novembre : PUERTO NATALES
W72°50391 S51°72859
Il fait beau aujourd’hui. Enfin le soleil…..Puerto Natales est une petite ville installée sur les rives du Seno Ultima Esperanza. Cette petite ville est très calme mais sans intérêt. C’est la porte d’entrée pour le Parc National Torres del Paine. Petite promenade sur le port et dans les rues. On en profite pour faire le plein du frigo et réserver une sortie bateau qui nous permettra d’approcher les glaciers de près. Nuit au seul camping situé en plein ville.
Vendredi 16 novembre : BALADE PRES DES GLACIERS
Ce matin, réveil à 06h00. Dur Dur ! C’est la première fois que nous nous levons aussi tôt. Cela fait tout bizarre. Nous partons pour la journée au parc national O’HIGGINS. Les enfants rêvent d’approcher un glacier de près. La traversée à travers le fjord Ultima Esperanza jusqu’au glacier Balmaceda s’effectue en bateau. Pendant tout le trajet, le bateau longe des côtes découpées, des paysages arides où culminent des sommets enneigés. Il y a 50 ans le glacier Balmaceda était beaucoup plus impressionnant puisqu’il touchait la mer. Le bateau s’arrête à la jetée de Puerto Toro. Une petite promenade à pied de 20 mn mène à la base du glacier Serrano,
où nous avons pu flâner une bonne heure avant de rentrer. Celui se jette dans un lac parsemé de blocs qui se sont détachés. Les glaciers ne sont pas très impressionnants. Nous pensions qu’ils seraient plus grands. Quelques morceaux se détachent et tombent dans l’eau en faisant du bruit mais ce n’est pas très fort. Les dégradés de bleus et la diversité des formes font le charme de ces glaciers. En chemin, on admire de nombreuses cascades très jolies. Nous pensions voir des condors, des dauphins mais rien de tout ça. C’est jour de malchance. Le seul mammifère était un lion de mer qui semble avoir été amené de la loberia la plus proche et posé sur un rocher ou il prenait tout un ensemble de pauses face aux appareils photos des touristes. Il y avait tout un groupe de français. Ils parlaient forts et commentaient tout. C’était très énervant. Nous avons voyagés avec Annie et son mari, de Montélimar. Leurs récits de voyage sont très intéressants. En les écoutants, quelques idées ont germés dans nos petits cerveaux concernant nos prochaines péripéties…. A suivre…..
La journée a été très longue. Nuit au camping de Puerto Natales.
Nous avons beaucoup de problème pour mettre à jour l'internet. Je pense que l'ordinateur de JP est en râde.



Samedi 17 au jeudi 22 novembre : PARC TORRES DEL PAINE
W72°73867 S50°87296
Le parc se trouve à 150 kms au Nord de Puerto Natales. Il s’étend sur 181 000 ha. C’est un petit paradis pour les marcheurs et les randonneurs. La diversité des paysages en font sa richesse : forêts, montagnes, lacs, cascades et glaciers. Les vues sont magnifiques, les paysages grandioses, les lagunes nous font rêvées. C’est une des splendeurs de la Patagonie. La nature est reine. Le seul inconvénient : les rafales de vent qui nous emportent. 

Camille a fêté ses 10 ans au milieu de nulle part. C’était une journée très réussie. Soirée crêpe avec un accompagnement de Reggae. Les parents en profitent pour gouter le Pisco sur, l’apéritif chilien (pas mauvais du tout). Camille a été gâtée par sa sœur.
La veille, les filles ont pu téléphonés aux copines et à Manou et les tontons. C’était la fête à la maison. Au retour elle avait plein de messages (Manou, Loëtitia, Vladia, Annie-France, Caroline, Enora, Julia…. Merci à vous.. cela lui a fait très plaisir).
Marine a encore perdu deux dents. Elle a un gros trou devant et peine un peu pour manger. 
Dans ce parc, la faune est aussi très riche. Nous avons eu la chance de croiser beaucoup d’animaux et notamment le joli huelmul (sorte de cerf andin), petit cervidé en voie de disparition. 
Les condors nous ont régalés de leurs ballets aériens.
Le parc doit son nom aux Torres del Paine (Tours de paine), dressées à quelque 2800 m au-dessus de la steppe patagonne, ces spectaculaires piliers de granit dominent le paysage de ce magnifique parc. Toutes ces montagnes, tous ces pics aiguisés sont extraordinaires.
Mais le parc ne se limite pas aux montagnes. De nombreux sentiers serpentent des forêts, longent et traversent les rivières grondantes, passent devant le glacier GREY ou devant des lacs soit d’un bleu azur soit d’un gris laiteux. Les cascades et les points de vue sont à couper le souffle.
Mais ici la météo est imprévisible et les montagnes peuvent rapidement se voiler de nuages pendant des heures.
Nous profitons du moindre rayon de soleil pour partir en balade. Un jour le vent est tellement violent que Marine ne tient pas debout. Il faut la tenir. Nous renonçons à la promenade et reportons au lendemain. Les filles ont beaucoup marchés mais au bout de 5 jours un cri s’est élevé : stop les parents, nous sommes fatiguées. Ce n’est pas demain que nous partons en trekking 10 jours avec sac à dos, mais nous ne désespérons pas. Il reste beaucoup d’autres parcs. Le soir nous pouvons bivouaqués près des gardiens sans problème. Il est possible de faire le ravitaillement en eau. Ce parc a été un moment agréable et reposant.
Le jeudi nous reprenons la route en direction d’El Calafate en Argentine. Le passage de la frontière est difficile, le douanier ne comprend pas nos papiers mais tout s’est bien terminé. Nous croisons le raid patagonien en Ford A.
Très jolies voitures restaurées et équipages très sympathiques.
Arrivée au camping municipal d’El Calafate. Camping très chic, très bien, très très cher et gardien pas sympathique du tout. On reste là une nuit seulement. Rencontre avec Géraldine et son mari qui voyagent en tube (www.cheminsdumonde.net) et leurs amis hollandais Karin, Coen (www.landcruising.nl) et le copain québécois. Cela fait du bien de discuter un peu. Nous voulions rencontrés Géraldine et Yann que nous suivons sur internet depuis un bon moment.
Vendredi 23 novembre : El Calafate
W72°26038 S50°33609
Cette ville ressemble à une station de ski française avec tous ces touristes et ces petits chalets artisanaux. Nous ne nous sentons pas très bien ici. Il y a trop de monde, trop touristique. Visite rapide de la ville. Nous trouvons le refuge de la CUEVA.
W72°79062 S50°52875
Adresse donnée par Annie France. La Cueva est un gite et son propriétaire est guide de haute montagne. Sa cour sert de camping. C’est un vrai capharnaüm, les sanitaires sont très sales mais qu’est ce que nous sommes bien ici. Le jardin est abrité, l’accueil très chaleureux. Tous les enfants du quartier se retrouvent ici et invitent les enfants à jouer. Ils sont curieux et visitent notre grande maison. Le marchepied et l’appareil photo les fascinent. Ils sont vraiment attachants. Lorsque nous ne comprenons pas un mot, ils trouvent une autre façon de nous expliquer. Ce sont des bout-choux de 6 à 10 ans. Leurs yeux pétillent de malice et leurs sourires nous attendrissent.
Nous faisons la connaissance d’une seniorita qui tient une estancia plus au nord. Elle nous invite la semaine prochaine à visiter son domaine. Elle est super et nous fait beaucoup rire. Elle explique très sérieusement que la Pentagonie a gardé son côté naturel et ne comprend pas que l’on puisse utiliser un micro-onde et une machine à laver. C’est une honte en Europe de faire des plats tout cuisinés. Les enfants n’ont plus de goût. J’ai bien ri mais aussi bien culpabilisé……
Samedi 24 au mercredi 28 novembre : PERITO MORENO
W73°02467 S50°46234
Nous partons en camping sauvage 2 jours au bord du lago ROCA. C’est la première fois depuis nos vacances de juillet que l’on fait une grâce matinée : levé 10h00, le top des tops. Le soleil est au rendez-vous, les températures sont clémentes (environ 20°), les polaires et pulls tombent. Après un poulet andin au déjeuner, nous partons pour une toute petite balade au bord du lac. Nous visitons une petite grotte connue pour ses peintures rupestres représentant des animaux et des hommes, laissées par les indiens Tehuelches. Il fait tellement bon que nous terminons la journée à lézarder au soleil. Une journée de bulle, c’est génial.
Dès le lundi, tels des voyageurs aux longs cous, nous repartons en excursion. Le clou du voyage, c’est le beau, le magique, le superbe, le spectaculaire glacier Perito Moreno.
Véritable monstre, il fait 15 kms de long, 5 kms de large et atteint 55 m au dessus du lac et 180 m en dessous.
La glace se forme en haut des montagnes à 2000 m d’altitude, puis descend peu à peu en épousant les reliefs des versants, ce qui expliquent les nombreux pics acérés et cassés qui témoignent de la vie du glacier. L’eau qui s’écoule en permanence sous le glacier contribue à son déplacement. Il grince, craque, gronde, résonne : le moindre morceau de glace qui tombe dans le canal de los Tempanos, le fait avec fracas. Le bruit se répercute contre les montagnes. La glace tombée forme un petit iceberg qui part à la dérive et le glacier reprend son grincement ronronnant. Son apparence évolue tout au long de la journée. On passe du temps à l’observer et à suivre ses mouvements. Le glacier avance de 2 m au centre et de 40 cm sur les côtés. Quand la pression devient trop forte il finit par se briser dans un bruit gigantesque. Ce phénomène naturel s’appelle la rupture. La dernière date de 2004.
En suivant le réseau de passerelles et d’escaliers, nous admirons le glacier de très près. Une petite balade en bateau permet de le découvrir d’une autre façon mais pas d’aussi près que les passerelles. Pour éviter la foule de touristes, nous étions à 8h00 pétante face à ce géant. Il faisait très très froid. Les doigts étaient gelés malgré les gants. Mais nous avons profités seuls pendant 2 h00 de ce sublime spectacle. Après les touristes font du bruit. Les couples de disputent. Les hommes argentins sont assez machos. Si l’épouse ne prend pas la bonne photo sous le bon angle de son homme, c’est toute une histoire. Impossible de profiter de la voix du silence. Nous fuyons pour revenir plus tard, seuls. On a tous choisis un morceau de glacier et de 15h00 à 18h00, les paris vont bon train. Lequel tombera en premier ? Malgré l’interdiction de camper, le gardien nous autorise à rester cette nuit. Sympa, nous pourrons y retourner demain de bonne heure. Dans la nuit, le vent a soufflé très fort. Le camping car se balançait au grès des rafales. Nous avions peur et à 2H00 du mat, tout le monde était debout. Jean-Paul a déplacé la maison (c’est l’avantage d’être une tortue), histoire de se rassurer, mais la nuit a été très agitée. 
Mardi matin, nous laissons les enfants dormir un peu et avec Jean-Paul nous nous offrons une petite heure en tête à tête face au spectacle époustouflant des blocs qui s’effondrent. Chaque moment est magique et unique. L’effet est toujours différent mais les sensations toujours aussi exquises. Grand bleu sur les crevasses du Perito Moreno, c’est un spectacle autant pour les yeux que pour les oreilles. Ce qui est saisissant c’est le contraste entre les différents bleus du glacier et la couleur blanche laiteuse du lac. Mais d’où vient cette magie bleue des glaciers ? Lorsque la glace n’es pas compactée, il se forme des bulles d’air dans lesquelles s’infiltrent les rayons de la lumière blanche. Lorsque la glace est compressée sous l’effet de son poids, seule la lumière bleue qui vient des rayons de courte longueur d’onde, peut s’infiltrer. Plus la glace est compacte, plus le chemin à parcourir par la lumière est long et plus la glace parait bleue. Lorsque des icebergs se détachent, ils entrainent dans leur chute une sorte de farine glaciaire provenant de l’érosion. C’est ce qui donne au lac une couleur grise un peu laiteuse. En fin d’après-midi, le bleu est si intense qu’on a l’impression qu’une lampe est allumée dans le fond des crevasses C’est difficile à expliquer. Mardi matin alors que nous observions sans répits, une surprise … Geneviève et Michel arrivent. Nous avions passés un mois ensemble sur le bateau et nous attendions avec impatience de les croiser. Les enfants sont supers contentes. Rendez-vous est pris pour un apéritif le soir même à El Calafate. Nous passerons la soirée à échanger nos impressions, nos rencontres, nos anecdotes autour d’un bon pastis ou d’un pisco. Le travail qu’ils font avec leurs correspondants de CM2 est impressionnant et très réussi. Soirée très chouette que nous attendions vraiment. Petite pensée pour Colette et François qui reviennent bientôt. Nous nous séparons en espérant que nos chemins se croiseront à nouveau sur le sol américain, sinon au retour, tous les 8 en France. Aujourd'hui est une journée de remise en état. Il fait beau, comme dit Jorge c'est une journée de Patagonie tropicale (25°). Il n'y a pas de décorations de Noël dans les magasins et pourtant c'est dans moins d'un mois. Nous ne savons encore pas où nous serons à ce moment là. Nos préocupations actuelles sont loins d'être celles de la métropole (froid, grève, achats de Noël). A bientôt vous tous.
Mercredi 28 au Vendredi 30 novembre: Mont FITZ ROY
W72°87962 | S49°3637 |
Nous faisons le plein du frigo, du réservoir et un petit tour sur l’Internet avant de quitter El Calafate en direction de la partie nord du parc national « los Glaciares ». 230 kms au total dont environ une centaine sur une piste pas très sympa avec des travaux. Nous longeons dans un premier temps le lago Argentino puis le lago Viedma où vient se jeter le glacier du même nom, qui ont chacun une jolie couleur bleu azur. Il fait beau, avec un rayon de soleil, la traversée de la steppe désertique troublée de temps en temps par quelques guanacos, devient presque belle. Puis, au bout de tout, posé au cœur des Andes, au pied du Fitz Roy, apparaît le petit village d’El Chalten, créé en 1985 seulement. El Chalten est également le nom Tehuelche du Fitz Roy qui signifie « sommet de feu » ou « montagne enfumée ». Les pics souvent cachés dans d’épais nuages font penser à des volcans en irruption. Arrivée sur le camping sauvage vers 20h00, nous retrouvons Annie et Daniel, Géraldine et Yann, Karin et Cohne puis Martin, un camping car allemand, un camping car italien et un américain sous sa tente.
Le Fitz Roy (3451 m) est dégagé et nous pouvons en profiter pleinement. Quelle beauté ! Autour de nous, dans les cyprès, plusieurs perroquets posent pour la photo tout en caquetant. Fatigués, nous partons rapidement nous coucher pour pouvoir se promener demain.Le jeudi grand soleil. On passe la matinée, affalés par terre à discuter avec les autres voyageurs. Arrive notre couple de suisse rencontré à Valdès, un couple de chilien et un couple de québécois avec une drôle de petit chalet monté sur un pick-up.
Plusieurs condors tournent autour de nos têtes pendant que nous discutons. Nous préparons notre marche de l’après-midi quand une bonne pluie commence à tomber. Zut ! Le ciel se couvre, nous ne verrons plus le Fitz Roy. Finalement l’après-midi sera interminable, mais au moins les cours avancent. Nous visitons quand même ce petit village, paradis ou se rencontrent randonneurs et grimpeurs. Vers 20h00, entre deux gouttes d’eau, nous partageons tous ensemble un apéritif sympa. Pas facile de trouver un créneau pour l’apéro, entre ceux qui dinent à 17h00 et les autres à 21h30. Le Ricard, est pour les uns l’apéro et pour les autres le digestif. Nous rentrons tout joyeux nous coucher. Le vendredi est identique : pluie, pluie et encore pluie. Après déjeuner, nous quittons El Chalten pour le village de Tres Lagos où nous avons rendez-vous avec la senorita Pechini rencontrée à El Calafate. Elle nous a invité à visiter son estancia, espérons qu’elle n’a pas oublié. Il a été un peu difficile de la trouver. Finalement un gendarme nous amène car l’estancia est perdue à 20 kms du village. A la sortie de Tres Lagos, nous rencontrons son mari qui n’est pas du tout au courant. C’est un grand senor, avec un chapeau noir,
des cheveux longs poivres et sels qui ne se rappellent même plus de l’odeur du shampoing. C’est un vrai gaucho : il est vêtu d’un bombacha (pantalon large), d’une rastra de cuir autour de la taille (ceinture), et d’une paire de bottes en cuir. Marine n’a vu que ses ongles noirs de chez noirs. Au bout de 20 kms de piste, nous sommes en plein rêve. J’ai l’impression d’être dans Bagdad Café. L’estancia est une petite exploitation avec des vaches et des chevaux sur 12 000 hectares. Il n’y a pas d’électricité, l’eau est tirée dans le puits avec une éolienne comme on en voit dans les films de cow-boy. Nous partageons un Quiso, plat typique à base de viande de bœuf, riz, pâtes, courgettes, tomates, oignons. C’est très bon. Nous partons nous coucher avec la promesse de faire un tour de cheval le lendemain.
Samedi 1er Décembre: ESTANCIA LA SORIANAW71°18033 S49°58375 Malheureusement, Norberto s’est blessé, et il ne supporte pas la lumière du jour. Il restera enfermé dans le noir toute la journée. Les filles sont un peu déçues de ne pas faire de cheval mais ce n’est que partie remise. Avec Lucia, nous récupérons les œufs frais pondus par ses poules que nous dégustons au repas de midi : un délice. Puis elle prépare la gamelle pour les chiens. Il y en a au moins 15. Manou, cela ne te rappelle rien ? Elle a la même recette que toi à Bengy il y a 30 ans. J’avais oublié l’odeur de la tambouille qui mijote sur le feu. L’après-midi, nous partons nous promener. Le rio a débordé et les champs sont inondés. Le soir, nous leur offrons quelques petits cadeaux. Merci Marie-Jo pour les cartes postales de la Tour Eiffel. Ils ont beaucoup appréciés. Jean Paul a pris une photo qu’ils ont gardés en souvenir. Ils semblaient tout étonnés de se voir. Ils ne savent pas comment nous remercier et offrent aux enfants des objets appartenant aux indiens et retrouvés sur leur terre. Nous échangeons nos coordonnés. On soupçonne Lucia de ne pas savoir écrire, mais chut. C’est un couple vraiment super, un peu spécial, un peu décalé pour nous, mais avec un cœur gros comme ça. Ils vivent loin de tout et disent ne pas être malheureux malgré que se soit dur pour eux. Demain nous prenons la route. 
Dimanche 2 décembre: LA RUTA 40W70°92636 S47°44331 Nous prenons la RUTA 40 en direction de Bajo Caracoles soit environ 380 kms sur une route merdique. Ce mot n’est encore pas assez fort. La moyenne est de 30 kms/h avec un vent violent tantôt de dos, tantôt sur le côté. C’est l’horreur pour Jean-Paul. Il conduit en crabe et doit se cramponner au volent. Le vent soulève le sable qui fait des minis-tornades. La poussière rentre de partout dans la maison. On ne sait plus quoi faire, pourtant il faut continuer. Il n’y a rien à part quelques estancias au bout des chemins parallèles. Nous croiserons une dizaine de voitures ou camions dans notre journée. La piste est défoncée, il y a d’énormes trous, elle ressemble souvent à une tôle ondulée. La végétation est moche (où alors c’est nous qui ne pouvons pas profiter du paysage) et il y a très peu d’animaux. On en profite pour faire un clin d’œil au CNED. En musique Marine devait ouvrir la porte de sa chambre, écouter les bruits de la maison et les décrire. Très drôle comme dit Camille : on n’entendait que les soubresauts du camping-car, le grincement des meubles qui vont bientôt tomber tellement ils vibrent, la grille du four qui s’entrechoque avec la plaque, grrrrrrrrr le CNEDHeureusement que le programme de Camille était aujourd’hui un peu plus cool. A midi nous décidons de nous arrêter dans un chemin parallèle pour déjeuner rapidement car le vent souffle si fort que nous avons la trouille. Et au moment de démarrer, surprise !!! Plus de contact. Obligés de sortir les outils et d’ouvrir le capot. Il fallait être deux pour tenir les portes et les fermer et le tout avec du sable plein les yeux. Une voiture s’est arrêtée (la solidarité est vraiment nécessaire dans ce désert) au moment où Jean-Paul a pu redémarrer pépère. Soulagement général, la poussière n’avait plus autant d’importance…. Nous arrivons fatigués dans ce minuscule village, isolé de tout. Nous décidons de prendre un camping, il faut faire du ménage et une bonne douche chaude s’impose. Le camping, qui nous a été recommandé est sordide. Je n’ose même pas prendre ma douche. Ca pue, c’est sale … le seul réconfort est la bonne pizza de la patronne qui nous attend après un bon dépoussiérage des lits et de la cuisine. Nous faisons les comptes du moi de novembre. On a explosé le budget, il faut faire attention le mois prochain. Ce soir, nous partons nous coucher avec les boules.
Lundi 3 décembre: LA CUEVA DE LAS MANOS
Ce matin, la tortue démarre : Ouf ¡ Jean-Paul s’arrête à la seule pompe essence du village et là catastrophe, impossible de redémarrer, ça recommence. Après une demi-heure de bricolage, d’énervement et d’angoisse nous repartons. Il y a de l’électricité dans l’air, les enfants sont pénibles. Camille grandit et devient une jolie ado. Le problème est qu’elle a le caractère qui va avec et ce n’est pas toujours facile à gérer. J’entends d’ici vos paroles : elle n’a pas finit, ce n’est que le début. Nous nous dirigeons vers la CUEVA DE LAS MANOS, située au bout d’une piste de 50 kms pas terrible du tout.
Par contre les paysages sont rapidement formidables. Nous avons l’impression que les pierres sont taillées et qu’elles ont soit l’apparence d’un indien, soit d’un animal. Inscrite au patrimoine de l’UNESCO, ce site archéologique renferme les plus belles peintures rupestres datant d’environ 9000 avant J.C. Elles représentent souvent des empreintes de mains en quantité de femmes, hommes et enfants, et des scènes de chasse au guanaco. On trouve aussi des pattes de nandou et peut-être des batraciens. Il y a aussi des dessins plus abstraits et qui sont d’une époque plus récente. La visite guidée est très intéressante. Faite en espagnol nous n’avons pas tout compris mais je pense que nous savons l’essentiel. Différentes techniques sont utilisées : le pochoir pour la plupart, ou encore la peinture est appliquée directement sur la main avant d’être posée sur la roche.
Il y a parfois des superpositions de couleurs : on peint la roche puis on fait un pochoir de la main. Les couleurs sont variées : du rouge essentiellement mais aussi du blanc, du noir, du rouge foncé voir violet et du vert. Les couleurs sont faites à base de pigments naturels (de la roche….) mélangés avec un fluide tel que le sang, l’urine ou l’eau. Tous les dessins ne sont pas interprétés : on suppose que certains représentent des femmes indiennes debout entrain d’accouchés ou encore des représentations du diable… On trouve essentiellement des mains gauches, car la droite servait à tenir le « pinceau » ou la pierre traversée par des tubes dans lesquels l’indien soufflait pour pulvériser la peinture. Certaines mains sont vraiment déformées, il en a même une qui a 6 doigts et ce n’est pas un trucage. La vue sur le Rio des Pinteras est aussi magnifique.
Il faut refaire le chemin inverse, mais au moment du départ, rebelote pas de contact. Nous nous tapons 180 kms de piste pour arriver au village PERITO MORENO sur la ruta 40. Jean-Paul s’aperçoit que le coffre arrière est resté ouvert avec les clés dessus (un jeu complet de toutes les portes et le coffre). Avec les vibrations de la piste ondulée, les clés sont quelque part sur la ruta 40.….. Je lance un appel, si quelqu’un retrouve un trousseau avec environ 15 clés, c’est le notre, nous sommes quelque part en Amérique du Sud. Heureusement, il parait qu’à Bariloche les serruriers sont très compétents (n’est ce pas Geneviève et Michel). De plus, le marchepied nous fait des siennes depuis quelque temps. Il ne veut plus se fermer. On s’en est aperçu quand un morceau s’est arraché… double grrrrrrrr pour ce soir. Vite, vamos nous coucher. Nuit au camping municipal de la ville de PERITO MORENO.
Mardi 4 au Samedi 8 décembre : ESTANCIA EL TELKEN
W70°80842 S46°81388
Nous voulions absolument visiter une estancia qui élève des moutons. Nous décidons de nous arrêter à l’Estancia TELKEN à 20 kms au sud de la ville de Périto Moreno. C’est super beau. Nous profitons de la campagne et d’un environnement accueillant. Les chevaux sont en liberté. L’herbe est verte. Il y a plein de chiens de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Les derniers bébés ont 8jours. Malheureusement la maman est décédée peu de temps après notre arrivée. Elle a été mordue par un puma. Les bébés chiots sont élevés au biberon. Les filles se régalent, plusieurs fois par jours nous allons les voir. C’est aussi la période de la tonte. Pendant 3 jours les gauchos habillés selon la tradition, et accompagnés de leurs chiens sont allés rassembler les moutons dispersés dans la pampa.
Le retour est un vrai spectacle. Tous les moutons se suivent à la queue leu leu tandis que les chiens surveillent et rameutent les retardataires. 8000 moutons sont parqués dans les prés.
En 1991, lors de l’éruption du volcan Hudson au Chili, tous les troupeaux de la région ont péris. La végétation a été engloutie sous les cendres. Les éleveurs ont tous perdus et nombreux sont ceux qui ont préférés se tourner vers l’élevage des vaches. Encore maintenant, quand le vent souffle, il déplace une poussière fine et grise.
Une petite cuisine avec un four est à notre disposition. C’est la fête à la maison. Nous en profitons pour faire des gâteaux et préparer des gratins. Les enfants se régalent de pouvoir se promener sans trop de surveillance. Régulièrement elles rendent visitent à un petit poulain qui a été séparé de sa mère. Il l’appelle toute la journée. On craque devant son museau tout blanc quand il boit un peu de lait.
Les chevaux ont de jolies couleurs. D’après les enfants les robes sont différentes. Le poil est brillant. Les crinières ont une coupe particulière. Quand aux selles, elles ont 5 ou 6 épaisseurs dont une peau de mouton. 
Le camping-car est entouré de poules et de poussins. Il faut faire attention de ne pas marcher dessus. Jean-Paul a trouvé un œuf tout frais au milieu du chemin. Les poussins ont un régime spécial, le maïs est moulu plus finement. Le coq est très impoli et nous empêche de dormir. Il chante à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. On lui tordrait bien le cou à celui-là. Pato, un vieux chien à la retraite suit Jean-Paul de partout, le problème est qu’il fait fuir tous les animaux, surtout les oiseaux. Nous faisons la connaissance de tout le personnel permanent. Et il y a du monde…. Victor, le cuisinier des gauchos nous invite à boire un maté. Tout de suite nous nous sentons bien avec lui. Il nous raconte plein d’anecdotes. Sa cuisine sent bon. Bon côté hygiène ce n’est pas ça du tout mais il est tellement gentil. Il cuisine encore sur un vieux poil à bois qu’il doit alimenter régulièrement. Il a du mal à nous croire quand on lui dit que nous ne cuisions plus sur le poil à bois. Les casseroles trainent de partout. Sa cuisine est notre nouveau quartier général. Le samedi suivant aura lieu le marquage des agneaux. Nous décidons de rester dans le coin pour ne pas manquer ça. Les filles avancent dans les devoirs et Jean-Paul en profite pour réparer « les dégâts » de la ruta 40 sur le camping-car. Le panneau solaire est en grève – comme en France – et ne veut rien savoir. Pourtant l’été s’installe petit à petit, c’est le moment de le faire fonctionner. Et puis, il y a toujours se problème de batterie. Jean-Paul fait tous les mécanos du village. Ils sont tous surbookés. Pourtant, il nous faut juste une petite soudure. Un ferronnier accepte de nous dépanner. Mais les dégâts sont un peu plus importants que ce que nous pensions. Une partie du support de la batterie est quelque part sur la routa 40. Mais nous ne pouvions pas le voir sans démonter. On en profite aussi pour changer nos pneus hyper usés. Voilà la maison toute belle et prête à repartir sur de nouvelles pistes pour de nouvelles aventures. C’est qu’il faut la ménager si on veut continuer…..
Petite anecdote des enfants - un soir que les filles regardent le ciel étoilé elles nous disent : on voit la Grande Ourse. On leur explique que ce n’est pas possible car dans l’hémisphère sud il faut chercher la croix du sud. En cœur elles nous répondent : ah c’est pour ça que dans le ciel il y a écrit « Amérique du sud ». Quelle imagination ces deux là.
Pour le marquage des agneaux, des ouvriers saisonniers sont arrivés en renfort. Ce matin là, les filles sont restées au lit alors qu’avec Jean-Paul on se lève de bonne heure pour ne pas en louper une miette. Les moutons sont parqués dans différents enclos avant d’arriver devant les gauchos. Là, ils sont triés. Certains moutons sont réservés pour la viande et seront amenés plus tard.
Les moutons des estancias voisines sont mis de côté tandis que les petits agneaux sont sauvagement attrapés. Les gauchos les bloquent pour ne pas qu’ils bougent. Les agneaux sont « assis » sur une planche en bois et le travail se fait à la chaine.
Un homme leur touche les coucougnettes, un deuxième leur met un élastique autour de la queue qui tombera toute seule au bout d’un mois. Le troisième met une bague de couleur verte à l’oreille (droite si c’est une femelle, gauche si c’est un mal). Le chef des gauchos a le travail le plus horrible. C’est lui qui coupe les oreilles. Chaque estancia a une marque distinctive. Ce n’est pas joli à voir. Les agneaux pissent le sang, des jets sortent des oreilles, les gauchos en ont de partout. Quel boulot !!! Après les tortures, ils sont en fin relâchés. Il y en a un qui aura la patte cassée dans sa chute.
Les agneaux sont séparés de leurs mères. Ils bêlent très forts. D’ailleurs pour ceux qui ne le savaient pas bé bé bé en espagnol ça veut dire « maman ». Camille et Marine ne sont pas restées longtemps. C’était assez impressionnant. Le midi nous avons tous partagés un asado –
le barbecue argentin. Il y avait deux enfants du même âge que les nôtres. Il a fallu deux gros moutons pour nourrir tout le monde. C’est impressionnant de les voir manger. Chacun a son propre facon aiguisé (un grand couteau) qu’il coince avec sa ceinture dans le dos. Il le sort et se découpe un gros morceau de préférence avec un os qu’il coince dans une tarta frita (sorte de pain) confectionné par Victor. C’est un régal. Evidemment nous ne sommes pas vraiment équipés en facon. L’agneau est accompagné de salade composée. Il y a une grosse cuillère dans le plat et chacun va manger directement à la cuillère. Avec Jean-Paul on n’ouvre de grands yeux. Là vraiment, même avec beaucoup d’effort, on ne peut pas…………….. Après le repas, les filles sortent les frisbees et les raquettes de badmintons. Les deux petits garçons ne connaissaient pas ces jeux. C’était sympa. Du coup dès qu’il y avait quelque chose d’intéressant, les enfants venaient nous chercher. Ils sont en général très curieux et posent plein de questions. Ils se mettent toujours à notre portée et utilisent des mots simples.
A tour de rôle, les employés viennent visiter le camping-car. Ici c’est une grande famille. Il y a beaucoup de travail mais les employés sont heureux. Normalement il devait y avoir la tonte des moutons la semaine suivante. Nous ne voulons pas la louper. Nous décidons de partir visiter les alentours et nous reviendrons dans quelques jours.
Dimanche 9 au mercredi 12 décembre : PERITO MORENO ET LOS ANTIGOS
W70.92593 S46.59581
W71.60810 S46.54533
En quittant le village, nous sommes attirés par les hennissements des chevaux et de la musique. Périto Moreno organise une « JINETEADA ».
C’est une grande fête traditionnelle où les gauchos viennent se mesurer entre eux. Ils portent les vêtements traditionnels
(Bombachas, rastra…… et bérêt). Aux pieds ils ont des bottes en peau et les poils de la bête se trouvent à l’intérieur. C’est magnifique. Il y a de jolies couleurs vives.
Les enfants ont souvent le même costume que le papa. Ils doivent dresser un cheval sauvage en 15 secondes. Quand la cloche retentit, si le cavalier n’est pas déjà tombé, deux autres hommes à cheval aussi le soulèvent tandis que le cheval sauvage galope comme un fou.
On a vu quelques belles gamelles. Les gauchos sont très fiers. Un adolescent joue à chaque cavalier une complainte à la guitare. Elle est parfois gai mais souvent triste car très peu réussisse l’exercice. En fin d’après midi nous prenons la route pour Los Antiguos qui se trouve sur le lac Buenos Aires à la frontière chilienne.
C’est la capitale de la cerise. Un cultivateur en camionnette nous arrête sur la route pour nous vendre sa récolte. Il est impossible de résister à la gourmandise, surtout que les cerises sont bien noires. Le village est très gai. Nous dégustons une bonne assiette de saumon au restaurant. Le camping municipal est très bien. Nous resterons là 3 jours à faire des balades au bord du lac qui est d’une jolie couleur bleue. Noël approche. La ville est très peu décorée. Nous sommes loin de l’effervescence de la France. Ici, Noël est fêté, mais c’est bien moins commercial. Les enfants nous réclament un vrai noël avec un sapin et des guirlandes. Mais nous ne trouvons rien du tout. Ca commence à grincer des dents, on promet de faire le maximum. Retour sur Périto Moreno ou nous trouvons un tout petit sapin qui tient sur la table. Lors des repas on le « range » sur le lit. Finalement tout est rentré dans l’ordre, le camping-car est décoré, les enfants excités envoient une lettre au Père Noël. Marine s’inquiète de savoir si le gros bonhomme rouge avec une barbe connaît bien notre nouvelle adresse. Pourtant elle connaît le « secret ». Mais c’est ça la magie de Noël : du rêve et de l’espoir.
Nous retrouvons Renata et Bruno de nationalité suisse. Nous décidons de retourner ensemble à l’estancia pour voir la tonte.
Jeudi 13 au samedi 15 décembre : ESTANCIA EL TELKEN (SUITE)
Nous attendons l’arrivée de la machine à tondre. Elle est coincée quelque part à 200 kms au nord. C’est une grande machine où 10 hommes peuvent tondre en même temps. Elle passe d’estancia en estancia. Nous attendrons désespérément 3 jours avant de capituler. Elle n’arrivera pas tout de suite et nous décidons de reprendre la route. Nous sommes un peu déçus. Nous profitons de ces petites vacances pour faire le ménage à fond. Victor nous invite à déguster une brioche maison et des tartas fritas, un régal. Il a recueilli un petit agneau qui a perdu sa maman. Les filles sont aux anges quand il faut lui donner le biberon.
Bruno nous offre des petits pains aux noix maison. C’est le meilleur pain que nous mangeons depuis 3 mois. Renata nous invite à déguster un délicieux gratin dauphinois. Un régal pour nos papilles…. En fait on passe 3 jours à bouffer.
L’été s’installe, nous troquons les bonnets et écharpes contre les shorts et les tee-shirts. Les vacanciers affluent. Un soir un car d’allemands arrive et nous crions en cœur : Ah non pas des touristes !!!! Deviendrait-on un peu sauvage….
Un matin Victor vient nous chercher car ils vont tondre 2 moutons au ciseau avant de les tuer. Après la tonte, ils sont tout maigres. A chaque mouton on retire 4 à 5 kg de laine qui seront vendus pour 10 pesos (2,5 Euros). Ensuite les deux pauvres sont égorgés. Les enfants sont rentrés, avec Jean-Paul je reste pour voir au moins une fois. Mais c’est horrible quand ils retirent la peau et tout le reste. Je ne peux pas raconter. Nous repartirons avec des gentils présents offerts par Victor. C’est vraiment un homme adorable mais qui vit dans un autre monde.
Dimanche 16 au mardi 18 décembre : CARRETERA AUSTRALE
W72,80903 S46,21776
Nous passons la frontière chilienne après Los Antiguos. C’est la première fois que l’on nous demande de faire descendre les enfants. Deux femmes montent à bord et fouillent en détail. Nous venons juste de faire le plein de cerises, fraises et tartes aux fruits. Les douaniers n’ont toujours pas trouvés nos bonnes cachettes. <nous avons eu trop peur, c'est la dernière fois que l'on fraude. Nous longeons les rives du lac Buenos Aires qui se prolonge du côté chilien sous le nom de lac général carrera. C’est parti pour 800 kms de piste.
Que dire de la fameuse carretera. ......Au premier village, on nous indique la direction. Il faut passer un gros trou. Jusque là tout va bien. Au bout du chemin, nous sommes coincés à cause du porte à féaux. Il faut faire demi-tour sur un chemin étroit et en côte. Plus loin, une autre côte. Jean-Paul s’y reprend à 3 fois avant d’arriver au sommet. Après un bref regard, on se pose des questions : on continue ou pas ? Il n’y a pas de raison……. on continue. Cette route épique est très excitante mais certains tronçons sont difficiles. Les travaux de voiries sont un cauchemar. Il faut respecter les horaires de passage si on ne veut pas être engloutis sous la roche qui est pétée à la dynamite. La piste est souvent étroite et gravillonnée, on ne peut pas se croiser à deux. De plus il n’y a pas toujours de barrière de sécurité et nous sommes sur la falaise à 100 m au dessus du lac. On sert les fesses… La végétation est variée. Il y a des jolies fleurs rouges, jaunes, roses et violettes. Camille qui est de plus en plus à la place passager, répertorie tout ça et nous commente la végétation. Le paysage est magnifique.
Le lac prend des couleurs différentes selon la luminosité : turquoise, vert, blanc laiteux, bleu foncé et parfois transparent. Nous sommes entourés de montagnes aux cimes enneigés qui se reflètent dans le lac. Les paysages sont de toute beauté. Nous ne nous lassons pas d’admirer. Le seul problème est que tout vibre dans le camping-car. Le four a encore perdu une vis. Nous passons la première nuit au bord du lac à Mallin Grande.
Nous reprenons la piste pour nous arrêter visiter en bateau les grottes de la Capilla de Marmol à Puerto Rio Tranquilo.
Ce sont des cavernes ou l’intérieur est recouvert de marbre brut. On distingue toutes les veines. On a l’impression que l’intérieur est travaillé au burin. C’est vraiment très beau. Le bateau s’arrête un moment et nous pouvons descendre au milieu de ces cavernes. 
50 kms plus loin nous croisons Nathalie, Denis, Oécane, Timoté et tata Jennifer. Nous attendions cette rencontre avec impatience puisque nous communiquions déjà sur internet. C’est un plaisir pour tout le monde. Les enfants qui sont du même âge se disputent des parties de nintendo endiablés (apparemment ils arrivent à tous se connecter mais je n’en connais pas plus).
Nous resterons deux nuits à camper au bord de l’eau. C’est un régal. Apéros et barbecues rythment les journées riches en échange. Nathalie a une bonne idée en sortant une canne à pêche. Il y avait une seule truite et elle a été pour nous.
A neuf, c’était un peu juste mais tellement sympathique de voir les enfants s’éclater. Denis nous a copié plein de films. Depuis les filles ne veulent plus sortir, elles sont en manque de télé…… Les discussions sont animées. Le plus drôle est que Denis connaît André le frère de Jean-Paul. Jennifer initie Marine à la flute traversière pendant que Camille nous joue quelques notes de violon.
Nous reprenons chacun notre route. On essayera de les retrouver à Santiago avant leur départ pour l’Australie. Allez voir leur site. Il est très gai, coloré, plein d’humour, à l’image de la famille : http://latortueselene.com
Mercredi 19 au jeudi 20 décembre : CARRETERA AUSTRALE (SUITE)
Nous reprenons notre route verdoyante avant de croiser Elisabeth, son mari et Véronique. Ils sont en route depuis 18 mois maintenant et ne compte pas s’arrêter tout de suite. Ils nous ont transmis beaucoup d’infos intéressantes. Ils sont vraiment super (www.touthorizon.com) . La végétation change du tout au tout. Nous traversons une jungle. La forêt est épaisse, le soleil pénètre à peine. C’est très joli le matin au réveil, quand la brume est encore là et que les gouttelettes scintillent au soleil. Les bas-côtés sont bordés de feuilles immenses qui peuvent atteindre 2 mètres de haut et autant de circonférence. Au centre il y a un gros pistil rouge flamboyant. On avale les kms jusqu’à Coihaique ou nous passons la nuit avec Renata et Bruno. Nouvelle journée de route. On en a un peu marre et nous sommes tous les 4 fatigués d’être ballotés dans tous les sens. Il y a un bruit bizarre à l’extérieur du camping-car. En fait nous avons crevés. C’est la première fois, il fallait bien que ça arrive…. En plein soleil, Jean-Paul change la roue. Nous traversons la frontière de l’Argentine au niveau de Futaleufu pour passer la nuit à Esquel
.
Vendredi 21 décembre : ESQUEL – COMMUNAUTE MAPUCHE
W71,33378 S42,91124
Nous avons beaucoup de chance car nous pouvons assister au départ du célèbre petit train LA TROCHITA : ancien express de Patagonie. Il ne dépasse pas les 30 km/h de moyenne. La réalisation de la ligne a duré 40 ans. C’est le dernier train à vapeur à circuler sur une grande distance. Il nous amène jusqu’à une communauté mapuche. C’est surtout touristique et un peu décevant. Seulement 3 familles vivent ici. Il y a une toute petite école décorée avec des peintures. En mars, toutes les communautés organisent une grande fête dans la campagne. Mais elle est interdite aux publics car c’est une fête importante ou ont lieu des sacrifices de chevaux : « le sang retourne à la Terre ». Le petit musée regorge d’artisanat et de magnifiques photos. 
Samedi 22 au lundi 24 décembre : EL BOLSON
W71,56371 S41,94270
Nous avons quittés la Patagonie et le vent j'espère. En résumé, la Patagonie évoque les grands espaces, les plateaux interminables, la végétation courbée par les vents fous, les mers rugissantes, les glaciers qui vêlent dans l'océan, les montagnes belles et sévères. La Patagonie, c'est la Terre de feu, le détroit de Magellan, la Pampa interminable, Ushuaïa, le bout du monde. C'est une terre qui fait rêver car elle reste parmi les ultimes terres vieres. Elle évoque les beaux paysages du monde, les confins isolés, les contrées inaccessibles. Les lieux sont souvent abandonnés.
ON VOUS SOUHAITE A TOUS UN TRES JOLI NOEL ET A L’ANNEE PROCHAINE 
Nous entrons maintenant dans la région des lacs.
Depuis 3 jours nous sommes au camping qui jouxte la cervezeria. La bière est brassée et vendue sur place. Je peux vous dire qu’elle est délicieuse mais qu’elle tape un peu. Il fait très chaud, on se traine …. Nous préparons NOEL et le Père Noël a enfin trouvé un magasin de jouets. Il était temps. Nous restons 3 jours à lézarder. Ce village est plein de vie. Le marché artisanal est bien fourni. La carte bleue chauffe un peu….. Un soir que nous mangeons une tranche de roti froid excellente, Camille fait la fine bouche. Elle trouve qu'il n'est pas bon. On lui explique qu'elle en mange en France et que le cochon est le même partout. Elle part dans un long commentaire en nous expliquant que les normes ici ne sont pas les mêmes qu'en France et donc ce n'est pas bon. On laisse tomber quand Marine trouve sa tranche un peu foncée par rapport à la notre. Et là, mademoiselle nous raconte que son cochon avait certainement un gros grain de beauté juste au niveau de sa tranche. Ou vont elles chercher tout ça ?
Moment étrange : pour nous c’est Noël en maillot de bain. Nous profitons de la WI-FI pour téléphoner en France. Il est temps pour nous de préparer notre repas de ce soir que nous passerons avec RENATA ET BRUNO. 






Mardi 25 et Mercredi 26 décembre :SAN CARLOS DE BARILOCHE
W71°56371 | S41°94270 |
Hier soir, nous avons passés une soirée de Noël bien sympathique en compagnie de Bruno et de Rénata qui nous a préparé un excellent gâteau.
Grâce à Geneviève et Michel qui ont rencontrés le Père Noël à Ushuaia, celui-ci a bien trouvé notre maison. Les enfants ont été gâtés et se sont couchés très tard. Autour de nous les campeurs argentins fêtent gentiment la naissance du petit Jésus autour d’un asado. Il y aura quelques pétards vers minuit. Nous prenons ensuite la route pour BARILOCHE, destination phare de cette région. C’est le lieu de rendez-vous des randonneurs, des pécheurs, mais aussi de la jet-set. BARILOCHE est la capitale du chocolat et la meilleure station de ski de la région (paraît-il !). La nature est spectaculaire et sauvage. Tout nous rappelle les Alpes : le lac, les montagnes enneigées, les forêts de sapins, les chalets de pierre et de bois local, l’architecture de montagne…et en plus les glacessont excellentes. Il fait très chaud (environ 35°), les filles prennent leur premier bain dans le lac Nahuel Huapi qui doit être à 18 degrés. Les plages sont prises d’assaut. Il est possible de longer ce lac jusqu’à la péninsule LLao LLao. Les paysages sont encore une foismerveilleux. Nous passons la nuit près du Cerro Catedral avec Bruno et Rénata. Le bivouac est génial.
Une grande étendue d’herbe, des fleurs mauves, une rivière où l’eau est transparente… Les enfants fabriquent des bateaux avec des bouteilles.
Elles les laissent descendre au maximum et les rattrapent au vol avec le manche à ballet. Marine se régale de faire la vaisselle dans la rivière. D’ailleurs un de nos verres se balade encore dans le rio. Quand à Camille, elle a pris ses premiers cours de majorettes. Nous voudrions que le temps s’arrête là. On se sent vraiment bien. Si c’est possible, nous reviendrons passés une semaine l’été prochain.
Jeudi 27 décembre : VILLA LA ANGOSTURA
W71°66968 | S40°73915 |
Nous quittons nos amis suisses pour visiter la région des lacs qui longe la Cordillère des Andes. Nous finissons l’après-midi à flâner dans le centre ville de Villa La Angostura. Les filles prendront un autre bain glacial dans les eaux translucides pendant que les parents admirent les montagnes déchiquetées. Nous dormons près de la plage, entourés d’une forêt d’Arrayanes, arbres couleur canelle et variété locale de myrte protégée.
Vendredi 28 décembre : LAC HUECHULAFQUEN
W71°52737 | S39°72336 |
Petit arrêt à Junin de los Andes, capitale de la pêche à la truite. Toutes les pancartes de nom de rue ont un poisson dessiné. Alors que nous nous arrêtons dans une station essence, il y a des grands tableaux avec des jolies choses accrochées. Karine s’avance pour admirer des boucles d’oreilles mapuches. En fait, se sont des hameçons pour la pêche à la mouche…. Pas très douée en matière de pêche…. Nous entrons dans el Parque National Lanin pour camper près du lac Huechulafquen. Il y a plein d’accès au parc et nous avons choisi le seul qui est payant. Grrrrrr….. On vient de se taper une piste pas facile alors on reste. Tous les abords du lac sont équipés en camping. Il n’y a pas moyen de faire de camping sauvage. Les campings organisés permettent aux concessionnaires Mapuche de tirer un profit de la terre qui leur a été retirée par le gouvernement argentin il y a un siècle. Solidarité, nous nous arrêtons au camping Piedra Mala tout au bout du lac. Bain gelé pour les filles dans un lac miroitant. Coucher de soleil magnifique sur leVolcan Lanin couronné de neige.
Samedi 29 décembre :ALUMINE
W70°91844 | S39°29337 |
Après une matinée studieuse nous partons pour une gentille randonnée de 2 heures qui nous permet de rejoindre la Cascada El Saltillo, chute d’eau qui gronde au milieu de la forêt. Aujourd’hui il fait froid, les températures chutent (environ 18 degrés) et il pleut. Nous passerons l’après-midi à parcourir 160 kms de piste à 30kms/h avant d’atteindre ALUMINE. On campera près d’une rivière à l’abri des regards.. Tandis que Camille dévore le « club des cinq » ou ses livres d’ados, Marine commence son premier livre toute seule. Elle lit vraiment très bien et apprécie de pouvoir se débrouiller toute seule (merci Tymothée).
Dimanche 30 décembre :LONCOPUE
W70°61557 | S38°07803 |
Il fait toujours froid. Nous sommes en altitude. Nous passons la journée sur la route. A l’entrée de la piste, sur la pancarte qui annonce la route n° 71, est accroché un crâne de huelmes. Est-ce pour nous décourager
d’entreprendre ce difficile trajet ? La piste qui longe le Lago Aluminé est effectivement difficile mais splendide. On monte en altitude pour atteindre 1500 m d’altitude. On dormira près de l’office du tourisme de LONCOPUE, à côté d’une rivière. Les filles sont heureuses car près du camping car est attaché un cheval. Mais il ne se laisse pas approcher. Ce soir, c’est soirée cinéma. On s’installe confortablement tous les quatre dans le lit des parents, lumière tamisée, ambiance décontractée, merveilleuse soirée en famille….
Lundi 31 décembre :LES THERMES DE LAS MAQUINAS - LAS LAJAS
W70°36747 | S38°53901 |
Grande journée. Déjà c’est la dernière de l’année, le soleil et le ciel bleu sont au rendez-vous, mais il ne fait pas très chaud au réveil. On ne sait toujours pas où nous serons ce soir. Dans les petits villages rien n’est prévu. Tant pis on improvisera. Nous prenons la route pour nous rendre à Copahue au bout du monde près de la frontière chilienne pour prendre un bain de boue aux termes publiques de Las Maquinas.
Nous atteignons 2000 mètres d’altitude. Nous arrivons face au volcan Copahue encore tout enneigé. Nous avons vu des lieux superbes dans la région des lacs, mais là c’est hallucinant. Les montagnes se reflètent dans des lagunes aux couleurs turquoises ou vertes. Partout, des moutons et des chèvres en pâturages surveillés par les bergers à cheval. Il faudra nous arrêter pour laisser passer un troupeau. Nous sommes des étrangers, ici c’est le territoire des animaux qui sont toujours en liberté.
Des chevaux se rafraichissent dans les rivières. Nous descendons jusqu’aux termes par une piste en pente où la terre est meuble. Le cadre est paradisiaque. La rocheest rouge, une odeur de souffre se répand dans l’air. Les bassins sont naturels, à ciel ouvert. Il fait 18 ° à l’extérieur, et l’eau est à 40 °. Par endroit la boue est tellement chaude, qu’on ne peut pas poser le pied. Cette eau provient de zones volcaniques très nombreuses dans cette région. De la vapeur se dégage de la roche. En se mettant à l’abri dans les rochers, on bénéficie d’un vrai sauna. A 20 mètres, il reste de la neige éternelle. Karine se régale les fesses dans la boue, Jean-Paul apprécie modérément, quand aux filles, ce n’est pas leur tasse de thé. Nous décidons de reprendre la route. Et là c’est l’horreur. Le camping- car dérape dans la côte, on ne pourra pas remonter. La policia thermal prend sa pause déjeuner et doit nous envoyer de l’aide qui ne viendra jamais. Il est midi, nous attendons … alors qu’avec ledécalage horaire les Philippines fêtent la nouvelle année. Vers 14h00, un touriste argentin part chercher de l’aide. Alors que nous disputons une partie de pétanque intense, une camionnette arrive avec 5 hommes pour nous remorquer. Grosse frayeur, les deux véhicules dérapent ensembles. 4 hommes pousseront le camping-car au milieu de la poussière. Tout le monde arrive au sommet. Remerciements, blagues, bises… on a eu chaud. On se voyait passer le réveillon dans la boue. Visite des thermes touristiques très classes et assez chers de Copahue. Nous reprenons la route jusqu’à LAS LAJAS. Nous arrivons en fin d’après-midi, le temps de faire la visite guidée de la ville et de préparer notre soirée. Ici il n’y a pas de fête à part dans les boites. Vers 19h00, au moment de nous installer, grosse panne générale…. le boitier de charge dela cellule ne charge plus justement. Il n’y a plus d’électricité, donc plus de frigo, pas d’eau du tout….. l’angoisse… Alors qu’en France, on fête la nouvelle année, Jean-Paul essaye désespérément de tout démonter. Rien, rien , rien . Il est trop tard pour trouver un électricien et demain c’est férié. Il n’y a pas de camping, une station YPF accepte de nous brancher l’électricité pour préserver les médicaments de Camille. Mais il n’y a toujours pas de lumière dans la cellule. On passera la soirée aux chandelles à siroter une imitation de « MOET ET CHANDON » qui a un goût plutôt amer ce soir. Tout le monde annonce ses bonnes résolutions que nous garderons pour nous, mais on a bien ri. Ce n’est quand même pas le réveillon dont nous rêvions.... On s’enrappelera.
A TOUS, BONNE ANNEE 2008
MARDI 1erJANVIER 2008 : LAS LAJAS
W70°36747 | S38°53901 |
Après une nuit un peu angoissante à essayer de trouver une solution, Jean-Paul décide de tout démonter à nouveau puisque de toute façon il faut faire quelque chose. Et comme dit Sylvie, tel le sphinx qui renaît, 2008 commence bien. Tout remarche. C’est à ne rien comprendre. Dans sa lancée, Jean-Paul décide de regarder le panneau solaire qui a un court circuit, il démonte toutes les cloisons intérieures et refait le circuit électrique. C’est un miracle, le panneau fonctionne à nouveau. Du coup, il s’en prend à la pompe qui n’aime pas non plus la piste. Impeccable. La remise en état mécanique terminée, c’est le ménage de printemps qui commence. Les enfants se remettent aux cours, c’est vraiment très dur car il fait chaud. Nous voilà fin près pour repartir demain. Le moral est revenu. Tout va bien. On se paye une soirée cinéma au lit. Avant de se coucher, nous sortons voir le ciel et les étoiles. Et là surprise ! Un volcan au Chili est en éruption. Une grosse fumée noire qui prend la forme d’un champignon s’élève dans le ciel et avecle vent se répand partout à l’horizon. C’est à la fois angoissant (mais nous sommes loin) et incroyable de pouvoir assister à un phénomène naturel comme celui-ci.
FINALEMENT L’ANNEE COMMENCE BIEN ET LA VIE EST TOUJOURS AUSSI BELLE. 
Mercredi 2 au Dimanche 6 janvier 2008 : MALARGUE
W69°58848 S35°46656
Nous avons repris notre route en direction de Malargüe sur la ruta 40. Le moral est au maximum mais pas pour longtemps….
Il nous faut parcourir 500 kms aujourd’hui. Il fait chaud et la route est sans grand intérêt. Sur la piste, nous croisons un camion rouge en panne. Il a perdu toute son huile. Sur la ruta 40, on ne peut qu’être solidaire. Jean-Paul lui cède ses 2 litres de réserve. Malargüe est encore à 200 kms, il n’y arrivera jamais. On propose aux 2 passagers de les emmener, ils refusent poliment. Tout le monde reprend sa route à son rythme. On se tape encore de la piste pas sympa du tout. Le chargeur pète à nouveau les plombs, nous aussi. Heureusement, nous arrivons à le réenclencher. Je pense qu’il n’aime pas la piste du tout. Une dizaine de kms avant d’arriver à Malargüe, Jean-Paul ressent comme une petite faiblesse dans la carcasse du camping-car. Sous le capot, les chevaux sont en perte de vitesse. Peut-être une cochonnerie dans le carburant. Nous arrivons tant bien que mal à l’office du tourisme qui nous conseille un taller (garage). Entre-temps, la maison fuit, panique à bord. Un jeune couple nous voyant dans le pétrin, propose de nous emmener chez le garagiste qui accepte de venir, il est 22 h00. Une grande horloge construite pour commémorer le 50ème anniversaire de la ville nous apprend que l’Argentine a changé d’heure il y a déjà plusieurs jours (plus que 3 heures d’écart avec la France). Comme nous vivons au rythme du soleil, cela ne nous a pas beaucoup perturbés. D’après le garagiste, le moteur a beaucoup trop chauffé (il a fait 38 ° aujourd’hui), et la sécurité du radiateur s’est mise en marche. Il faut attendre demain pour savoir si tout est rentré dans l’ordre. En début d’après-midi, il nous conseille de faire la sieste et de ne pas rouler. Nous passons la nuit bien fatiguée devant chez le garagiste.
Le lendemain, le radiateur fuit toujours. Nous partons à la recherche d’un spécialiste des radiatores qui nous bidouille une réparation en 2 heures de temps (montage et démontage). D’après lui, c’est un défaut de fabrication. Tout va bien pour l’instant. Nous passons l’après-midi à visiter la ville et à organiser nos prochaines sorties. Malargüe est une petite ville de 23 000 habitants, située dans l’aride pré-cordillère des Andes, à 1400 m d’altitude. Elle vit essentiellement du pétrole, de la culture des pommes de terre et depuis peu du tourisme. Nous partons avec une agence de voyage visiter la laguna llancancelo, au cœur de la réserve animalière du même nom. C’est un lac de haute montagne qui accueille de nombreuses espèces d’oiseaux, dont des flamants roses. Malheureusement, nous ne comprenons pas toutes les explications du guide qui parle très vite. Nous finissons par une longue marche au cœur d’un volcan éteint qui domine toute la laguna qui est encore plus belle vue de haut.
Le lendemain, nous partons toute la journée avec cette même agence pour visiter le Parc Provincial Payunia qui se trouve à 200 kms au sud. Celui-ci regroupe sur 450 000ha, la plus grande concentration de cônes volcaniques au monde, 830 exactement (soit 32 volcans au km2). C’est d’une beauté à couper le souffle. Les plus grands volcans sont el Payun Matru (3715 m), et el Payun Liso ( 3680 m). Après sa dernière éruption, le Santa Maria est entouré de 17 kms de lave.
Ce paysage lunaire est spectaculaire. Nous sommes au milieu d’une pampa négra, vierge de toute activité. Il n’y a pas de chemin, seulement les traces des véhicules de tourisme qui sont les seuls autorisés à pénétrer ici. Il existe au monde huit sortes de volcans, et six sont présents dans ce parc. Tout dépend de la forme, du type et de la force de l’éruption…. Les volcanologues ne sont pas tous d’accord. Comme nous explique le guide, il y a le volcanologue del campo ou le volcanologue scientifique. Lequel croire ? Le guide nous amènera dans le creux d’un cratère dont la roche est rouge.
Seuls quelques guanacos nous regardent passés. La journée a été très enrichissante. C’est le premier jour du 23ème festival national del Chivo. Des moutons et des chèvres sont exposés tandis que des chanteurs et danseurs locaux se produisent. Les hommes ont revêtus la tenue traditionnelle de gaucho. La musique n’est pas très rythmée, mais c’est sympa. Cela nous rappelle les bals de village. Nous avons trouvés un petit « camping libre » abrité avec eau à volonté, derrière une station d’essence. Le dimanche en fin de matinée, nous reprenons la route en direction de El Nihuil, un tout petit hameau au bord du bassin du même nom. A 10 kms du village, un 4x4 arrêté sur le bord de la route nous fait des grands signes. Il est enlisé dans le sable et ne peut pas s’en sortir tout seul. Il y a 5 enfants à l’arrière en plein cagnard, dont un bébé de 1 mois. Impossible de le pousser à la force des bras. Jean-Paul décide de le tirer avec le camping-car. Après une petite sueur et quelques doutes, le 4x4 a pu reprendre la route. Nous passons la fin d’après-midi sur une plage aménagée au bord du bassin. Il fait tellement chaud que nous nous baignons tous les 4. Finalement on décide de rester sur la plage pour la nuit.
Lundi 7 et mardi 8 janvier 2008 : SAN RAFAEL
W68°37069 S34°64599
JOYEUX ANNIVERSAIRE TONTON CHRISTIAN.
On rejoint San Rafael en passant par la piste qui longe le Rio Atuel. Nous traversons les magnifiques paysages du Canon Del Atuel. La population locale compare ce ravin aux couleurs ocre, au grand canyon en Arizona. La piste descend jusque dans le lit du ravin, soit un dénivelé de 500 m. Le canon a une longueur de 50 kms. C’est grandiose. Paysage de rêve. Le seul problème est notre chargeur qui fait toujours des siennes sur la piste. 
Puis on entend un bruit bizarre. Après une rapide inspection, rien de spécial. Il fait encore plus chaud aujourd’hui.
Arrivée à San Rafael, nous téléphonons rapidement à Christian, puis nous cherchons la poste pour envoyer en rapido les lunettes de Camille en réparation à Rennes. Et là une autre surprise nous attend, un pneu arrière est complètement déchiqueté. Voilà d’où venait le bruit. Après avoir fait une bonne partie des vendeurs de pneu, personne de possède notre taille. Il n’y en a pas non plus à Mendoza, la capitale de la province. Demain, le vendeur téléphonera à Buenos Aires pour essayer de nous en faire livrer « rapidement ». En plus, le spécialiste de l’électricité dans les voitures ne voit pas d’où vient notre problème de chargeur. Il est déjà 20h30, il nous faut trouver de l’eau. Pour ce soir, on s’offre un petit luxe : camping avec piscine. C’est bon pour le moral. Les filles en ont raz le bol de la route et elles sont très fatiguées à cause de la chaleur. Aujourd’hui, nous avons atteint 45° dans l’après-midi, 38° à 20h30 et 28° à 23h00. Demain tout ira mieux.
Mercredi 9 et jeudi 10 janvier 2008 : VILLA MERCEDES – ALTA GRACIA
W64°40729 S31°65083
Impossible d’avoir des pneus à notre taille. Jean-Paul opte pour des pneus plus grands et tout terrain. A nous les pistes. A tour de rôle les employés viennent faire une visite guidée de la maison. Nous reprenons la route en direction de Cordoba. Il y a encore beaucoup de route à faire et pas grand-chose à visiter dans les alentours. La route est monotone. Plus besoin de superlatif pour vous décrire les paysages. Nous passons la nuit à Villa Mercedes, une petite ville. Il n’y a pas de camping et la police nous conseille de ne pas trainer en ville, il vaut mieux aller stationner dans une station service. Ce n’est pas rassurant du tout. Le lendemain nous arrivons à Alta Gracia, charmante petite ville de 40 000 habitants. C’est ici que la famille du jeune Ernesto Guevara s’est installée dans les années 1930.
Le Futur Che avait alors 4 ans. L’ancienne demeure familiale est aujourd’hui un musée. Y sont exposés divers objets lui ayant appartenus, des photos de famille et des témoignages poignants de son ancienne nounou, d’amis d’école ou encore de son ancienne maîtresse. Fidel Castro (Cuba) et Chavez (Venezuela) sont venus ici l’année dernière. 
L’estancia jésuite Alta Gracia est aussi une des principales attractions de la ville avec son adorable église datant de 1643. C’était une véritable industrie agricole. Dirigée par les pères jésuites, les estancias étaient très prospères. Les esclaves y trouvaient une « famille ». Pourtant nombreux étaient ceux qui n’avaient aucune rémunération. Les meubles d’époque et le matériel agricole ont gardé toute leur splendeur. Le soir, nous nous installons dans un parc pour assister à la nuit du tango. Après une heure de retard, les chanteurs locaux se sont succédés pour notre grand bonheur. Les musiciens étaient de véritables maestro. Quand aux danseurs, nous restons un peu sur notre faim. Il n’y avait que des anciens. La doyenne, 80 ans bien tassés, est venue nous embrasser. Elle n’a pas arrêté de parler. Non seulement nous n’avons pas tout compris, mais elle ne s’est même pas aperçu que nous étions étrangers. C’était une soirée super sympa. Les argentins sont vraiment fière du tango, c’est la culture de tout un peuple mais aussi une partie de son histoire. 

Aujourd’hui nous avons commandé en France un nouveau chargeur qui nous sera livré par DHL à Cordoba la semaine prochaine.
Vendredi 11 au Dimanche 13 janvier 2008 : JESUS MARIA
W64°09034 S30°99731
Jésus Maria au nord de Cordoba accueillait le 43ème festival de Doma y Folklore, une célébration annuelle de l’art de monter à cheval et des coutumes gauchos.. Après avoir pris nos quartiers dans un petit camping avec piscine, nous voila parti pour une soirée typique. Le spectacle était autant sur scène que dans l’emphithéâtre.

L’ambiance est chaude et ressemble à celle de la féria de Nimes. Nous avons beaucoup ri. Il y a les vrais gauchos, mais aussi les faux avec des tenus farfelues. Un homme en habits traditionnels a passé la soirée le portable collé à l’oreille, c’est le choc des générations. Sur scène, des groupes connus se produisent. Entre deux verres, la foule chante avec enthousiasme les rythmes latinos. Nous nous laissons complètement emportés par cette magie. Le spectacle à cheval nous fascine.
Le premier soir, tous les gens autour de nous brandissaient des pancartes avec des messages pour la famille ou les amis au nez de la télévision nationale. Du coup, nous y allons aussi de notre pancarte avec « Viva la Francia ». Nous aimons tellement que nous en redemandons 3 jours de suite. Nuit gaucho, matinée dodo, après-midi piscine. Du coup les devoirs n’avancent pas. Le dernier soir, les enfants décident de s’équiper et nous repartons avec des cravaches, des pantalons gauchos,
des foulards, des ponchos..…. Pendant le spectacle, les filles décident de faire des avions avec les prospectus qui sont distribués. Camille enverra un avion dans les cheveux d’une dame qui a une choucroute sur la tête et qui ne s’en apercevra pas tout de suite. Nous attrapons un véritable fou-rire et tous nos voisins en font de même. Le dimanche, une famille vient fêter le baptême d’un petit bout’chou de 3 semaines au camping. La stéréo est à fond. Nous lorgnons le barbecue qui est très alléchant. Les heureux parents viennent avec une assiette pleine de boudins, viandes. Miam, Miam. Ensuite nous avons goutés le gâteau. Un délice ! 
Lundi 14 et mardi 15 janvier : RIO PRIMERO
W63°62465 S31°33084
Nous retrouvons à Rio Primero la famille de Yanina qui est une amie de Frédéric et qui nous a ramené de France des livres. Nous sommes accueillis comme des rois. C’est une famille vraiment très hospitalière. Alors que Miguel prépare l’asado, Licia nous cuisine un festin. Nous faisons la connaissance de Manuel, l’homme de la famille, Carolina et son ami, mais aussi Lorena. Miguel est propriétaire « de un campo » à 220 kms de Rio Primero. Il élève des chevaux, des vaches et quelques moutons. Il y va toutes les semaines et ne rentre que 2 jours par semaine pour aider Alicia qui tient « un negocio » et qui emploie plusieurs personnes. On trouve de tout dans son magasin : souvenirs, sac, vaisselles, jouets, carterie … et encore beaucoup d’autres trésors. Après un succulent repas, nous visitons la petite ville avant de gouter et diner une merveilleuse pizza. Journée d’échange intense puisque nous avons pu discuter de tout. Les argentins travaillent 70 heures par semaine et ne prennent que 10 jours de vacances l’été et 10 jours en hiver. Miguel souhaite prendre sa retraite mais il n’aurait pas assez pour vivre. La vie est de plus en plus chère. Nous sommes étonnés de voir autant d’adolescentes avec des bébés. Lorena m’explique qu’il y a encore beaucoup d’enfants qui ne vont pas à l’école et ne reçoivent pas d’éducation. De plus, la sexualité est un sujet tabou et l’éducation sexuelle n’est pas au programme scolaire. La misère est partout. Licia téléphone à Yanina en France, qui prévient Frédéric de notre arrivée, qui nous téléphone aussitôt. C’est génial. Nous partons les bras chargés de cadeaux pour les enfants et pour nous-même. La famille part en vacances là ou nous devions aller s’il n’y avait pas eu Buenos Aires. Nous regrettons d’être partis si vite. Nous espérons avoir le temps d’y retourner et visiter el campo. Et peut-être les accueillir à notre tour en France. 

Direction Cordoba. 2ème plus grande ville d’Argentine après Buenos Aires. Encore une fois nous nous sentons très mal à l’aise. Il y a beaucoup de misère. Le centre recèle d’édifices coloniaux et autres monuments historiques. Juste un petit tour à l’agence DHL ou notre colis n’est pas arrivé avant de prendre le chemin du camping ou nous finirons la soirée à la piscine. Avant de rentrer dans l’eau nous passons une visite médicale obligatoire chez le médecin qui nous inspecte les pieds, les cheveux et les aisselles. C’est bien la première fois que cela nous arrive.
Le support de batterie est à nouveau dessoudé et en bricolant, un fusible a pété. Le garage FIAT ne peut pas nous dépanner aujourd’hui.
Mercredi 16 et jeudi 17 janvier 2008 : CORDOBA – BUENOS AIRES
Un message internet nous apprend que notre colis est arrivé. L’agent DHL nous apprend qu’il est coincé à la douane à Buenos Aires parce que la valeur déclarée dépasse 1000 dollars. En fait il fait 1030 dollars. Pas moyen de négocier, il nous faut aller à Buenos Aires. Il est 17h00. 40 ° et 700 kms à parcourir. Les paysages sont plus agricoles. Nous traversons des champs entiers de maïs et tournesol. Les tailles sont démesurées, les parcelles s’étendent à perte de vue. Les travailleurs saisonniers vont de ferme en ferme avec leur propre moissonneuse, qui tire la barre de coupe, qui tire la remorque, qui tire la maison, une petite casa en taule. Tout le monde se retrouve sur l’autoroute : les tracteurs, les cyclistes, les camions… et nous.
Il est 09h00 quand l’agence DHL Buenos Aires nous donne les papiers permettant de retirer notre colis, moyennant bien sûr une petite participation. Il nous faudra 1 heure pour trouver la douane de l’aéroport. Et là, c’est l’horreur qui commence. Nous passons de bureau en bureau, soit au total 9 personnes différentes. Un homme en costume nous fait ouvrir le paquet pour vérifier. Il faut expliquer que sur la facture la valeur déclarée prend en compte le prix du transport DHL. Le douanier veut encore nous faire payer une taxe là-dessus. La négociation est difficile. Quand nous arrivons au moment de payer, une vieille bique nous annonce une taxe de 50 % du montant. J’hallucine. La première réaction est de ne pas payer, commander la même pièce et la faire venir par la famille. Le calcul est vite fait, cela nous couterait quand même plus chère. En plus il faut payer le « gardiennage ». Après 6 heures de discussion et paperasserie, nous repartons le portefeuille plus léger et les boules grosses comme çà. Les touristes étrangers sont vraiment pris pour des vaches à lait. Partout nous payons plus chers : l’essence, les entrées de musée ou de parc… Stop, il y en a marre. Autant les argentins sont adorables, autant ils ont une politique à la con. Il y a deux mondes : le peuple et ceux qui dirigent. Un grand fossé les sépare. On se remonte le moral avec un Mac Do avant de quitter Buenos Aires et sa corruption pour aller le plus loin possible ce soir. C’est décidé, nous ne nous installerons pas à Buenos Aires. Mais tout ça ne va pas nous arrêter. 
Une FALCON FUTURA 70
Vendredi 18 au Dimanche 20 janvier 2008 : MENDOZA
W68°89430 S32°85680
Après une journée de route intense, nous nous installons dans un super petit camping avec piscine. Les températures avoisinent toujours les 40 °. La piscine n’est pas un superflu. L’ambiance familiale du camping nous incite au farniente. Le propriétaire est sympa, les emplacements impeccables et les sanitaires propres. Toutes les chasses d’eau sont en bon état et les portes ferment. Je vous assure que c’est exceptionnel ici. Les enfants sont en sécurité, elles vont et viennent à leur gré. Un après-midi qu’elles étaient seules à se baigner, elles rentrent en courant. Nous nous inquiétons un peu. En fait, elles étaient entourées par 6 personnes qui les questionnaient en espagnol et elles venaient chercher de l’aide. Camille est dans une période de cafard. Les copines lui manquent beaucoup et elles pleurent avant d’aller se coucher. Les photos des amies sont scotchées au dessus de son lit et tous les soirs elles leur racontent sa journée. J’espère que cela passera bientôt. Entre deux ploufs, la maison se refait une beauté. Nous partons à la chasse à la poussière. L’achat de l’aspirateur devenait indispensable. L’électro bloc installé, tout fonctionne à nouveau. Le dernier soir, nous nous offrons un cinéma en plein air en dégustant une bonne glace. Les enfants en raffolent, les parents adorent. Cela me rappelle Djibouti.
Lundi 21 au Mercredi 23 janvier 2008 : USPALLATA – PUENTE DEL INCA – LE CERRO ACONCAGUA
W69°35188 S32°62467
100 kms à l’Ouest de Mendoza, la ville d’Uspullata (1700 m) est une oasis feuillue de peupliers, perdue au milieu d’une vallée désertique, entre la pré-cordillère et les plus hauts sommets des Andes. Les montagnes alentours exceptionnellement belles, déclinent une palette de 7 couleurs allant du blanc au vert, en passant par l’ocre, l’orangé, le rouge, le marron et le violet.
Visite rapide des ruines de las Bovedas. Ce sont des hauts fourneaux en forme d’ogives qui ont servi aux espagnols à faire fondre l’or et l’argent exploités dans la région. Les explications ne sont pas très claires.
Le rio Mendoza, qui véhicule un petit filet d’eau boueuse, nous conduit jusqu’à la Picheuta, lieu connu pour son pont de pierre, un des plus vieux pont du pays avant d’arriver à la Puente del inca.
Enjambant le rio de las cuevas, cette arche naturelle de roche, est encore une étonnante merveille du pays. L’ eau chargée en souffre et le sel, produisent un sédiment de couleur orangée. Pour admirer l’Aconcagua, il nous faut encore faire quelques kilomètres.
Du haut de ses 6962 m, ce sommet volcanique enneigé est le plus haut du continent américain. Il fut vaincu pour la première fois en 1897 par un italo-suisse. Une momie inca a été retrouvée à 5300 m en 1985, preuve que ces hautes cimes étaient un site funéraire. Il faut être expérimenté pour atteindre le sommet. Preuve à l’appui, le cimetière Andiniste qui regroupe les victimes de nationalités différentes de l’Aconcagua.
Notre visite s’arrête à las Cuevas à la frontière chilienne. Nous sommes à 2700 m et le vent est froid. Nous n’irons pas voir le christ rédendeur qui se trouve au bout de 8 kms de piste et à 4000 m d’altitude. Le ripio nous fait peur, il y a eu assez de dégâts pour l’instant. 
Mulets retour de trek
Nous avons demandé aux enfants ce qu’elles pensaient du voyage, ce qu’elles regrettaient et leur choix si c’était à refaire. 
CAMILLE : D’abord c’était votre rêve (celui des parents) et pas le mien. Mais je suis contente d’être là. Si c’était à refaire, je reviendrai mais je me préparerai mieux en emportant plus d’affaires personnelles. J’aimerai quand même rentrer une semaine pour voir les copines et après je reviens. 
MARINE : Moi aussi je me préparerai mieux deux ou trois jours avant de partir. J’aurai du amener plus de barbies, un ken et des vêtements mais aussi un bébé pour jouer. Maintenant le voyage me plait mieux, je m’intéresse plus à ce que je vois et je sais que j’ai de la chance et que toutes ces choses sont merveilleuses. Et puis Manou et les tontons arrivent bientôt.
Avis de Karine : maintenant mon rêve, c’est qu’il n’y ait plus d’école. Est-ce que la maitresse peut faire péter les cours ? Pour la Saint-Jean, je fais un feu de joie avec les livres en sirotant une coupe de champ à la santé de tous les instits et profs.
Manou nous apprend le décès d’un ancien voisin à l’âge de 43 ans. Nous avons trop de chance d’être là….. 
Mercredi 23 au mardi 5 février 2008 : MENDOZA
W68°88324 S32°89035
Il pleut pendant plusieurs jours et les températures descendent jusqu’à 20° avant de remonter à 35°. Nous en profitons pour avancer les évaluations de la 6ème séquence. Les cours sont de plus en plus difficiles et demandent beaucoup de temps. Je ne veux pas que les enfants prennent du retard. Jean-Paul en profite pour faire faire la vidange. Le mécano n’a pas les outils nécessaires. Jean Paul sort sa caisse, démonte et remonte les filtres pendant que le mécano regarde. Le garage ne prend pas la carte bleue et nous n’avons pas assez de liquide. Les banques rejettent nos cartes visa. Nous sommes sans argent, encore une « merde ». Tout finit par s’arranger sans savoir d’où vient le problème. Le support de batterie a besoin à nouveau d’une soudure. Nous partons à la recherche d’un ferronnier qui va nous fabriquer une patte pour consolider le tout. Nous voilà mécaniquement parlant, fin près pour de nouvelles aventures. Le camping se trouve dans l’immense parc St Martin près du zoo. Dès l’aube, les éléphants se font entendre et les lions qui ne veulent pas être en reste rugissent. Nous décidons de rester un moment afin d’apprécier cette ville mais nous changeons de camping. Le camping « EL MANGRULLO » nous plait mieux et il y a la piscine.
L’accueil d’Enrique y est très chaleureux, et c’est un vrai plaisir de pouvoir discuter avec Graziella, Manuela et son ami Willy qui y tiennent un petit commerce.
Pequeño mensaje piojo el equipo del camping: gracias para su recepción, su amabilidad y la sonrisa la mañana al despertador. 

Que dire de Mendoza, terre du soleil et du bon vin : c’est tout simplement géniale. C’est là que je souhaite m’installer. Il n’y a plus qu’à décider Jean-Paul qui n’est pas très chaud. Il me reste 1 an pour le travailler au corps. Cette vieille ville coloniale possède un climat idéal, de longues avenues bordées d’arbres, de ravissantes places, un quartier commerçant animé…...
Nous profitons de nos belles journées pour nettoyer, aspirer mais aussi plonger, visiter … ou ne rien faire à part glander. Les vacances quoi !!! Les filles se réservent un après-midi shopping et font chauffer la carte bleue pendant que Jean-Paul répare, visse…… Ici les magasins n’ouvrent qu’à 17h00 l’après-midi (la sieste est sacrée). Nous prenons le taxi, c’est plus facile pour nous. A chaque fois, le conducteur installe tout autour de lui des photos de Jésus, Marie ou encore des chapelets. Ce n’est pas rassurant du tout quand on sait comment les argentins conduisent. Aucun respect du code de la route, des voitures en très très mauvais état, c’est le premier qui passe qui gagne.. tout un programme.
Aujourd’hui, nous partons visiter la bodega ALTAVISTA.
Très grande exploitation fondée en 1890 et rachetée par un français en 1997 qui possède aussi 2 vignobles dans le bordelais. La dégustation nous fait découvrir quelques-uns des bons rouges du pays, dont le Malbec et un merveilleux blanc fruité, le Torrontès. Notre guide, stagiaire en argentine pour un an, vit en Angleterre. Sa maman est française, elle nous fait donc la visite guidée en français. Nous repartons les bras chargés de bouteilles. Les filles ont peur qu’on devienne alcoolique. Il ne faut quand même pas exagérer.
Un matin, de bonne heure, dans la relative fraîcheur matinale, nous partons visiter le zoo. Timidement, Marine nous avoue qu’elle n’a jamais été au zoo. On ouvre de grands yeux étonnés, quels parents indignes. On réfléchie, on s’interroge, elle a raison… Les enfants ne se lassent pas de voir cet éventail complet d’animaux du monde entier. La végétation est dense mais les espaces ne sont pas toujours très propres. Les singes se promènent en totale liberté, les bébés sur le dos. Marine court de cage en cage. Elle a tout de même un petit pincement au cœur et demande à l’éléphant s’il ne serait pas mieux en liberté, dans son pays, avec ses copains. S’ensuit un débat : pour ou contre les zoos ? Le père-noël est passé en février. Il nous a fait parvenir plein de cadeaux. Les filles sont ravies de pouvoir visionner de nouveaux films ou de jouer avec les derniers jeux nintendo. Quand à Karine, elle dévore les potins de VOICI, CLOSER, ICI PARIS….au bord de la piscine. C’est rassurant de savoir que Nico est heureux avec Carla. Merci pour tous ces cadeaux.
Mercredi 6 février 2008 : VALLEE FERTILE
Juste avant de quitter le camping, Jean-Paul qui fait sa petite visite de routine s’aperçoit qu’il y a à nouveau une petite fuite au radiateur. On prend la route tout de même. Arrêt au sanctuaire de la Difunta Correa.
Pendant la guerre de 1840, Correa partit à la recherche de son amoureux, emportant son enfant avec elle. Rapidement, Correa mourut de faim, de froid et d’épuisement. Quelques jours plus tard, quand on découvrit son corps, l’enfant tétait toujours sa maman et, miracle, vivait toujours. Depuis, un véritable culte lui ait voué, le peuple argentin lui prête des pouvoirs miraculeux. Dans plusieurs chapelles, les pèlerins viennent déposer photos, dessins, jouets, voitures, instruments de musique, robes de mariée, plaques d’immatriculation, tout un incroyable bric-à-brac. Chacun notre tour, secrètement, nous lui adressons notre vœux…. Nous reprenons la route jusqu’à San Augustin de la Vallée Fertile.
Il a beaucoup plu et il faut passer plusieurs guets. Jean-Paul est obligé de descendre pour vérifier si le camping-car ne va pas s’embourber. Même les 4x4 hésitent. Avec la terre de couleur rouge, le camping-car ressort rouge lui aussi. Nous voyons nos premiers cactus. Ils sont immenses (environ 5 à 6 mètres de hauteur).
Jeudi 7 février 2008 : PARC D’ISCHIGUALASTO
W68°22788 S29°32731
Egalement connu sous le nom de Vallée de la Luna,
la visite de ce parc se fait avec son propre véhicule en convoi. Un guide monte dans le premier véhicule. Nous parcourons 40 kms et effectuons 5 arrêts. Le circuit offre un voyage dans un monde surréaliste de formations rocheuses toutes aussi abracadabrantes les unes que les autres, et de fossiles de dinosaures. L’érosion due aux eaux de ruissellement a mis au jour quantité de fossiles vieux de 180 millions d’années. Par endroit, quand la végétation se fait rare, on dirait un vraiment un paysage lunaire, avec la barranca colorada, une barre rocheuse rouge en toile de fond. Avec beaucoup d’imagination, certaines sculptures naturelles ont été baptisées comme le sous-marin. Petit à petit, des grosses pierres rondes remontent à la surface de la terre. C’est assez allucinant. Un zorro nous surveille du coin de l’œil. Journée fabuleuse. Nuit à Villa Union. 
Vendredi 8 février 2008 : PARC DE TALAMPAYA
Impossible de visiter avec sa propre voiture. Il faut prendre un guide et prendre place dans un mini-bus. De plus, avec les intempéries, la visite est écourtée. Le prix est assez élevé alors nous hésitons un peu, mais au final, nous avons peur de regretter. Nous partons pour 3 heures de tape-cul, dans le lit de la rivière, à travers les canyons de sable rouge. Il y a des millions d’années, lorsque l’Amérique s’est détachée de l’Afrique, les plaques sous l’Océan, au lieu de se superposées, se sont élevées l’une sur l’autre pour former la Cordillère des Andes. Ces formations rocheuses sont complètement dingues, dessinant une cathédrale, un chameau avec un roi mage…… Au premier arrêt, nous pouvons admirer des pétroglyphes. Il est difficile de donner une véritable signification à ces dessins, les chercheurs ne peuvent en donner qu’une possible interprétation. Ce pourrait être un moyen de communication, de l’art, un culte….. Impossible de les dater non plus car il n’y a pas été retrouvé de matière organique. Le plus impressionnant pour nous est l Chimenea del Eco, une extraordinaire chambre à écho haute de 200 m. Nous attendons que tout le monde s’éloigne pour hurler avec les enfants : « FRANCIA » qui avec l’écho s’est répercuté deux fois. GENIAL.
Un sentier nous mène jusqu’à une petite forêt ou les arbres ont le tronc vert pomme. Encore une journée extraordinaire, ce parc est une beauté à couper le souffle. Nous ne regrettons pas du tout.
Nous décidons de prendre la Cuesta de Miranda, un tronçon montagneux de la ruta 40, pour rejoindre La Rioja. C’est encore de la piste, toujours de la piste…..La traversée de la Sierra de Sanogasta est spectaculaire. Nous montons à 2000 m d’altitude. Il y a des champs entiers de cactus très hauts et en fleurs. La vue panoramique est superbe. Des montagnes tout autour de nous tantôt de couleur rouge, tantôt de couleur ocre.
Nous retrouvons l’asphalte mais le radiateur n’a pas du tout apprécié le ripio. Nous appréhendons pour la fuite, Jean-Paul s’arrête régulièrement pour vérifier. Il nous faut atteindre la Rioja ce soir pour faire réparer. Nous arriverons à 20h00 passée. Impossible de trouver un camping. Dans le 1er, nous ne pouvons pas rentrer car nous sommes trop hauts. Nous ne trouverons jamais le 2ème cité dans le lonely plant. Le 3ème est fermé. Quand au 4ème, quand je demande à la propriétaire s’il y a de l’eau chaude, elle me répond qu’il n’y a pas de douche mais qu’il y a la piscine. De plus, une fête est organisée jusqu’au lendemain 8h00 du mat’. Laisse tomber, nous passons la nuit dans une station essence. 
Samedi 9 février 2008 : LA RIOJA
LA RIOJA, capitale de la province du même nom : LE CAUCHEMAR. L’office du tourisme est incompétente et les gens pas sympa du tout. Ou alors c’est nous qui sommes à cran. Nous cherchons un FIAT en urgence, il est fermé pour les vacances. Ca tombe mal. Nous passons de garagiste, en ferronnier, en spécialiste des radiateurs, personne ne peut nous dépanner. Après quelques courses pour le week-end, nous reprenons la route. Tous les 50 kms, Jean-Paul est obligé de s’arrêter pour rajouter de l’eau. Nous nous arrêtons à Juan Alberdi, un tout petit village sans charme. Un garage nous conseille un mécano. Sa maison est son atelier, le tout dans un quartier ou la misère règne. Nous ne sommes pas du tout rassurés. Les enfants et les gendres travaillent tous avec le père. Ils sont étonnés de nous voir arriver. Pendant que les jeunes nous démontent le camping-car, papi nous prend la tête. Nous partons à 22h00, le radiateur à nouveau soudé, la tête comme une citrouille. Ce soir, c’est le carnaval au village mais le courage nous manque. Un accident de la circulation nous empêche d’atteindre le camping. Nuit sur un parking de station essence.
Dimanche 10 au Mardi 12 février 2008 : SALTA
W65°41888 S24°81247
2 options s’offrent à nous. Prendre la ruta 40 qui passe par des paysages magnifiques mais qui va nous prendre du temps ou filer directement sur Salta par une route pas sympa du tout et manquer de belles choses. Il nous faut être dans le sud du Pérou début mars et nous voulons nous acclimater tranquillement à l’altitude pour ne pas être malade. La raison l’emporte nous partons directement sur Salta. C’est dommage, mais nous nous promettons de refaire cette région en redescendant de la Bolivie. Sur la route, la végétation change. Les cactus sont en fleurs, les figues de barbaries forment de grands arbres. Dans cette province, on cultive le coton et la canne à sucre. Le tabac sèche sous les hangars. Salta a connu la semaine précédente des pluies torrentielles et la grèle. Il y avait 1,5 m d’eau dans les rues. Certaines familles ont tout perdu. C’est pratiquement une catastrophe naturelle. Vision d’horreur en arrivant au camping. Les tentes sont entassées dans la boue. Les duvets sont étendus pour sécher. Des petits sont au milieu de tout ça. Nous sommes accueillis par Daniel et Valérie, un couple de français en vadrouille depuis 1 an. Soirée très sympa dans leur camping car à échanger nos impressions et nos expériences. Le camping est équipé d’une immense piscine de 300 m de longeur sur 100 m de largeur.
Il faut 11 jours pour la remplir entièrement. Elle n’en est qu’à un tiers. Les filles sont un peu déçues. Elles attendaient cette piscine depuis de longs mois. Elles en profiteront tout de même le lendemain et le surlendemain. Les températures baissent pour atteindre péniblement 25 ° dans la journée et descendent à 14 ° la nuit. Nous partons visiter en taxi le centre ville. C’est très animé et très commerçant. De beaux bâtiments de l'époque coloniale, surtout utilisés aujourd'hui par des administrations, entourent la place 9 de Julio, magnifique avec son jardin au centre, bordé de palmiers et de palétuviers. Deux longues rues piétonnes fourmillent de monde. C'est une ville agréable et très belle. On la surnomme « la linda », la belle. La cathédrale, richement décorée, est magnifique. Au hasard des rues, on découvre aussi de belles maisons coloniales. Dans la rue, les enfants achètent des vêtements tricotés par une mamie pour les barbies.
Petit clin d’œil à Gwénaël, élève de 6ème près de Chamonix, qui nous suit et qui nous a envoyé un gentil message. Merci. 

Déjà 5 mois que nous sommes là, 18000 kms parcourus. Bonne Saint VALENTIN.
Il existe deux routes pour rejoindre Jujuy. La plus pittoresque est la ruta de la Cornisa qui passe par la montagne. Elle offre des paysages sauvages de forêts tropicales luxuriantes. Il faut être très prudent, car elle est étroite, tortueuse et encombrée de vaches, chevaux, cochons….. Il est difficile pour les véhicules de se croiser et il n’y a pas toujours de rambardes de sécurité. Les nombreux virages ont eu raison de l’estomac de Camille.
On commence à sentir l’influence bolivienne au niveau vestimentaire. Le village de Purmamarca se trouve au pied de la montagne aux Sept Couleurs. Peu après, on entre dans la vallée des Peintres. Les formations rocheuses prennent des reflets ocre, rouge, vert de gris, ou ardoise.

La route 52 qui se rend au Chili longe le salar de Salinas Grandes. Nous nous arrêtons pour admirer cette superbe étendue blanche. Jean-Paul tente de marcher dessus, il s’enfonce jusqu’à la cheville. Ce qui fait rire les lamas. Ils ont des pompoms rouges accrochés aux oreilles. Ensuite, la piste grimpe jusqu’à 4000 m dans des montagnes superbes et désertiques. Les lacets se succèdent. Les lagunes ont des couleurs surprenantes, l’une delle est bleu nuit. Nous longeons aussi le Tropique du Capricorne que nous croisons à plusieurs reprises. Mais rien ne l'indique. Il faut traverser la Cordillère des Andes. Nous quittons l’Argentine au PASO DE JAMA à 4400 m.
Plusieurs fois, nous nous arrêtons car le monteur chauffe un peu et le ventilateur a du mal à suivre. Pour nous, pas facile de respirer. Le moindre déplacement à pied nous semble difficile. Nous quittons l’Argentine avec regret. C’est un pays magique, aux paysages variés. La population est généreuse et accueillante. Notre correspondant Grimaldi nous rappelle qu’il est préférable de faire une pré-réservation pour le cargo retour. Nous nous décidons pour janvier 2009, qui est la limite extrême. Petit pincement au cœur. Nous repasserons en Argentine dire au revoir……
SUITE DU RECIT SUR NORD DU CHILI/PEROU