Du Dimanche 20 Juillet au Lundi 18 Août 2008 : LE PANTANAL et IGUAZU

En passant la frontière brésilienne, nous découvrons un monde différent. .Nous n’avions pas l’intension de visiter ce pays mais les nombreux voyageurs nous ont décidés à venir voir de nos propres yeux ce merveilleux pays. Comment résumer nos premières impressions….. le Brésil c’est la couleur, le goût pour la fête, la joie de vivre, la musique, la passion….. Après les formalités administratives douanières, nous arrivons à Curumba, porte d’entrée du Pantanal. Le thermomètre ne fait que monter pour atteindre les 40 degrés. La première journée est réservée aux contacts avec agences, bateau.. afin de préparer notre séjour. Tout finira par échouer. Mais ce n’est pas grave, nous sommes envoutés par ce pays. Nous nous régalons sur le port avant d’écouter un concert en plein air. Le chanteur, un peu efféminé, semble connu car tout le monde chantonne avec enthousiasme. Marine ne comprend pas bien si c’est un monsieur ou une dame. Le Brésil est aussi vaste que contrasté et les distances entre les destinations sont importantes et demandent du temps. Rapidement, nous prenons la route en direction de Bonito dans le sud du Pantanal. Mais à 15 km de Bodoquena, sur une piste, le camping-car tombe en panne. Plus de jus, impossible de redémarrer. Un tas de bouton s’allume. Finalement, il semble que la pompe à injection soit le souci. Chiot !!! Jean-Paul vérifie toutes les connexions visibles sans succès. Nous décidons d’arrêter une première voiture qui ne reviendra jamais avec le garagiste. Un deuxième véhicule s’arrête avec à bord une famille. La langue officielle est le portugais, les échanges sont un peu difficiles. Le conducteur nous fait comprendre qu’il est tard et qu’aucun garagiste ne viendra à cette heure ci. Il propose de nous remorquer avec son 4x4. Dur Dur. Dans un premier temps il faut faire faire demi-tour au camping-car. Tout le monde s’y met même les enfants. On ne déplace pas 4 tonnes facilement. Le remorquage est un peu difficile dans les montées mais ce n’est rien en comparaison des descentes. Jean-Paul n’a pas de frein et par sécurité nous devons détacher la corde de remorquage. C’est donc en roue libre, que nous descendons à une vitesse vertigineuse la piste. Le plus délicat est le passage des ponts un peu étroit. Il y a intérêt à bien viser pour ne pas se retrouver dans le fossé. Sacré souvenir ce retour. Hernandez et Sirley nous offre l’hospitalité jusqu’à la fin des réparations. Ils sont vraiment charmants. Il est déjà 18HOO, on se met à table….. café, jambon, fromage, yaourght…. Vers 20h00, nous prenons notre douche et Sirley nous dit : après la douche, vous venez diner. Etonnés, nous lui répondons que nous venons de dîner. Non, non, ce n’était qu’un en-cas. On se remet donc à table pour déguster une spécialité brésilienne cuisinée par Hernandez. Quel accueil ! Nous resterons avec eux deux jours. Leur vie est « bizarre » où alors c’est la notre. Toute la journée c’est un va et vient constant de copains…… La maison est toujours pleine de rire. Le garagiste est très compétent. Après quelques coups de téléphone chez FIAT, et sans la mallette magique, il nous réparera la pompe à injection. Nous reviendrons visités ce coin plus tard, nous prenons la route pour Campo Grande afin de faire un check-up complet. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Leyla qui travaille chez FIAT nous suivra pendant deux jours afin de nous aider. Personne ne veut nous prendre en charge, on est trop haut, trop lourd, trop, trop, trop….. Finalement, FIAT accepte de s’occuper de nous. Il faut changer les pneus (encore), les disques de frein et les plus endommagés les suspensions avant. Sur le châssis la fixation des coupelles supérieures est fendue et les suspensions se promènent toutes seules. Du jamais vu. Le support d’amortisseur est fissuré à l’intérieur, c’est dangereux mais personne ne peut nous réparer.

 

On verra bien. La facture est salée …… Moment de désespoir, on rentrerait bien un moment en France… mais c’est ridicule de s’arrêter pour cette petite chose. La plus part du temps nous dormons dans les stations essences immenses, bien équipées, sécurisées mais un peu bruyantes. Mais aujourd’hui nous dormons dans la rue de Campo Grande, dans une rue tranquille. Vers 22H00, on entend du bruit et des voix chuchoter « Karine, Jean-Paul ». Etonnés, on pense tout d’abord à des voyageurs qui nous ont vus. Non ce sont des jeunes de la maison d’en face. Ayant vu le logo sur le CC, ils sont allés sur le site et sont venus pour discuter. Il y a 3 personnes puis le lendemain 6 et le troisième, une quinzaine. Un gamin de 10 ans pose plein de question. Il repart avec des euros et une carte postale de la Tour Eiffel. Il est tellement content qu’il nous écrira plus tard. Ils ne savent pas quoi faire pour nous accueillir : maté qui se consomme froid et en grande quantité, café très bon mais très très sucré, chaises dans la rue pour tailler une bavette. Les brésiliens sont vraiment très gentils et agréables. Il nous faut deux jours de route pour rejoindre Cuiaba. La route n’est pas sympa du tout. Des kms et des kms de lignes droites sur des routes défoncées par les camions qui circulent 24/24. Parfois, 20 camions sont les uns après les autres, impossible de doubler. Le plus long aura 3 remorques et fera 20 m de long. Quelques fermiers élèvent des autruches. Sur les bords, des immenses champs de blé, maïs, soja. Nous sommes en hiver, il fait chaud, on ramasse tout en même temps. Je n’arrive plus à suivre le fil des récoltes. Le plus beau, ce sont les champs de coton. Un gros tracteur avale les boules blanches avec un aspirateur puis déverse le chargement dans un camion qui à l’aide d’une presse, prépare de grosses bottes. Ca vole de partout. Nous arrivons à Cuiaba, capitale du Mato Grosso. C’est une grande ville, propre, moderne, colorée…… et aussi le point d’entrée du Pantanal nord. On se sent bien ici. Véritable sanctuaire écologique, c’est aussi la plus belle réserve naturelle. Il couvre la moitié de la surface de la France, soit 230 000 km². Zone marécageuse dont les deux tiers sont inondés à la saison des pluies d’octobre à mars. Ces inondations empêchent le développement de l’agriculture mais limitent les incursions humaines ce qui permet au Pantanal de demeurer l’une des régions les plus sauvages du pays. La saison sèche permet une bonne observation du monde animal. C’est un véritable paradis avec faune et flore exceptionnelles tant par la beauté que l’importance. Quelques jours à la Posada Piuval près de Poconé nous permettent de découvrir ce vaste monde. Entre deux promenades à cheval, à pied ou en bateau, on se prélasse auprès de la piscine. Le camping est plein de bouses de vache mais on s’y sent vraiment bien. Merci à Valérie et son mari (julesetjim.com) pour cette délicieuse adresse. Pas besoin de sonnerie, on se réveille avec les vaches qui meuglent et les chevaux qui hennissent. Il ne faut pas oublier les charmants cochons en liberté toute la journée. La posada est entourée de palmiers, manguiers, arbres à noix de cajou et autres espèces…. Chaque arbre est un enchantement ou se joue un concert. Après quelques jours de farniente, nous descendons plus au sud. La transpantaneira, unique route de terre de 150 km, relie la ville de Porto Joffre (qui n’est pas une ville mais un quai d’embarquement, un hôtel très cher avec piste d’atterrissage pour hélicoptère, et un camping), avec pas moins de 121 ponts en bois et quels ponts.

Le premier est en construction. Il faut descendre dans le rio et la pente semble trot raide pour notre porte à faux. On enrage d’être là et de ne pas pouvoir aller plus loin. Deux ouvriers descendent dans le rio pour le dégager des objets encombrants et nous tracent le circuit. On passera sans problème, nous sommes super contents. Dans notre déception, nous n’avions pas vu qu’en fait le rio était plein de caïmans. Au retour à ce même pont, une famille avec des enfants pèche, les jambes dans l’eau. Surpris, on surveille les crocos de peur qu’ils s’approchent trop près d’eux. Tout le long de cette piste, les crocos se prélassent au soleil, ils semblent inoffensifs. Il y en a des milliers. On fait tout de même gaffe en sortant du camping-car. Il y en a des gros et des touts petits. On s’approche de plus en plus et quand un mouvement de foule commence, vite on se tire. On ne se lasse pas de ce spectacle. Les oiseaux traquent leur proie près d’eux sans être dérangés. Un croco traversera la route devant nous, il faudra attendre qu’il finisse sa petite promenade avant de pouvoir passer. Plus loin, des personnes pèchent d’adorables petits poissons jaunes appelés piranhas. Un jeune nous montrera les dents, impressionnant …. On n’y met pas les mains sous peine de se faire mordre. Nous n’avions jamais vu autant d’oiseaux qu’ici. Impossible de décrire la délicatesse des vols de perruches ni la beauté du Jabiru, échassier d’un mètre de haut, à tête noire et col rouge écarlate, symbole du Pantanal. N’oublions pas non plus des hérons, ibis, cigognes, colibris, un nombre impressionnant d’oiseaux de proie, les aigrettes neigeuses qui se regroupent près des marais, couvrant les arbustes tels des fleurs blanches. Un martin-pêcheur tient un poisson dans son bec. Il le frappe sur le pont jusqu’à ce que mort s’en suive. Impressionnant la puissance et la finesse de son geste. Nous ne verrons que de loin de très beaux oiseaux roses appelés des spatules roses. A ne pas confondre avec des flamands. Un autre animal très visible ici, le capybara, le plus gros rongeur. Il possède une tête de rat, des dents de lapin et fait la taille d’un chien. Il se déplace en famille avec femme et enfants. Au camping de Porto Joffre, un couple de perroquets azul (bleu très foncé) niche juste au dessus de nous. Nous quittons le Pantanal nord qui nous a fascinés pour Chapada dos Guimaraes et son parc qui est malheureusement fermé à cause d’un accident. Les paysages sont étonnants, de cascades en grottes, le plateau rocheux nous permet d’avoir des vues superbes sur toute la région. La famille profite de se baigner sous une cascade immense mais très froide ou dans la rivière toute proche du camping à Salgadeira. Des brésiliens campent près de nous. Notre camping-car est ridicule par rapport au leur. En attendant la venue de Christian, on file dans le sud, à 1800 kms aux chutes d’Iguaçu (Iguazu signifie eau grande en indien). Le temps change et les températures chutent, il fait presque froid. On commence par le côté brésilien. Le camping Clube do Brasil est le plus proche des chutes mais pas très entretenu hors saison. Nous sommes tout seul. La visite du parc aux oiseaux nous prend tout l’après-midi. Près de 800 espèces sont regroupées dans des volières de 8 mètres de haut, construites dans la forêt, et dans lesquelles il est permis de rentrer. La volière la plus sympa est celle des perroquets ou arras. Les 4 espèces que nous avons pu observer en liberté sont présentes : les verts et jaunes, les rouges et bleus, les bleus foncés, et les bleus turquoise et jaunes. Quel magnifique plumage. Il faut faire attention car ils nous frôlent en traversant la cage, émettent des cris rauques et sont parfois agressifs quand on s’approche de trop près. Il est permis d’en tenir un sur le bras. Aucun ne voudra rester sur Marine. Elle préfère admirer les toucans, un oiseau à plumage noir, avec un bec orange vif aussi long que leur corps, et le tour des yeux bleus. Elle en parlait depuis longtemps. Une volière est réservée aux papillons de toutes les couleurs, et des colibris qui se déplacent à toute vitesse. Nous partons pour le parc do Iguaçu et ses fameuses chutes d’eau immenses, avec une heure de retard car on ne s’est toujours pas rendu compte que l’on avait changé d’heure. Plus de 275 chutes sont réparties sur un front de 2,5 km dans un site exubérant de végétation tropicale. Les chutes étagées se jettent les unes dans les autres, tantôt en de minces filets, tantôt en de larges et hautes cascades qui peuvent atteindre 72 m de hauteur. Un sentier s’enfonce dans la végétation et longe la montagne. De la cime, des points de vue nous permettent d’admirer le panorama d’ensemble sur les chutes côté brésilien mais aussi argentin. Le temps est gris et le paysage manque de lumière. Mais c’est à couper le souffle. Le sentier se termine sur des passerelles qui s’avancent au dessus de l’eau jusque sous les chutes, au milieu de la gorge du Diable. Un nuage permanent de gouttelettes d’eau nous enveloppe, nous sommes trempés mais éblouis par tant de splendeur. Nous retrouvons Claude et Alain au camping américano à Puerto Iguazu en Argentine. Les filles sont ravies de pouvoir faire des bagues en perle avec Claude. Merci pour les films, nous avons beaucoup aimés « Mission » avec Robert de Niro, film qui a été tourné ici et nous sommes restés scotchés par le documentaire sur le Namibie. Waouh !!!! Vous nous en parlez tellement avec admiration de ce continent, l’Afrique prochaine étape ?
Les chutes du côté argentin sont fantastiques aussi. Ce côté donne une vision plus rapprochée. On se rend mieux compte de la quantité d’eau qui se déverse, des millions de mètres cubes. Plusieurs sentiers permettent de s’approcher de près ou de voir en contre-plongée tout en traversant une végétation tropicale resplendissante. Des petites passerelles franchissent quelques petites chutes et des belvédères permettent de s’approcher si près que l’on pourrait les toucher. Le grondement de l’eau est impressionnant. Un petit train nous amène jusqu'à la dernière station. Un passerelle passe sur une rivière sereine, longe quelques îles avant d’atteindre son point final, les Gorges du Diable. Stupéfiant. C’est de là que le spectacle est le plus époustouflant. 13000 m3 d’eau par seconde se précipitent d’une hauteur de 90 m en 14 chutes. On a l’impression de se trouver au creux d’un gouffre ou toutes les eaux du monde entier se déversent et de se faire happer. On reste médusé devant cette beauté vertigineuse, le grondement des eaux, les immenses arcs-en-ciel, les nuages de gouttelettes, et le ballet des oiseaux traversant les chutes. Un touriste français dira que se sont les plus belles chutes du monde, encore plus belles que les chutes du Niagara.
De retour au Brésil, nous nous arrêtons à Itaipu, le plus grand barrage du monde, immense muraille de béton qui retient des masses d’eau gigantesques. Les lâchés d’eau forment des vagues immenses. Ce barrage est un projet commun entre le Paraguay et le Brésil et couvre la quasi-totalité des besoins en électricité des deux pays. On finit par une petite incursion à la Ciudad del Este au Paraguay ou les produits importés sont détaxés. Nous retournons à Campo Grande au camping de l’Estancia Vovo Dédé à 35 km du centre ville. Il fait à nouveau 35 degrés. On profite de ce moment de repos pour faire le ménage, mettre à jour le site et flâner auprès de la piscine avant de rejoindre Christian à Rio de Janeiro. Les filles ont hâte de retrouver tonton car la famille et les amies leurs manquent beaucoup. Quand à Rio, c’est le rêve de Camille depuis qu’on y a fait escale en bateau en septembre dernier.

Ce week-end, on pense très fort à toute la famille Aujoulat qui se retrouve pour célébrer le mariage de Julie et David. Toutes nos félicitations.

Mardi 19 Mardi 26 août 2008: RIO DE JANEIRO

Joyeux anniversaire à Manou Nous prenons l’avion pour RIO DE JANEIRO où nous arriverons très tard le soir. Le camping-car est en vacance chez Michelin ou André nous le garde toute la semaine, le temps de lui trouver des nouvelles chaussures. Christian nous attend. Il a profité de sa journée pour récupérer l’appartement, faire les courses, et prospecter…… Si vous avez besoin de louer un appartement adressez vous à l’agence COPACABANA HOLIDAY ils sont extras (www.copacabanaholiday.com.br). Le notre est situé sur la baie de Copacabana.Il est superbe. Seule la chambre des enfants donne sur la plage, mais c’est super.

Venez avec nous visiter cette merveilleuse ville. Rio c’était le rêve de Camille mais avouons le, le notre aussi. D’ailleurs c’est la ville qui fait rêver les gens dans le monde entier et elle est à la hauteur de sa réputation. Rien que de prononcer Copacabana, Pain de sucre, Christ, Ipanema……..et les baies, que dire des baies et des petits maillots de bain sexys qui s’y prélassent. La ville est entourée de montagnes et de pics couverts d’une végétation dense.

Nous avons commencé par profiter de la plage en arc de cercle d’une longueur de 5 kms, du sable blanc. L’eau est un peu froide. Les filles se font emportées par les vagues mais Christian veille. Nous avons parcourus Copacabana à pied. Ce quartier est beau avec ses larges avenues commerçantes et ces petites rues résidentielles. Le front de mer est magnifique. Les Cariocas vivent dehors. Dès que possible, ils se rendent sur la plage pour disputer un match de foot, un match de volley, se promener, faire un footing, admirer les belles filles en maillot de bain.

Le dimanche, la route est fermée aux voitures pour permettre à tout le monde de circuler en toute sécurité. Toutes les classes sociales se retrouvent, les familles aisées comme les habitants des favelas. Le culte du corps est très important. Sous les arbres, les masseurs nous attendent. Avec Christian, nous ne résistons pas à un petit massage.

Nous nous rendons au mont Corcovado. A la sortie du bus, nous sommes abordés par José Roberto de l’Agence Eventos e Viagens. (tel : 9567-6394). Pendant deux jours il nous promènera avec son minibus à travers la ville. Des miradors, il nous fait admirer la ville, l’impressionnant pont Présidente Coste e Silva d’une longueur de 14 Kms et nous explique les différents quartiers et les habitants. Le deuxième mirador surplombe une des nombreuses favelas. C’est sur cettemontagne haute de 710 m qu’est érigé le Christ Redemptor. Cette statue inaugurée en 1931 est en béton armé et érigée sur un piédestal de 8 m. Elle mesure 30 m de haut et 28 de large. Le sculpteur français Paul Landowski a participé à l’élaboration de cette beauté. On prend de nombreuses photos avant de retourner prendre un bain de soleil.On ne peut pas aller à Rio sans aller voir le fameux stade « Maracana ». Et oui, à tous les amateurs de foot (un pensée pour Denis), c’est génial, on a foulé la pelouse verte de ce grand stade. On a été visités les vestiaires (très sommaires). Nous avons touchés les empreintes de pieds de Pelé, Zico et bien d’autres……

Le Pain de Sucre qu’il est beau ! On le voit de la plage de Copacabana et il nous attire. Pour accéder au sommet qui se trouve à 400 m, il faut prendre deux téléphériques. Le premier s’arrête sur le Morro da Urca. La vue est magnifique et permet de découvrir la ville, les plages et les habitations. Le deuxième traverse au dessus de l’Océan, dans le vide. Mais au sommet c’est extra. La vue sur la Baie de Guanabana est époustouflante. Nous faisons le tour inlassablement du sommet à travers la forêt. Il y a quelques singes qui amusent les touristes. Un film est diffusé sur la construction de ce téléphérique.Au début le constructeur a été traité de fou. C’étaità l’époque une vielle cabine en bois. Maintenant, les cabines ont une vue à 360 degrés et d’en bas, elles ressemblent à un diamant dans le ciel. Ce sommet fait la joie des alpinistes qui ont le courage d’affronter ces versants. Chapeau ! On termine la journée par une petite baignade à Ipanema, autre quartier résidentiel, encore plus chic que Copacabana. Nous nous installons tranquillement, et une fois déshabillés, nous nous apercevons que nous sommes sur une plage gaie. Les hommes s’embrassent, les femmes s’enlacent. Les enfants ne remarquent rien et continuent à jouer.Finalement nous sommes en sécurité.

Il ne faut pas oublier que Rio, ce n’est pas que le luxe, le soleil, les vacances ….. il y a aussi les favelas, et ici il y en a 750 plus ou moins importante. Visiter une favela me tente, mais est ce que c’est dangereux ? Est-ce que ce n’est pas du voyeurisme ? Et les enfants, st ce que cela ne vas pas être trop dur pour elles ? Ne pas y aller, c’est aussi fermer les yeux sur la pauvreté. Connaître c’est une façon de reconnaître et de pouvoir mieux en parler. Nous faisons appel à Marcelo (qui parle français) de l’agence Marcelo Armstrong (www.favelatour.com.br).Les favelas possèdent les meilleurs vues à Rio parce qu’elles sont à flanc de montagne. Il faut savoir qu’au Brésil, le gouvernement se doit de donner un logement à chaque habitant. Si une famille squatte et construit une maison sur un terrain de l’état et qu’elle y habite pendant 5 ans, alors cette famille devient propriétaire du terrain. D’où l’apparition des favelas. Les municipalités ont laissé faire, et les habitants se sont retrouvés dans des situations précaires avec des habitations sommaires sans commodités. La plus grande est Roncinha avec ses 60 000 habitants. Elle se situe à Côté d’un quartier très chic ou se situe l’école la plus chère de Rio. La richesse s’étale aux abords. Plus on monte, plus les gens sont pauvres. Une seule route traverse ce quartier. La majorité des gens ont un commerce, un bar, un resto… les autres travaillent à Rio. Certaines personnes pourraient habiter dans des quartiers chics car elles ontde l’argent, mais elles préfèrent rester ici. La favela c’est leur racine. Les maisons sont les unes sur les autres avec des toits de couleurs. Toutes les maisons possèdent l’électricité et l’eau courante. Je regrette de ne pas avoir pu rentrer au cœur de la favela qui est certainement plus intéressante. L’artisanat se développe. Nous ne sommes pas autorisés à prendre des photos partout. Une seule loi règne : celle des gangs. On ne vole pas et on ne tue pas à l’intérieur d’une favela. Les gangs protègent les habitants et se substituent à la municipalité pour améliorer le quotidien de chacun. En échange, la population les protège et ne les dénonce pas. Ils peuvent « trafiquer » tranquillement. Bien sûr, la police n’entre pas ici ; Eventuellement, ils vont au resto aux abords et encore les armes restent dans le véhicule. Les habitants ne font pas attention à nous, ils sont comme tout le monde, ils VIVENT. Alors que je lève les yeux, je croise le regard d’une mamie qui est à sa fenêtre. Un regard timide, un sourire malicieux, une émotion intense, des larmes dans les yeux…. Cette favela a beaucoup souffert il y a deux ans lorsque deux gangs se sont affrontés. Nous visitons une deuxième favela plus petite. La municipalité est plus présente parce que chaque ruelle est pavée et porte un nom, des jeux d’enfants sont aménagés. Je suis étonnée de la proximité des habitations. On est carrément dans le salon du voisin. Nous finissons la balade par la visite d’une école semi-privée. C’est un italien qui l’a fondé. Elle est aussi en partie financée par Marcelo qui reverse une partie de ses gains. Les enfants fabriquent un peu d’artisanat qui est vendu aux touristes.

Cette visite nous a enchantés. Nous y sommes allés sans danger et avec des idées préconçues.Je ne garantie pas la sécurité si vous y aller sans guide. En tout cas c’est génial, faites-le.

José nous a fait découvrir le sambodrome. C’est cette grande rue ou le défilé du carnaval passe. A cette époque c’est bien triste. Mais il suffit de fermer les yeux pour enttendre la musique et voir tournoyer les paillettes. Ca nous a tellement donnés envie que nous partons avec Ronaldo de l’agence Exotic Tours ( www.exotictours.com) visiter une école de Samba. La propriétaire Rejane parle français. Elle propose aussi les visites des favelas. Nous visitons la plus populaire des écoles, celle deSalgueiro. La musique inonde la rue et le spectacle est autant dedans que dehors. Sur scène quelques danseurs proposent une samba. Mais le spectacle c’est dans la salle. Tout le monde se trémousse. La danse et le rythme sont dans les gènes des brésiliens. Le must c’est la batteria, le groupe de musique. Ils font des tournées mondiales. Ils ne font pas que jouer, battre le rythme, ils vivent, ressentent chaque note. Le corps entier explose. Spectacle époustouflant qui donne la chair de poule tellement c’est beau à écouter et voir. La soirée se finit par le show de danse. Des couples apparaissent avec des grandes robes, des plumes et des paillettes. Ils virevoltent, sedéhanchent, se dandinent. Waouh Waouh Waouh. Une personne près de nous est vêtue d’or ? On hésite, c’est un homme ou une femme. On ne saura jamais. Chaque école a une reine. En minishort, elle est très sexy. Elle n’hésite pas à danser sur une petite estrade… les hommes sont aguets….. Tout de suite après le show nous partons. Ronaldo nous explique qu’après c’est un peu chaud…. Dommage nous étions prêts pour une nuit pailletée.

Nous passons notre dernière journée à flâner au centro et faire les marchés afin de ramener quelques souvenirs. Rejane nous présente une copine qui est voyante. Alors on ne va pas se priver. Mais on ne dévoilera pas ce qui s’est dit.

Rio est tellement grand qu’il faudrait y rester très longtemps. Nous n’avons pas pu aller au lac, dans la forêt ou dans d’autres quartiers très agréables.Il nous est difficile de quitter un tel endroit tellement nous avons passés unechouette semaine avec de grandes émotions. Encore un coup de cœur.Nous reprenons donc l’avion avec Christian pour Campo Grande. A chaque fois que nous avons pris un moyen de transport autre que le camping car il nous est arrivé quelque chose : panne du bateau aux Galapagos, crevaison avec les bus…. Il nous manquait la catastrophe avec l’avion. Et bien s’est fait. Nous avons quittés l’aéroport avec beaucoup de retard soit disant à cause du mauvais temps. Après environ une heure de vol, surprise, les masques à oxygène tombent. Le commandant de bord nous demande d’être calme et de suivre les instructions. Une semaine avant, il y avait le crash en Espagne, alors tout le monde est calme et personne ne parle. Le commandant nous informe d’une dépressurisation de l’avion. Ce n’est quand même pas banal. Il fallait le faire. Les enfants commencent à avoir un peu peur et j’avoue que nous ne sommes pas rassurés. De plus on ne comprend pas tout aux explications en portugais. Le commandant de bord décide de faire demi-tour sur Rio. Alors on se demande si on va pouvoir tenir une heure de plus en plein ciel. Nous sommes confiants, la voyante ne nous a pas prédit une fin tout de suite, alors….. Soulagés tout de même nous arrivons à l’aéroport de Rio ou un autre avion nous attend. Beaucoup de femmes pleurent, nous rassurons les enfants comme on peut. Un bon tiers des passagers ne remontera pas dans l’avion. Une partie de l’équipage a changé. Une hôtesse très angoissée n’a pas tenu le coup. Finalement plus tard que prévu, nous arrivons sein et sauf à Campo Grande. Encore une chose que l’on n’oubliera pas.

A Campo Grande, c’est jour férié. Michelin est fermé, nous nous payons donc un super hôtel avec piscine, grande chambre et petit déj comme il y a longtemps que nous n’avons pas eu. Le camping-car est chaussé de nouvelles chaussures toutes belles, nous reprenons la route avec Christian à bord en direction du Pantanal sud.

Mercredi 27 août au Dimanche 14 septembre 2008 : le Pantanal sud
Remis de nos frayeurs, on s’installe quelques jours à la Fazenda San Francisco à 30 kms de Miranda en direction de Cuiaba. Christian est arrivé avec pas mal de cadeaux, des livres, des films mais aussi les cours du CNED pour l’année à venir. Nous ne sommes pas en avance donc on attaque rapidement au grand désespoir des enfants et de moi-même d’ailleurs. On ne travaille que le matin car c’est trop dur. Il fait très chaud. Nous restons ici le temps de profiter de tout l’équipement et de toutes les activités. On part désespérément à la recherche du puma ou du jaguar. C’est notre rêve d’en voir un en chair et en os mais pas de trop près quand même. On essaye tout : safari de jour, safari de nuit……Il joue avec nos nerfs.
Le matin des toucans viennent picorer les restes du petit déjeuner et une myriade de perroquets verts volent au dessus de nous. A la tombée de la nuit, parfois on entend un léger bruit dans les herbes, c’est un tatoo ou un renard qui vient nous rendre visite.
Tout le monde part dans un véhicule 4x4 aménagé en gradin pour admirer cette jungle ou foisonnent plus de 10 millions de caïmans, 150 000 espèces d’oiseaux, des caïpibanas (sorte de castor), jaguars, pumas, singes, serpents et aussi les tuiuius (grand échassier et emblème du Pantanal).
Nous partons pour une magnifique promenade à cheval à travers la propriété ou le guide nous explique le fonctionnement de la fazenda côté ferme. Nous sommes toujours à la recherche du puma.
Une journée, nous partons en bateau sur le rio le long duquel pullulent les alligators. Nous pêchons les magnifiques petits piranhas que nous donnerons aux alligators qui se lèchent les babines. Promenade très sympa. En rentrant nous dégustons une délicieuse soupe de piranhas. Il parait que celui qui mange de cette soupe vivra longtemps. Abusons.
Nous participons au barbecue organisé par la Fazenda. Il y a un couple charmant de niçois en vacances. Nous discutons tout en savourant l’apéritif local : le caipirinha. Cet apéritif est compose de cachaca, d’un jus de citron, sucre et glace. Le résultat est sublime surtout quand il est bien frais. On devient complètement accroc. A boire avec modération . …
Nous partons ensuite chez nos amis de Bodoquena qui nous ont dépannés il y a quelques temps. L’accueil est toujours aussi chaleureux, les brésiliens ont vraiment le sens de l’hospitalité. Nous restons le temps que les hommes partagent une partie de foot au bord de la piscine pendant que les femmes cancanent. Un soir ils invitent plein de copains avec qui nous partageons un bon repas très gai. Un couple qui passe dans la rue s’arrête. Le monsieur est portugais et vit à Paris. Il a rencontré son amie au Brésil et elle vit depuis un an en France. Soirée sympa.
Direction Bonito. Nous nous installons à l’auberge de jeunesse qui possède une piscine et internet. Le top !!! Ce petit village est intéressant pour ses paysages, ses cascades, ses grottes, ses lacs cristallins et toutes les activités sportives possibles. Petit problème tout est très chère et aucune activité ne peut se faire sans guide. Nous partons donc en minibus à la grotte azul. Un petit sentier nous conduit au plus profond ou nous pouvons admirer un lac souterrain de couleur bleue et des stalactiques.
Nous passons une après-midi au balneario municipal, une piscine naturelle d’eau claire et poissonneuse sur le Rio Formoso. Il est possible de louer un masque et de nager avec les poissons aux couleurs un peu fades. On se régale à leur donner à manger. Quand on jette des graines, ils se précipitent et sautent comme des lapins. En fin d’après-midi on se fait dévorer par les moustiques.
C’est déjà l’heure pour Christian de rentrer en France. Nous repassons chez Hernandez, Sirley et leur ami. Malheureusement, ils n’ont pas beaucoup de temps, nous ne pourrons donc pas aller pêcher comme prévu. Ils sont à fond dans les élections municipales. Vive Kazu 25.
De Campo Grande, Christian doit se rendre à Rio de Janeiro où son avion l’attend. Il n’hésite pas un instant entre 4 heures d’avion et 24 heures de bus. Un peu intimidé par notre « petit accident » en plein vol, il préfère le bus. Tchao tchao tonton. Marine pleure beaucoup et Camille essuie rapidement ses yeux rouges. Merci à Christian, Manou et les tontons qui ont bien gâtés les enfants. Une petite pause sympa qui nous a fait beaucoup de bien à tous.
Nous souhaitons retourner en Bolivie car nous n’avons pas terminé notre périple là-bas. A la frontière, une équipe de télévision locale nous aborde et décide de nous interviewer. La journaliste nous pose des questions sur notre voyage, l’école des enfants, le pourquoi du comment…. Le caméraman filme l’intérieur de la maison. Les chaussettes sales pendent aux poignées des placards pour sécher. Ca fait aussi partie de notre vie de nomade. Nous ne verrons pas si nous sommes photogéniques à la télé mais c’était un moment rigolo. Malheureusement les frontières boliviennes sont fermées. Morales a confirmé sa position de Président et ce n’est pas au goût de tout le monde. La province de Santa Cruz est encerclée par les contestataires. 100 camions attendent que les bloqueos cessent. Cela dure depuis plus de 10 jours. Il ya déjà de nombreux morts. Peut-être que demain nous pourrons passer mais cela peut aussi durer un mois de plus. Nous ne savons pas quoi faire. Les boliviens attendent une guerre civile en espérant qu’elle arrangera la situation. Mais ce n’est pas notre place ici. Nous décidons de rentrer en Argentine en passant par le Sud. Il nous faut contourner le Paraguay et redescendre à Foz Iguazu. Soit plus de 2000 kms jusqu’à la frontière. On roule plusieurs jours sans arrêt, et nous quittons le Brésil le 14 septembre.
Le 13 septembre nous fêtons notre anniversaire de voyage. Cela fait un an que nous sommes sur le continent américain. Nous avons parcourus 43000 KMS. Il y a eu pas mal de problèmes mécaniques, des pleurs, des doutes, mais des moments tellement merveilleux. Ca valait le coup.
C’est finit le Brésil. Vous l’avez compris, ce pays est un vrai coup de cœur. Il est vraiment trop grand et trop cher. Il faudrait des mois et des mois pour explorer toutes les régions. Nous avions l’impression de partir en vacances après une année de travail. Nous avons toujours été en sécurité et après la Bolivie on peut dire que le Brésil est très propre. Les brésiliens sont adorables mais leur langue incompréhensible. Bye Bye el Brasil.