Jeudi 13 septembre
Nous avons accosté à Buenos Aires vers 06h00 du matin. Dès le lever, nous étions excités et nous avions hâte de quitter le bateau et le bruit. La douane est arrivée pour les formalités, le temps de dire au revoir à l’équipage et les 3 camping-cars se sont gentiment dirigés vers la sortie. Emotion forte, voire très forte….
Chacun a pris son chemin. Nous avons suivi Geneviève et Michel jusqu’au parking gardé de la fac de droit. Nous pouvons restés autant que l’on veut en toute sécurité. Il y a un peu de bruit mais nous recommandons cet endroit. Notre carrosse installé, les démarches administratives commencent. Il nous faut trouver une assurance pour le véhicule. Nous décidons de prendre le taxi. Ici, ils sont noir et jaune. Le notre est pourri mais nous arrivons à bon port quand même. Nous avons trouvé une assurance chez MERCANTIL ANDINA. Nous avons été accueillis par une femme qui parle en français. No problemo.
Par contre la banque est un gros souci. Depuis peu, les retraits sont limités à 300 pesos soit 75 euros. On se débrouille, mais la carte bleue chauffe un peu. Nous faisons la connaissance de Martin et Léo, 2 copains à Frédéric. L’accueil est très chaleureux. Nous partons découvrir cette capitale. Après la quiétude de l’Océan, cette ville nous semble immense, elle grouille de monde. Nous rentrons fatigués à la maison. Ici la misère se répand. A la tombée de la nuit, elle sort dans la rues. Nous rencontrons de nombreux « cartoneros » qui trient les ordures afin de récupérer de la nourriture et tout ce qui est recyclable. Nous sommes souvent accostés dans la rue par des vendeurs d’un peu tout et n’importe quoi.. Il est assez facile de se repérer. Les rues se croisent en angle droit et forment des blocs appelés manzanas. Buenos Aires est construite en damier. La ville est séparée en 2 : au nord les quartiers chics avec de beaux magasins et de superbes hôtels, au sud les quartiers un peu plus populaires avec la misère dans la rue.
Le vendredi 14 septembre , nous avons repris les devoirs du CNED. Il ne faut pas prendre de retard. Vers 13h00, nous retrouvons Martin pour une visite guidée. Nous parcourons l’avenue Mayo avant d’arriver à la place Mayo. Celle-ci est située entre la Casa Orsada, el Cabildo et la Cathédrale métropolitaine. La Plaza de Mayo est l’âme de Buenos Aires. Son nom et un hommage au 25 mai 1810, jour de la formation du 1er gouvernement argentin indépendant. C’est aussi le point de départ des manifestations. Tous les jeudis depuis 1977, les « Madres » s’y donnent RDV pour réclamer la vérité sur les atrocités de la guerre sale. Elles ne sont pas très nombreuses. Une grande manifestation des « Madres » a lieu en décembre. La Casa Rosada est le bureau du gouvernement. La façade est rose saumon. La cathédrale renferme le mausolée du général don José San Martin, père de la nation et libérateur de l’Argentine.
Nous avons marché tout l’après-midi, nous sommes morts de fatigue.

Samedi 15 septembre : Il pleut, la température extérieure est de 10°. Avant de partir, nous disons au revoir à Geneviève et Michel et nous passons chez Martin et Léo qui nous accueillent avec un gros gâteau au chocolat. Le paradis…. Ils nous initient au « Maté ». Le maté est un arbuste (une espèce de houx). A l’aide de ses feuilles, on élabore une infusion que l’on verse dans la calebasse évidée (petit pot rond) et que l’on boit avec une pipette de métal (bombilla). Cette infusion possède des vertus très toniques voir excitantes. C’est un symbole de l’amitié, de la communication et du bon accueil. La saveur est étrange, un peu amère. A refaire…
Nous quittons Buenos Aires en fin de matinée, en direction de Tandil (environ 380 kms au sud de Buenos Aires). Il fait froid, la température extérieure est de 14 degrés. Cet hiver (le 9 juillet), il a neigé. Cela faisait 84 ans qu’il n’avait pas neigé en Argentine. Aujourd’hui, il pleut encore et encore. Ca nous rappelle la Bretagne… petit moment de nostalgie…

Pequeño mensaje a Martin y Léo: Gracias para su recepción calurosa. La tarta es un placer. Le agradecemos la visita guiada. Cita próximamente alrededor de un pollo argentino.

Le route en direction de Tandil est assez monotone. Il a beaucoup plu, les fossés sont inondés. Les pauvres bêtes n’ont pas d’endroit où se mettre à l’abri. Nous arrivons à Tandil vers 17h00. C’est une gentille petite ville. Les gens sont accueillants et se mettent en 4 pour nous renseigner. Nous irons au camping du Club Banco Nacion pour une somme modique. Le gardien est très sympathique, il nous donne le plan de la ville et les sites à visiter. Nous sommes seuls au camping. Il est temps de faire le plein de courses à Carrefour. Les prix sont les mêmes qu’à Rennes. Il est tard, repas famille autour d’un bon poulet chaud, une tisane à sa mémère car il fait froid et tout le monde part se coucher.

Dimanche 16 septembre : Au réveil, il fait 6° dehors et 11° dans le carrosse. La température à l’extérieur montera jusqu’à 14° aujourd’hui. Nous n’avons presque plus de gaz, Jean-Paul est obligé de mettre le chauffage électrique, il fait trop froid à l’intérieur pour faire les devoirs. Après déjeuner nous partons visiter la ville. Tandil est une importante zone de production de produits laitiers et une riche région fromagère. Nous commençons par la fameuse cascade perdue dans « les montagnes ». Fatima veille sur elle. Le gardien du parking est très sympathique. Il est très fier de nous montrer sa voiture, une vieille Chevrolet verte datant de 1938, toute une histoire… Puis nous montons jusqu’à El Centinela, où un énorme rocher est en équilibre. De nombreux visiteurs viennent voir le Calvario, une colline qui reconstitue le chemin de croix. On y trouve même la grotte de Lourdes. Au nord de la ville, la Piedra Movezida, une pierre de 300 tonnes est restée perchée en équilibre instable au sommet du Cerro la Movediza pendant plusieurs années, avant de choir. Nous sommes dimanche, les magasins sont fermés. Nous en profitons pour nous rendre au centre ville, sur la place pincipale, la « plaza independencia ». Nous visitons l’église Sacramento et passons devant la « municipalidad ». Nous avons encore le temps de faire une promenade jusqu’au Parque independencia qui offre une bonne vue de la ville et qui s’ouvre sur une magnifique entrée de château. Nous finissons la journée sur la Digue del fuerte, un immense réservoir. En rentrant au camping, le gardien nous avait fait livrer une bouteille de gaz. Nous sommes dimanche, muchas gracias hombre. Ici, tous les parkings des sites à visiter sont gardés. Il n’y a aucun danger. Soirée tranquille, avec James Blunt en fond musical. Nostalgie… Nostalgie….
Lundi 17 septembre :
Matinée devoirs (évaluation d’anglais : dur dur). Ensuite nous nous sommes précipités sur Internet où nous sommes restés plus de deux heures. Il n’y avait pas beaucoup de messages mais cela fait du bien.
Nous prenons la route en direction de Mar del Plata à environ 200 kms. Ici se trouve l’un des plus importants ports de pêche du pays. Nous commençons notre promenade en longeant la Rumbla côtière et ses traditionnels bâtiments : théâtre, casino, … et les statues des lions de mer, situées tout en haut du perron qui descend vers le sable. Le panorama de la baie formée par les différentes plages est magnifique. Nous arrivons au port, où les pittoresques couleurs sont très particulières. La Banquina de Pescadores « quai des pêcheurs » offre le spectacle caractéristique de la criée, sous le regard des lions de mer qui ont établi une vaste colonie sur l’un des côtés du quai. Nous pouvons les approcher à un mètre et nous prenons de jolies photos. Mais attention à l’odeur, surtout quand ils nous crachent dessus. Juste après se trouve un étonnant cimetière de bateaux en ruines, à moitié coulés, qui rouillent au soleil. Nous rentrons au camping les yeux émerveillés d’avoir pu approcher ces fameux lions de mer. Le mâle présente une grosse tête ainsi qu’un épais cou recouvert de longs poils qui évoquent une crinière de lion. L’adulte pèse jusqu’à 300 kg pour 2 m de long. Les mâles se reproduisent avec une dizaine de femelles chaque saison. Celles-ci mettent bas une fois l’an et peuvent s’accoupler de nouveau moins d’une semaine après. Chapeau mesdames…
Au camping, l’emplacement est tellement inondé que nous nous embourbons. Le gardien est obligé de nous sortir avec son tracteur. On passera la nuit au milieu du chemin. Marine a eu un petit moment de cafard mais c’était une super journée. La vie est belle.

Mardi 18 septembre :
Il pleut toute la journée. C’est l’horreur. Nous abandonnons l’idée d’aller camper dans le prochain parc. Nous prenons la route en direction de Tres Arroyos. En chemin, nous nous arrêtons dans une station essence qui fait WI-FI. Chouette !!! Mais la connexion est très mauvaise, nous n’arrivons pas à récupérer nos messages. Crise de larmes.. Camille a un gros chagrin. Nous reprenons la route déçus. Nous nous arrêtons pour la nuit dans une station d’essence. Petite journée.

Mercredi 19 septembre :
Ce matin, il pleut encore. On se gare devant un locatorio. Génial, on peut se connecter en WI-FI du camping-car. On passera plus de 2 heures connecté.
On reprend la route en direction du Parque Provincial Ernesto Tornquist à côté de Sierra de la Ventana. De ce parc partent les promenades au Cerro Tres Picos (1239 m) et au Cerro Vetana (1136 m). Malheureusement, nous ne pourrons pas accéder au camping. Il faut traverser un cours d’eau. Nous nous rabattons sur Villa Ventana. C’est un charmant petit village qui vaut vraiment le détour. Ici, il n’y a pas de route, que des chemins de terre. Les seuls bruits sont ceux des oiseaux et des chevaux qui passent. Nous faisons une ballade à pied. Il fait beau, le soleil nous réchauffe. Le ciel est bleu. Nous rentrons par le village qui ne manque pas de charme. Nuit sur le parking de l’office du tourisme. Nous n’avons pas trouvé d’eau. Il n’y aura pas de douche ce soir. Les filles sont ravies. Une pensée pour Adrien. Bon anniversaire bonhomme.

Jeudi 20 septembre :
Au réveil la température est de 8° à l’extérieur et de 10 ° dans le camping-car. Nous prenons la route en direction de Bahia Bianca à 100 kms. Nous filons tout droit à la laverie (il y en avait vraiment besoin) avant de trouver un camping. C’est la basse saison, le camping est fermé. Le gardien, un jeune argentin nous ouvre quand même. Nous sommes seuls. La température extérieure est de 20 °. Il fait bon au soleil. Les enfants profitent des jeux, pour nous c’est la corvée ménage. Le soir nous profitons d’une bonne douche chaude et illimitée. Le pied !!! 

Vendredi 21 septembre :
Joyeux anniversaire Jean-Paul. Aujourd’hui, il fait froid mais le soleil est au rendez-vous. Nous finissons la 2ème série d’évaluations puis nous partons visiter Bahia Bianca. Cette ville ne nous plait pas vraiment. Ce soir, c’est la fête à la maison : empanadas (feuilletés fourrés à la viande hachée, jambon, fromage, poulet….), gâteau, bougie, petit vin rouge, champagne …. Le tout en compagnie du dernier James Blunt. Nous finissons la soirée au camping de Bahia, à lire les messages des copines. Ca fait du bien. Position W62°81933 S41°03733

Samedi 22 septembre :
Nous quittons la plate et fertile pampa par la RN3 . On peut dire que la pampa est le pays du bétail. Les ruminants paissent et engraissent sur ses immensités avant leur dernier voyage vers le grill. Nous prenons la direction de la Patagonie. Aujourd’hui nous aurons 2 contrôles sanitaires et une fausse alerte. J’ai eu juste le temps de courir au frigo et de cacher les produits frais dans le linge sale. Nous visitons « Carmen de Patagones » une petite ville séparée de Viedma par le fleuve Rio Négro. Nous camperons au camping 24 de agosto à « El Condor », petite station balnéaire qui abrite la plus importante colonie de conures au monde (espèce de perroquet) dans les anfractuosités des falaises. Malheureusement nous ne pourrons pas visiter son célèbre phare, vieux d’un siècle, le plus ancien de Patagonie. Nous finirons l’après-midi par une promenade sur la plage. Mais il fait très froid malgré les bonnets, écharpes, gants.. C’est marée basse, la mer est très très loin. Nous sommes seuls au camping qui est en piteux état mais les propriétaires sont adorables. Nous faisons la connaissance de Juan, un magnifique perroquet vert. Le propriétaire est fier de nous montrer ses souvenirs, des dessins et des mots sympas laissés par les touristes et notamment des français. Aujourd’hui, nous avons fait la connaissance d’un couple d’argentin qui adorent les crêpes bretonnes et le cidre..

Dimanche 23 septembre :
Il fait vraiment très froid ce matin (7° à l’extérieur et 11° dans le camping-car). La mer est déchainée, nous faisons connaissance avec le vent patagonien. Les bourrasques semblent vouloir tout emporter. C’est magnifique. Nous nous approchons des Loros. Ces perroquets ont de belles couleurs vives : vert-turquoise sur le dessus et jaune et rouge sur le ventre. Ils poussent des cris aigus. Il y a 35000 nids sur 12 kms de falaises. Les nids ont une profondeur de 1,5 à 3,5 m. Je peux vous dire qu’il y a du monde là-haut. Ils ne font que virevolter sur nos têtes, c’est difficile de les photographier. Nous montons sur la falaise pour les voir du dessus. Le spectacle est aussi beau de ce côté-là. Nous resterons plusieurs heures à les contempler avant de prendre la route jusqu’à la réserve de Punta Bermeja, sur le littoral nord du Golfe San Matias. On contemple un magnifique arc en ciel, et là, ça devient carrément du délire ! Ici est regroupée une colonie permanente de 3 à 4000 lions de mer. Ils ont été rejoints par leurs petits copains de la Péninsule de Valdès. Actuellement, on en compte environ 7000. Nous pouvons les observer et entendre leurs cris rauques d’une passerelle au dessus de la plage. Le spectacle est magique, nous ne nous lassons pas. Les mâles se battent pour leur harem. Certains se prélassent, d’autres jouent. Les plus courageux surfent sur les vagues ou plongent dans l’eau froide. C’est génial. Actuellement les femelles sont en période de gestation et les petits naitront en janvier et février. Les gardiens sont très accueillants et chaleureux. Nous faisons la connaissance d’un couple de suisses qui voyage depuis 7 ans en camping-car 4x4 et qui compte rester en Amérique du sud encore 2 ou 3 ans. Le rêve. Il parait que la semaine dernière il faisait 35 ° et que l’Argentine manque d’eau depuis 6 mois. Peut-être avons-nous amené le mauvais temps de France…. Nous partageons un moment avec un jeune couple franco-belge (Lise et Gaëtan) qui parcourt l’Amérique du sud, avec le sac à dos et qui prend les moyens de transports locaux. Eux, ils sont courageux. Sur le retour nous avons croisé la route d’un putois (bonjour l’odeur dans la maison) mais aussi des nandues (les cousines germaines des autruches). Nous déposons Lise et Gaëtan à Viedma et espérons les rencontrer à nouveau. Nuit sur le parking d’une station essence. Il n’y a pas eu de devoirs aujourd’hui mais qu’est ce que la journée a été riche et sympa.
Position W62°97286 S40°82438

Lundi 24 septembre :
Nous avalons des kms de routes monotones pour être à Puerto Madryn ce soir. Les routes sont droites et la végétation rase. Un soleil éclatant nous accompagne ce matin. Nous profitons de la pause déjeunér pour s’arrêter à la Grutas, une jolie petite ville pleine de charme. Elle doit son nom à des grottes marines rongées par l’érosion.
Il fait un temps magnifique, la mer est d’un bleu azur. La petite marche sur la plage nous revigore. Puerto Madryn est une station balnéaire agréable hors saison. Après la corvée de la laverie, nous allons nous promener sur la jetée. Et là, nous attendent un lion de mer et une baleine franche qui nous régale de ses jets d’eau et de ses cabrioles. Spectacle envoutant.
Demain nous partons sur la Péninsule de Valdès pour une dizaine de jours. Nous attendons ce moment depuis plusieurs mois et ça y est. Nous y sommes arrivés. Nous ne savons pas si nous pourrons mettre le site à jour alors « NO PANIC » tout va bien.
Position W64°99889 S42°78148


Du 25 septembre au 8 octobre : PENINSULE DE VALDES

Dans le sud de la Patagonie Argentine, là où la terre paraît ne pas prendre fin, on trouve la Péninsule de Valdès qui a une superficie de 4000 kms2 environ. Elle a été inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1999. Ses côtes incluent une série de baies, golfes, falaises et plages. Ici la faune et la flore sont diversifiées. PuertoPyramides, village au bord de l’eau, 300 habitants, est témoin d’une des merveilles de la nature : la baleine franche australe. La Péninsule se transforme alors en un  amphithéâtre naturel d’où l’on peut observer un spectacle merveilleux. A tout moment de la journée, il peut se passer quelque chose d’inoubliable. Il est difficile de décrire avec des mots ou d’illustrer ce que l’on voit : le spectacle des baleines qui sautent, le bruit qu’elles font alors et qui casse le silence, leurs jeux…. La végétation prédominante est la steppe, avec des arbustes bas, des graminées et des plantes grasses. Les routes non goudronnées (bonjour la poussière à la maison) traversent des paysages sauvages et, en roulant, on a des chances de croiser des guanacos (cousins des lamas), des chevaux, des moutons en pagaille, des vizcachas (sorte de lièvre énorme)., etc…. Les mammifères terrestres sont abondants et vivent de manière sauvage. On trouve aussi une grande diversité d'oiseaux marins et terrestres.

Sur les conseils de la famille Muselle, nous avons campé à la Punta Pardelas toute la durée du séjour. C’est une grande étendue rocheuse surplombant une plage de galets. Cet endroit sauvage devient rapidement notre jardin et une cour de récréation pour les enfants qui fabriquent des bateaux avec des bouteilles d’eau. Il n’y a que quelques campeurs. Dans la journée, les températures atteignent entre 20 et 25 °. La mer d’un bleu transparent, est calme. Les couchers de soleil sont différents chaque jour. Ils peuvent prendre une couleur rouge-orangé ou encore être bleu foncé et rose. Il est difficile de faire les devoirs ici. Au moindre mouvement d’une baleine, tout le monde se précipite dehors. Même la maîtresse d’école est très indisciplinée. Vous l’avez compris, ici c’est magique, et le spectacle est quasi-permanent. Les baleines et leurs baleineaux viennent s’y reposer. A marée haute, elles passent tout près de nous, nous pourrions presque les toucher. Parfois, elles ne font que passer mais parfois elles nous régalent de leurs spectacles. La lenteur de leur nage est trompeuse, car elles sont capable d’effectuer plusieurs sauts d’affilés. Les baleineaux sautent, tapent leurs ailerons ou leurs queues. Il parait que c’est un moyen de communication. Quand le bébé s’éloigne de trop, la maman le rappelle à l’ordre avec un bruit rauque ou un coup d’aileron. On ne se lasse pas de voir tous ces sauts périlleux, révérences de la queue, saltos arrière, poiriers…. Par fois on ne sait pas où donner de la tête. Ici, il fait nuit vers 19h30/20h00. Même le soir, couchés sous la couette, nous les entendons souffler et taper tout près de nous. Nous sommes sous le charme de ces énormes mammifères qui peuvent mesurer jusqu’à 17 mètres et pèsent entre 50 et 80 tonnes. Les baleines nées dans la baie de Valdès, y reviennent pour donner la vie à leur tour. Elles s’y accouplent et y mettent leurs petits au monde, bouclant ainsi le cycle de la vie. Un baleineau sur 300 nait blanc avec des tâches noires comme un dalmatien.  La tête énorme, est recouverte de callosités qui servent de refuge à de nombreux crustacés, tels les poux, d’où leurs couleurs blanches. Chaque baleine est unique. On la reconnaît grâce à ses callosités. Elles sont photographiées, ce qui permet de les dénombrées. Il y a entre 400 et 700 baleines actuellement ici. Ces créatures surnaturelles sont dépourvues de dents, mais possèdent des rideaux de fanons (sorte de peigne) en forme de voute fixés à la mâchoire qui leur permettent de se nourrir de krill. Régulièrement un lion de mer les rejoint et joue avec elles. Nous voulions les voir d’encore plus près, alors nous sommes partis en zodiac à leur rencontre. Nous avons assisté à un accouplement d’une femelle avec trois mâles.  Ce n’est pas rien, cela ressemble à un subtil combat. Toutes ces baleines ont une tâche blanche plus ou moins grande sur le ventre, … il parait que c’est pour trouver les organes génitaux qui sont internes. A un moment, la femelle est passée sous le zodiac tout en donnant un petit coup de queue. Grande émotion ! En Patagonie, un nouveau phénomène apparaît. Les baleines sont parfois harcelées par les goélands qui, sous prétexte de les déparasiter, creusent à grands coups de bec la peau jusqu’à atteindre la chair. Mais il n’y a pas que des baleines.

A la Punta Delgada, on peut observer des éléphants de mer. C’est un peu décevant car ils ne font que lézarder au soleil. Le point positif est, que maintenant, nous faisons la différence entre les lions de mer et les éléphants de mer. Les lions de mer utilisent leurs extrémités pour se déplacer. La posture du mâle est majestueuse et sa crinière magnifique. Les éléphants de mer se déplacent en ondulant leurs corps. Ils ne sont vraiment pas très beaux. Leurs noms est du au nez proéminent sous forme de tube qui se gonfle  et luidonne ainsi un aspect féroce pour effrayer ses adversaires. En septembre, les femelles donnent naissance à leurs petits, tandis que les mâles se battent pour impressionner ces dames. Les bébés paraissent minuscules et tètent  sans arrêt. A quelques kilomètres de là vit une petite colonie de pingouins  de Magellan.

Sur le chemin du retour, nous passons vers des salines. A cette heure de la journée, la couleur vire au rose. C’est superbe. La plus grande descend à moins 35 m au-dessous du niveau de la mer. Le dernier jour, nous prenons le chemin des écoliers pour nous rendre face à l’Ile aux oiseaux, située dans le Golfe de San José. Il y a des milliers d’oiseaux mais de loin nous les voyons tous petits. C’est le contour de cette île qui a inspiré le dessin du boa qui digère un éléphant dans le Petit Prince de Saint-Exupéry. Nous traversons des petits villages de pêcheurs. Le confort est sommaire. Ils logent dans des toiles de tentes ou de vieilles caravanes. Un pêcheur a construit sa clôture avec des os de baleines. C’est une idée… C’est dans ce village que nous avons pu approcher un guanaco à moins de 5 m. Nous avions plus peur que lui.

Nous avons vécu 15 jours magnifiques sur cette péninsule. Nous avons rencontrés beaucoup de voyageurs comme nous : notre couple d’allemands –Klauss et Rita, Sophie-Damien-Yann-Pauline (belge), Bruno-Rénata et Pepa (suisse), Corinne-Patrick- Alizée-Sandy et  Montaigne (français), Elise et Gaëtan (franco-belge). Chacun a ses projets, ses rêves mais nous avons tous les mêmes attentes.W64.28204 S42.57247
W64.26018 S42.61798

Nous avons fait ici nos premiers barbecues. La viande est délicieuse. Il y a eu aussi la super soirée crêpe autour de la bière locale – la QUILMES. Le 3 octobre, Marine a perdu une dent. Yann lui avoue que la petite souris n’existe pas. Marine, très sérieuse, lui explique qu’il se trompe et que pour elle la souris passe à chaque fois. Nous lui avons donc avoué. Il n’y a pas eu trop de réaction mais elle a quand même demandé qu’on lui dépose son cadeau dans la nuit. On verra comment ça va se passer pour le Père Noël. Nous quittons émerveillés la Péninsule de Valdès. Nous serions bien rester encore un peu mais il y a encore beaucoup de belles choses à voir. Nous passons cette nuit à Puerto Madryn.

Petit mot des enfants : On aimerait rester parce que c’est beau à Pardelas et il y a des amis. C’était bien d’avoir approché de très près les baleines. On a vu des sauts magnifiques, on a vu des baleineaux. Quand la baleine montre sa queue, elle fait le poirier. C’est magnifique. Il faut vraiment y aller. On a beaucoup de chance.

 Pour nous suivre  W 64. 28204  S 42. 57247

                               W 64. 26018   S 42. 61798

 Mardi 9 octobre : PUERTO MADRYN
W64°27797 S42°57339

C’est une journée calme de remise en état : laverie, plein du frigo, achats de souvenirs pour les enfants. Les enfants se sont connectés en WI-FI avec manou et les tontons. Les filles étaient contentes de voir la famille même si c’est à travers la webcam. Ce soir là c’est la fête des deux côtés. Le rendez-vous est pris pour demain. Nuit sur la playa Las Canteras face aux baleines. Un baleineau s’est échoué depuis plusieurs jours. Il est en décomposition. Nous partons pour une dernière promenade avec les enfants mais de l’autre côté pour ne pas les peiner.


Mercredi 10 octobre : DOLAVON – GAIMAN – PLAYA UNION
W65°04803 S43°32258

On déjeunera face à la mer. Nous profitons du spectacle des baleines en faisant les devoirs et en préparant le repas de midi : une bonne ratatouille et une vraie compote… un délice. Ce matin la température ne dépasse pas 14 °. Je ne sais pas si c’est pour notre départ, mais les baleines sont encore plus près ce matin. En les voyant Marine, saute, piétine, court dans tous les sens. On ne se lasse pas. Mais il nous faut partir maintenant. Un dernier regard, un dernier clin d’œil, ADIOS LES COPINES …..
Nous faisons une petite excursion d’une soixantaine de kms dans les terres pour aller visiter deux charmants petits villages gallois. Le paysage change
petit à petit, il y a enfin des arbres. C’est une région plus industrielle et il y a moins d’élevage. DOLAVON a gardé une certaine authenticité. Des roues hydrauliques en bois ponctuent le canal d’irrigation qui est entouré de peupliers. Toutes les maisons sont en briques rouges. Nous ne pourrons pas visiter le moulin à farine dont le mécanisme fonctionne encore, il est fermé.
GAIMAN doit son nom aux Tehuelche (une tribu indienne), qui passaient l’hiver dans la vallée, GAIMAN signifie pointe de pierre. Les nationalistes gallois cherchaient un endroit où immigrer au XIXème siècle. Après la guerre aux Malouines, et la vieille rancœur envers les chiliens qui persiste, le gouvernement argentin a octroyé une parcelle de terrain en Patagonie par famille galloise pour éviter que les chiliens ne s’installent dans cette région.
Nous passerons la nuit sur la Playa Union près de Trelew. Rapide promenade sur la plage pour voir les dauphins de Commerson. Mais où sont-ils ?

Jeudi 11 octobre : CABO RASO
W65°24678 S44°33819

Il fait un froid de canard, 4° à l’extérieur, 7° à l’intérieur : brrrrrrr…… !!!
L’eau met un temps infini pour chauffer. Heureusement que le soleil arrive et que le ciel est bleu. Nous reprenons notre route monotone avant de bifurquer sur une piste qui longe l’océan en direction de CABO RASO, un petit village. Les guides nous ventaient la traversée du désert, nous ne sommes pas déçus. A 30 kms/h, nous n’avons pas croisé une seule voiture, mais des moutons en pagaille, des guanacos, des nandous et ……. un tatou, le 1er. Mais il court vite le coquin. Nous ne pourrons pas l’approcher.
A l’entrée du village, il y a une pancarte site historique. Chouette !!! En fait, le village se résume à 4 maisons en ruine, et un abri en béton édifié pour la guerre des malouines. Un monsieur vit toujours ici avec ses 2 chiens et son vieux camion, c’est un pêcheur d’algues. Il est à 80 kms de piste du village le plus proche. Seul un petit cimetière nous rappelle qu’ici il y avait de l’activité. Qui va s’occuper de ce dernier villageois ? Dernière promenade le long de la plage. L’air est vivifiant, il fait 10 °. Nuit paisible après les secousses de la piste.

Vendredi 12 octobre : CAMARONES
W65.70807 S44.79997

Nous repartons pour 80 kms de piste avant d’arriver à CAMARONES. C’est un joli petit village de pêcheurs. Le pain y est bon. Il fait beau. Nous profitons d’être au camping pour nettoyer l’intérieur du camping-car à fond. Les filles jouent sur le bord de plage. L’après-midi nous faisons une grande balade pour visiter le village et profiter de la plage.

Samedi 13 octobre : CABO DOS BAHIAS
W65.57569 S44.90393

Une mauvaise piste nous mène jusqu’à CABO DOS BAHIAS, une réserve naturelle, ou niche une gigantesque colonie de pingouins de Magellan. La journée est vraiment agréable. Il fait beau. Les vues des panoramiques sont superbes. La végétation est rase. Autour de nous, les falaises ont une couleur rouge. A certains endroits, l’Océan peut avoir 4 couleurs différentes (2 bleus et 2 verts). Nous sommes pratiquement seuls. C’est reposant et tellement agréable de se promener dans ces paysages de rêve. Les animaux y sont en liberté et tout le monde cohabite sans problème. Les
guanacos sont ici en abondance. Moins sauvages, nous pourrons les approcher de très près. Une maman autruche déambule avec toute sa famille, des mini-autruches. C’est mignon. Le soir nous dormirons face à une lagune ou se reposent deux flamants roses et deux cygnes. La nature est magnifique. Le temps semble s’arrêter et pourtant les journées passent très vite. Mais le plus impressionnant c’est quand même les pingouins. Ils ont une couleur noire et arbore deux bandes blanches et noires sur le haut de la poitrine. Ils mesurent environ 45 cm et pèsent 3 Kg. Après avoir passé l’hiver dans l’eau, le mâle arrive seul sur la terre fin août. Ils préparent le nid pour la venue de ces dames. Les femelles pondent en octobre et les œufs éclosent à la mi-novembre. Nous verrons les femelles couver leurs œufsChacun leur tour, mâle et femelle, se relaient alors pour s’occuper des nouveaux-nés et les nourrir avec de petits poissons et des calamars régurgités. Les adultes font des allers-retours incessants vers la mer pour se nourrir. Parfois les nids sont très loin de l’océan, mais ils retrouvent toujours leurs emplacements. Ils se déplacent maladroitement sur la terre ferme. Leur cri est spécial. Avec les enfants nous passerons beaucoup de temps à imiter leur cri et leur démarche dandinante. Ca ne vous rappelle pas quelqu’un ? Nous apprendrons plus tard que la belle estancia bleue à la sortie du parc appartiendrait à Florent Pagny. Trop tard, nous aurions bien partagés une petite bierre…..
Cela fait un mois que nous avons débarqué du bateau.

Dimanche 14 octobre : RADA TILLY
W67.55668 S45.94250

Nous passons une bonne partie de l’après-midi sur la plage. Les enfants se régalent à jouer dans le sable. Elles se déshabilleront dehors, elles ont du sable de partout. Tout est fermé. La vue du mirador sur la baie est magnifique. Nuit face à l’Océan.

Lundi 15 octobre : SARMIENTO ET SA FORET PETRIFIEE
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Nous repartons dans les terres. Les routes sont toutes droites et les steppes balayées par des vents très forts. Jean-Paul est crispé sur son volant. On se balade sur la route. Nous arrivons à SARMIENTO où nous visitons un petit musée inauguré en 2004, situé dans l’ancienne gare ferroviaire. Il retrace la vie des indiens tehuelches et l’arrivée des premiers colons. Le gardien est très agréable. Son épouse a de la famille à Bordeaux. Le monde est petit. Nous nous dirigeons vers la forêt pétrifiée. Plus d’une heure pour parcourir 30 kms de piste tape-cul. Un régal … Jean-Paul est heureux. Les bas-côtés sont de véritables marécages ou vivent de nombreux oiseaux. Les arbres sont couchés par les vents fous. Les enfants en profitent pour regarder un DVD. Par contre, le parc est magnifique. A la tombée du jour, le Cerro Abigarrado et les collines avoisinantes
resplendissent de mille couleurs : un mélange d’ocre, rouge, jaune, vert….. C’est splendide. Avec l’accord du gardien, nous passons la nuit à l’entrée du parc pour pouvoir en profiter de bonne heure demain matin. Le vent souffle si fort que les enfants n’arrivent pas à s’endormir. Elles ont peur de s’envoler. Nous aussi….. mais chut ! Ne leurs dites-pas….

Mardi 16 octobre : FORET PETRIFIEE et COMODORO RIVADAVIA
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Le vent a fini par se calmer cette nuit, mais il a repris de plus belle au levée du soleil. Le vent qui rend fou de la Vallée du Rhône n’est rien à côté du vent patagonien. La visite de la forêt nous enchante. Il y a 75 millions d’années, il y avait de nombreuses forêts de conifères. Des vents violents ont déraciné ces arbres et les ont dispersés dans la région. Lors d’une éruption volcanique, ces arbres ont été entièrement recouverts d’un manteau de cendres volcaniques. Par la suite, l’eau des pluies, en passant à travers la couche de cendres volcaniques s’est chargée en minéraux puis a pénétré et
s’est cristallisée dans toutes les cavités et les espaces vides du bois des arbres. C’est un processus très long appelé pétrification. Avec le temps, l’érosion a mis à nus les arbres, sous lesquels d’autres exemplaires plus anciens se trouvent enterrés. Certains arbres sont en haut des falaises striées de jaune et de rouge. En contrebas, il y a des montagnes peu élevées, plates au sommet. On croirait un paysage lunaire. Le gardien nous a prévenu que l’on ne devait rien ramasser mais nous ne résistons pas à la tentation. On cachera nos trésors dans des endroits secrets… le gardien ne viendra quand même pas les chercher…. Nous reprenons la route en direction de COMODORO. Le paysage est jonché de puits de pétrole. La ville est entourée de derricks, réservoirs de pétrole et de centrales éoliennes. Plutôt tournée vers l’élevage, le destin de cette ville a tourné en 1907, quand des ouvriers ont mis au jour un gisement pétrolifère. Un musée retrace la vie de cette ville et son évolution depuis cette découverte. Ce musée est très intéressant, nous déplorons que les outils et photos ne soient pas datés.
Ce soir les enfants sortent les jouets. Les barbies sont invitées à une soirée disco sur le parking d’une station essence, mais Ken se fait attendre. C’est peut-être à cause du vent que l’on ne supporte plus. On invente d’ailleurs une
chanson sur l’air « d’au clair de la lune » : chantez avec nous ….
«A l’aube du jour, mon ami le vent,
Déjà tourbillonne et chasse le sable
Tu es bien trop fort et tu es trop froid
Mais où sont les Tabert, en Patagonie ».
Après avoir eu une petite frayeur (on vous racontera au retour), nous allons enfin nous coucher quand nous entendons un drôle de bruit. L’arrosoir automatique de la station s’est mis en route et il arrose le camping-car en faisant un vacarme d’enfer. Il a fallu se déplacer. La journée n’en finissait plus. Tout le monde a eu beaucoup de mal à s’endormir. Il y a des jours comme ça…..

Mercredi 17 et jeudi 18 octobre : PUERTO DESEADO
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Nous longeons d’immenses plages le long de l’Océan. Nous arrivons en début d’après-midi un peu fatigués de la petite nuit et de la longue route. Les filles nous réclament un moment pour jouer et surfer sur internet. Nous passerons un après-midi cool. PUERTO DESEADO, petite ville paisible, est tournée vers la pêche en haute mer et le tourisme. Cette ville est bordée par la Ria Deseado, une réserve naturelle unique. Petite visite de la ville, et de la Estacion del Ferrocaril Patagonico. Nous dormirons au camping Canadon Jiménez. Il se trouve dans la Ria Deseado et est abrité par de hautes parois rocheuses d’une couleur rose. Dès qu’il nous voit, le gardien, un monsieur tout rond, vient discuter.
Le deuxième jour, nous partons toute la matinée sur les pistes de la réserve naturelle. La Ria Deseado s’est formée lors de la progression des eaux dans le lit d’un fleuve abandonné, créant un abri idéal pour la flore et la faune.
Cette réserve renferme plusieurs îles ou viennent nicher de nombreux animaux. Nous longeons des lagunes et explorons à pied les canyons. Il y a de nombreux oiseaux de toutes les couleurs. Près d’une habitation, vit un couple de flamands roses et leur bébé qui a encore les plumes grises. Il n’a pas assez mange de crevettes. Ils n’arrêtent pas de piailler. Marine ne les comprend pas car ils parlent le coin-coin espagnol. A marée basse, les paysages sont magnifiques. Un canyon est surnommé le canyon indien car un cimetière a été découvert en haut de la falaise. Nous sommes seuls et pique-niquons en haut de la falaise de roche rose. Nous faisons fuir un marat (gros lapin). Comme dit Camille, on a juste le temps de lui voir son pompom.
L’après-midi, nous partons pour 3 heures de balade en zodiac. Nous recommandons « DARWIN EXPEDICIONES » www.darwin-expeditions.com pour la visite de la Réserve naturelle. Nous partons en excursion avec une équipe de journalistes
chilienne. Ils sont très sympa. Nous avons passé un après-midi de rêve. Les fameux dauphins de Commerson sont là. Ils nous ont ravi par leurs sauts acrobatiques. De petites tailles, environ 1,50 m, les adules sont noirs et blancs, surmontés d’un aileron dorsal arrondi. Les jeunes sont plus gris. Par groupe de 2 ou 3, ils venaient jouer près du bateau, sautant fréquemment hors de l’eau et surfant sur les vagues faites par le zodiac. Quel spectacle !! Pendant plus d’une heure, nous observons, regardons, contemplons ce magnifique spectacle. On passe d’un côté à l’autre du bateau, pour les voir. Les filles sont heureuses. Elles ont un sourire jusqu’aux oreilles et des yeux grands ouverts. Cette réserve renferme bien d’autres trésors. Nous nous approcherons très près d’une île ou nichent des cormorans gris. C’est la plus grande colonie d’Amérique du Sud. Ce sont des oiseaux magnifiques. Le corps est d’un joli gris et le bec rouge et jaune. Leurs yeux sont extraordinairement beaux. On a l’impression qu’ils sont maquillés. Ils vivent dans des trous en couple. Le mâle va chercher à manger. Au retour, il est récompensé par un gros bisou et un gentil câlin de la femelle qui roucoule de plaisir. Ca ne vous rappelle pas les humains ? Plus loin, nous verrons des cormorans impériaux (de couleur noire et blanche, seul les yeux sont entourés de rouge) et les Cormorans roquero. De temps en temps passent des Paloma antartica, oiseaux de couleur blanche. Il existe 5 sortes de cormoran en Amérique du Sud et 4 nichent dans cette réserve. Nous nous éloignons encore pour nous approcher d’une colonie de lion sde mer. Ils ne sont pas très actifs. Nous sommes tellement près que nous pourrions presque les toucher. Il y en a un qui n’est pas très content et qui nous crache dessus. Les bébés sont craquants, mais ils puent. Nous terminons notre balade en débarquant sur l’île aux pingouins. Là aussi, il y a en a une multitude. Les femelles couvent et les mâles font les beaux. Vous connaissez la « marche de l’Empereur », on s’y croirait. Nous resterons un moment à les contempler, assis par terre tout en partageant une tasse de maté. Elle est quand même belle la vie. Lorsque l’on prend le temps de discuter, observer, écouter, on arrive à partager des moments forts ensemble. Aujourd’hui, nous sommes bien loin de la société chaotique et dépressive. Nous nous
couchons les yeux émerveillés, le cœur plein de joie d’être là.

 

Vendredi 19 octobre : Forêt pétrifiée de SANTA CRUZ
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Nous nous rendons à la Forêt de Santa Cruz où une activité volcanique a réduit en cendres les vastes forêts de la région, alors baignées d’un climat humide tempéré. C’était il y a 150 millions d’années. L’érosion a par la suite fait apparaître des araucarias minéralisés, arbres que l’on trouve uniquement dans l’hémisphère sud. Ils font jusqu’à 3 m de diamètre et 100 m de haut. Cette forêt s’étend sur 15000 ha. En raison des fortes pluies, seulement 50% est visible. Les chemins ne sont pas praticables et nous ne pourrons pas aller jusqu’au sommet voir les plus grandes concentrations d’arbres pétrifiés. Si on tape sur la pierre cela résonne. Les arbres ont différentes couleurs en fonction des minéraux de l’eau infiltrée : le fer donne la couleur rouge, l’aluminium la couleur blanche, et le manganèse la couleur noire. Nous verrons notre premier zorro gris (renard) qui partit à la chasse passe près de nous. Le gardien nous suit tout au long de la promenade. L’avantage est que nous avons des explications, par contre nous ne pourrons pas ramassés de trésors. Le musée à l’entrée du parc est très intéressant. Des peaux d’animaux morts sur place sont exposées ; zorro gris (renard), ……… Nous repartons en direction de Saint-Julian, un peu déçu de ne pas avoir pu visiter toute la forêt. Arrivée à Puerto San Julian, nous sommes limites en essence et il n’y en a plus à la station. Nous campons là ce soir, il fera jour demain….

Samedi 20, Dimanche 21 et Lundi 22 octobre : RIO GALLEGOS
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Après avoir enfin trouvés de l’essence, nous prenons la route pour le Parc Monte Leon. Celui-ci est fermé, ce n’est pas encore la saison. Dommage, on avait besoin de se reposer en pleine nature. Nous arrivons à Rio Gallegos sous une pluie de grêlons. La journée est vraiment mauvaise, et il fait très froid. Après quelques courses, on se promène au hasard d’un petit marché artisanal abrité sous des petits chalets. Rio Gallegos est une grande ville dont l’économie tourne autour des champs pétrolifères. Ce n’est pas très joli. Cette ville a joué un rôle actif durant la guerre des Malouines dont témoignent plusieurs sites commémoratifs érigés dans la ville. Le dimanche 21, c’est el Dia de la Madre. Toutes les familles sortent et partagent une tasse de maté. C’est une journée très importante en Argentine. Ces 3 jours vont nous permettre de terminer les évaluations et de remettre en état la maison qui est plutôt crado.
Il y a la possibilité de visiter de nombreux musées. Nous sélectionnons le musée de los Pioneros. Aménagé dans une demeure typique des années 1890, ce musée permet d’en savoir plus sur la vie des premiers immigrants. Le complexe culturel provincial couvre une large gamme de sujets avec des expositions temporaires d’art moderne, une salle réservée aux dinosaures, des explications sur la culture des Tehulches. Le plus intéressant pour nous a été l’exposition : « la vie du Tché en image ». En rentrant, on se documentera plus sur lui.
A 30 kms à la Punta Loyola, se trouve l’épave du KLANTY, un navire en fer. Poussé par le vent, il s’est échoué en 1910 après que son chargement de charbon ait pris feux. Sur les 3 nuits, nous passerons 2 nuits sur une station et une nuit dans un camping très cher et pas sympa du tout. Les autres campings sont fermés ou il n’y a pas d’eau. Tant pis….

Mardi 23 octobre : DETROIT DE MAGELLAN
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Une petite pensée pour Emma qui fête ses 2 ans. Nous avons reçu des photos qui nous font très plaisirs.
Manou nous a envoyé les résultats des premières évaluations. Les appréciations sont vraiment très bonnes. Bravo les filles, continuez comme ça, nous sommes fiers de vous….
Avant de reprendre la route, arrêt dans une station pour que JP regonfle les pneus. A l’intérieur, nous entendons un énorme bruit, une explosion. Les enfants ont peurs, elles se mettent à hurler et pleurer en cherchant JP par les fenêtres. En fait, c’est la voiture d’à côté qui a explosé son pneu. Le calme revient… En route pour le Détroit de Magellan, nous faisons un petit détour par la laguna azul. Son nom vient de sa couleur bleu azur. Elle se trouve au fond d’un cratère. Cette lagune est un vrai mystère, elle aurait des pouvoirs magiques… magnifique…
Nous sortons de l’Argentine et quelques kms plus loin nous passons la frontière du Chili à Monte Aymond. Tous les produits frais sont cachés. Nous avons tout de même le droit à une petite morale, nous avons oubliés de cacher les oignons et les échalotes que l’on nous confisque sur le champ. Les formalités prennent une heure au total. Les gendarmes chiliens sont en vert kaki…….. remember…

NOUS ARRIVONS ENFIN A LA PUNTA DELGADA OU NOUS PRENONS LE BAC POUR TRAVERSER LE DETROIT DE MAGELLAN

Très polis, on s’arrête derrière une file de camion. Je vais à la pêche aux renseignements avec mon maigre espagnol. Le routier devant nous me dit qu’il y a 5 heures d’attentes avant de pouvoir prendre un bac. Oh non !!! La Terre de Feu se mérite … Après un petite moment d’attente, un chilien nous dit que les voitures peuvent passer en priorité. On ne se fait pas prier, on enclenche la 1ère et nous voilà sur le quai. Petite photo devant la pancarte, c’est le DETROIT DE MAGELLAN tout de même. Nous en avons tellement parlé l’année dernière avec les enfants, qu’il est difficile de croire que nous sommes là. Le Détroit a une longueur de 583 kms et une largeur de 3 kms au minimum (Punta Delgada) à 32 kms au maximum. La traversée dure 45 mn environ, 45 mn où on se prend pour MAGELLAN, qui tout fier sur son navire, est passé ici en 1520.
JP a peur d’accrocher le porte-à-faux, je suis prête à dégainer les calles mais nous n’en n’aurons pas besoin cette fois-ci.
L’arrivée se fait à Bahia Azul. Là commence la Terre de Feu. Quand Magellan est arrivé, il vit des feux de camps allumés par les Yamanas, qui vivant nus même en hiver, en avaient besoin pour se réchauffer. Il baptisa ce lieu Tierra del Humo « Terre de fumée ». C’est Charles Quint qui rebaptisa l’île Grande « Terre de Feu ». Avant l’arrivée des Européens, vivaient ici quatre groupes ethniques : les Selknams, les Haushs, les Yamanas et les Alakalufes. Ils ont tous été exterminés…..la dernière survivante une grand-mère Yamana s’est éteinte en 2003. On a l’impression désagréable que ces peuples n’ont jamais existés, et que le mal qui leur a été fait n’ait qu’une pure invention…
La moitié nord de l’Ile est consacré à l’élevage des moutons. Les paysages ne sont pas très beaux. La route a rapidement fait place à des kms de piste.
Il est déjà 18h00, la journée a été fatigante, la nuit tombe vite. Nous allons jusqu’au village de Cullen, indiqué sur la carte routière. En fait c’est une grosse usine de gaz. On aperçoit des feux qui proviennent de la combustion du gaz naturel près des puits de pétrole. Cela fait un bruit infernal. Le gardien nous a repérés de loin avec ses jumelles. Après accord hiérarchique, il nous autorise à passer la nuit devant le poste de sécurité. Un zorro gris nous surveille du coin de l’œil. Il est à 15 m. Bonne nuit.

Mercredi 24 octobre : RIO GRANDE
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Direction la frontière. En chemin, un troupeau de mouton barrant la route, est rabattu par des chiens sous l’œil vigilant du propriétaire. Arrêt à San Sebastien ( au Chili) plus 15 kms plus loin à San Sebastien (en Argentine). Le camping-car n’est pas fouillé. 30mn de formalités et nous repartons avec quelques tampons supplémentaires sur les passeports et un nouveau visa de 3 mois pour l’Argentine.
Les paysages sont à peine vallonnés, pas très beaux, et surtout il fait très, très froid. La pluie commence a tombée. Il faut être fuégien pour supporter ce temps.
Nous arrivons à RIO GRANDE, une petite ville pas très touristique. Le camping est fermé, nous passerons la nuit face à la mer dans le froid encore. Terre de Feu : rêve ou cauchemar ? Une bande de jeune fait la fête sous nos fenêtres avec la musique à donf. Nuit difficile.

Jeudi 25 octobre : RIO GRANDE
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Ce matin, il fait 6° dans le camping-car et 4° à l’extérieur, il n’y a plus de gaz donc plus de chauffage. Difficile de faire l’école dans ces conditions mais les filles s’accrochent.
La ville n’est pas très agréable, ce n’est qu’une étape pour les touristes qui se rendent à Ushuaia où pour les pêcheurs. Les maisons sont de toutes les couleurs (vert pomme, bleu lavande…). Même les toits sont en accord avec les murs. De nombreux monuments sont dédiés aux combattants de la guerre des Malouines. Nous voulons avoir des renseignements sur le prochain poste frontière. Le commandant de gendarmerie qui nous renseigne parle français. Il est venu en stage à l’Ecole de Gendarmerie à Melun. Il nous renseigne aussi sur les curiosités à visiter. Jean-Paul ose le coiffeur… pas mal.
Nous passerons la nuit à l’abri du vent près du lavadoro.

Vendredi 26 octobre : CABO SAN PABLO
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Avant de partir, le camping-car se fait une petite beauté, ce n’est pas du luxe, il est vraiment trop sale. Résultat : des infiltrations d’eau par la fenêtre latérale… Pendant ce temps, avec les filles nous profitons et abusons de la WI-Fi à la station essence. Nous pouvons enfin parler à Manou au téléphone. De plus nous avons des nouvelles de Loëtitia, Vladia et des enfants. A la pompe, l’essence nous est facturée au prix étranger. JP grince des dents…. Visite au supermarché. Tous les NORTE sont rachetés par CARREFOUR. Nous trouvons pratiquement de tous. On craque pour le nutella (il n’y a que les gourmands qui peuvent comprendre). Pour la première fois, nous trouvons de la viande blanche. Petite entorse au régime argentin, une bonne escalope à la crème fraiche avec des champignons….. C’est tellement bon.
Nous partons sur 80 kms de route en mauvais état suivie de la piste. La végétation change. Il y a de grandes forêts, mais les arbres sont morts et recouverts de lichen. Les vaches abondent avec leurs petits veaux. C’est trop chou comme dit Marine. Au fond du paysage, les montagnes sont couvertes de neige. C’est bien le début de l’été ? Arrivée à CABO SAN PABLO, c’est la marée haute. Un énorme bateau « le Desdemona » est échoué sur la plage. On ne connaît pas son histoire, mais demain nous en ferons le tour à marée basse. Petite balade sur la plage. Il y a une petite cabane de pêcheurs où vivent deux hommes. Les gendarmes nous surveillent un peu…. Juste pour être sûr que rien ne nous arrive. Après diner, nous ressortons observer les castors. A la tombée de la nuit, un vieux couple sort de sa maison. Leur organisation est impressionnante. Ils sont tous les deux énormes. Les pattes postérieures sont palmées et la queue aplatie. Ils construisent des digues de branchages dans les cours d’eau. Ils récupèrent des bois d’arbres, tapent de la queue avant de plonger la tête en avant pour amener leurs trésors sous l’eau. Ces rongeurs, provenant du Canada et introduits en 1946 afin de développer l’industrie de la fourrure, ont provoqué un véritable désastre dans la forêt fuégienne. Ils rongent les arbres, mais surtout, ils les inondent, pourrissant ainsi leurs racines. Les dégâts sont considérables. Chaque rivière a son cheminement modifié. Il fait tellement froid que nous rentrons rapidement. Demain on s’équipera mieux…… Dans la nuit, la tempête fait rage. Stationnés dans un chemin de terre, face à la mer, Jean-Paul a peur de ne pas pouvoir ressortir. Demain il fera jour.

Samedi 27 octobre : LES CASTORS
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Après les devoirs, petite balade autour du bateau échoué à marée basse. Une partie du chargement est encore à l’intérieur tout pourri. Le bateau penche dangereusement. Nous prenons la route en direction d’un barrage de castors repéré la veille. Nous avions pour projet de les épier en plein travail. Equipés des écharpes, bonnets, gants.. nous resterons 4 h00 dans le froid à attendre. Nous sommes invités à déguster un super barbecue de sardine au village indien « Xenaka ». Les deux seules indiennes survivantes s’appellent cheveux d'or (dit Camille) et fleur des bois (dit Marine). Au moment où enfin ils sortent, une tempête de neige …… Zut ! Tant pis on a pas attendu aussi longtemps pour rentrer maintenant. Nous resterons une bonne heure sous les flocons de neige. Il faut être un peu fou … ou tout simplement baroudeur. Nous passons la nuit devant le poste de police, qui nous propose l’électricité, banos et duchas… Ce n’est pas de refus car la température est passée en dessous de zéro. On n’ose pas regarder le thermomètre avant de se coucher.

Dimanche 28 octobre : TOLHUIN
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Aujourd’hui se sont les élections présidentielles. Notre gentil gendarme lave sa voiture avant d’aller voter. Il est pour Christina, comme beaucoup d’argentins apparemment. Ce gendarme est dans cette petite cabane perdu dans la forêt depuis 15 ans. Les seuls habitants sont ceux des estancias, dispersés un peu partout. Sa famille est à TOLHUIN à 100 kms. Il est heureux et ne se plaint pas. Avant de partir, il nous prend en photo.
THOLHUIN (provenant du Selkham et qui veut dire en forme de cœur) est un petit village de 2000 habitants au bord du lago Fagnano. Il y a beaucoup d’animation aujourd’hui due aux élections. Les maisons sont des petits chalets en bois très chaleureux au cœur de la forêt. Les jardins sont décorés de bancs et chaises eux aussi en bois. Le village est connu pour sa fameuse panadéria « La Union », où comme tous les touristes nous irons nous régaler de pâtisseries pour le goûter. Nous finirons l’après-midi au bord du lac, face aux montagnes enneigées. C’est magnifique, mais il fait encore très froid à cause du vent. Ce soir nous irons au camping Hain del lago khami qui est au bord du lac. Le propriétaire est un aventurier. Il a fait le tour du lac sur un pédalo (6 jours pour parcourir 200 kms). Pour preuve, il nous offre son livre. Nous rêvons d’une bonne douche chaude et de pouvoir se laver les cheveux. Le camping est bien situé, la vue est très belle, mais on la paye aussi très chère. Les sanitaires sont sales. On prend la douche dans la seule baignoire où la crasse s’entasse. L’eau qui coule de la pomme de douche est marron. L’eau est chauffée avec une chaudière à bois qu’il faut alimenter régulièrement… C’est l’aventure qui continue. Nous nous endormons bercés par le bruit des vagues et le balancement du vent.