Lundi 9 au Jeudi 12 Juin 2008 : COPACABANA – Ile du Soleil et Ile de la Luna
Nos premiers kms en Bolivie se font sur l’Altiplano. Nous n’avons pas l’impression de quitter le Pérou car tout se ressemble, les gens et les paysages. Copacabana, à ne pas confondre avec la superbe plage du Brésil, est niché entre deux collines et surplombe le lac Titicaca. Nous passerons deux jours à flâner et à préparer notre séjour sur les Iles. Une marche d’une heure nous mène au sommet du Cerro Calvario. C’est très difficile car le souffle nous manque, mais la vue sur la baie est imprenable.
Le plus impressionnant ici, c’est la cathédrale mauresque d’un blanc éclatant. Les portes en bois sont sculptées avec finesse. Et enfin surréaliste mais vrai, nous avons assisté au baptême d’une voiture. Le curé est sorti en soutane blanche et casquette rouge pour asperger d’eau bénite, une grosse voiture décorée avec des fleurs….. Ici c’est la tradition. Nous partons deux jours sur les iles du Soleil et de la Luna et avec l’aide de notre guide Vicente de l’agence Andes Amazonas, nous faisons connaissance avec le dieu blanc Viracocha et Manco Capac et sa femme Mama Ocllo, les fondateurs de l’Empire inca.
Nous commençons par la partie nord de l’Ile ou se trouve la commune de Cha’llapampa. Un excellent petit musée regroupe les objets mis au jour en 1992 à Marka Pampa, la cité engloutie. Moi qui pensait que le dessin animée l’Atlantide était une légende !!! Un chemin longe la plage et nous conduit aux ruines de Chincana.
Le labyrinthe cache un puits qui servait de purificateur pour les incas. Plus loin, la table de cérémonies ou se déroulaient les sacrifices. Vicente nous raconte la légende qui relate l’histoire de la création des incas. Un énorme rocher, le TitiKhar’Ka (Titi est un animal et Khar’Ka, le caca humain) évoque la forme d’un Puma. Trois éléments naturels figurent sur la façade de ce rocher : l’air, l’eau et la terre. On les retrouve d’ailleurs dans toutes les constructions de cette époque. A l’extrémité de ce rocher, figurent le visage de Viracocha et deux grandes niches. Elles sont surnommées Refuge du soleil et refuge de la lune car d’après la mythologie, c’est là que le soleil a fait sa première apparition suivi de Manco Capac et Mama Ocllo. Au sol, deux grandes empreintes auraient été laissées par le soleil après sa naissance…… Un bateau nous ramène sur la partie sud de l’ile. Il faut monter l’escalier de l’Inca soit environ 250 marches avant d’arriver au village de Yumani. D’étonnants jets d’eau fraîche jaillissent d’une source naturelle, la Fuente del Inca puis s’écoulent par trois canaux en pierre. C’est trois canaux symbolisent la devise nationale : Ama sua, ama llulla, ama khella (Ne vole pas, ne mens pas, ne sois pas paresseux). Vicente nous fait visiter son village, la petite église, l’école et nous raconte son enfance et la vie des adolescents d’aujourd’hui. Nous montons sur la colline pour admirer le coucher de soleil sur le lac scintillant avec en arrière plan la Cordillera real et ses pics enneigés à plus de 6000 mètres. La montée est très difficile, Camille ne supporte pas l’altitude ce soir, elle a la tête dans un étau. Nous passons la nuit à nous cailler dans un petit hôtel. Il n’y a pas de chauffage ni d’eau chaude. Le deuxième jour, visite du Palacio del Inca, ruines qui se cache sur le flanc d’une colline escarpée en terrasses. Nous prenons ensuite un bateau pour l’Ile de la Luna qui n’est pas très visitée. Il parait que c’est ici que Viracocha ordonna à la Lune de s’élever dans le ciel. Nous visitons les ruines d’un couvent inca qui abritait autrefois les vierges du soleil.
Elles devaient confectionnaient les vêtements pour le peuple inca et étaient présentées en offrande au Soleil. Nous finissons notre journée par la visite du seul petit village de l’ile ou vit 14 familles. Elles vivent de leur culture et de l’élevage de truite. C’est assez lugubre. Retour à Copacabana. Nous avons la surprise de retrouver la batterie moteur à plat. Impossible d’en trouver une ici. Le mécano la charge toute la nuit pour pouvoir repartir sur la Paz.
Vendredi 13 au Jeudi 19 juin 2008 : LA PAZ
Cela fait 9 mois que nous sommes en Amérique du sud, 32700 kms parcourus. Une grande chaîne à la sortie de Copacabana nous empêche de quitter cette petite ville. Un policier demande le passeport de Jean-Paul avant de l’entrainer à l’intérieur du poste et de lui demander un petit propiana. Ca commence…. Pour nous rendre à La Paz, il faut traverser le détroit de Tiquina qui sépare le lac Titicaca du Lago de Huynaymarka. Passage obligé du camping-car sur le bac, petite embarcation peu rassurante. Marine n’est pas rassurée du tout et préfère rester dans le camping-car qui penche tantôt à droite, tantôt à gauche au grès des remous. Nous arrivons au camping Oberland à Mallasa où nous retrouvons avec joie Renata, Bruno et Pépa. Nous faisons aussi connaissance avec une famille varoise : Delphine et ses enfants Romane et Samuel. Le courant passe tout de suite. Nous sommes rapidement rejoints par Claude et Alain. La semaine est rythmée par les apéritifs et les repas qui se terminent assez tard. La journée il fait relativement bon mais le soir les températures descendent bas. Tous les jours, nous allons flâner dans les marchés de la capitale la plus haute du monde (3200 à 4000 m). C’est une ville agréable qui grouille de monde.
Elle se situe dans un immense canyon avec au lointain le sommet enneigé du majestueux mont Illimani (6400 m) qui se dessine. Coup de cœur pour le musée des instruments de musique. Sont exposés des instruments très variés : instruments précolombiens, des instruments bizarres comme la guitare à 5 manches, des instruments du monde… Il est possible de s’amuser un peu et de jouer quelques notes. Nous avons enfin pu nous rendre au mercado de las Brujas ou marché des sorcières.
On y trouve beaucoup d’artisanat mais aussi toutes sortes d’herbes, des pierres magiques, des potions mystérieuses, des fœtus de lamas, des becs de toucan séchés. Malheureusement, pas de yatiris pour me lire l’avenir. Le mercado negro vaut le détour. Les étals proposent toutes sortes de produits allant de la babiole à l’imprimante, des vêtements, nécessaire de cuisine, tissus……. Petite visite à l’immigration qui nous délivre un visa de 3 mois et achat d’une batterie neuve. La vie au camping est très très calme. Il se trouve près de la Vallée de la Luna dans le canyon du Rio Choqueyapu.
La vallée de la Luna est un étrange labyrinthe de gorges et de pitons érodés. Certains ont la forme d’un objet ou d’un humain. Tout le monde parle de la fameuse route de la mort qui est difficile en véhicule. De nombreux accidents ont couté la mort à des autochtones mais aussi des touristes imprudents. Nous avions vu des photos impressionnantes et pour ne pas rester bête, on décide d’aller voir. Une agence de voyage nous organise la descente de Cumbre à Yolosa. Jean-Paul le plus courageux part en VTT tandis que les trois filles le suivent dans le minibus de l’agence.
La descente fait environ 70 kms, commence à 4800 m et se termine à 1100 soit un dénivelé de 3700 mètres. Au début c’est une route goudronnée à double sens, sans aucun danger. Puis nous empruntons le chemin de la mort.
Ce trajet traverse une incroyable diversité de paysages. La coca y est abondamment cultivée. La route est très périlleuse car étroite. Il y a tout juste la largeur d’un véhicule. A droite, la paroi rocheuse, à gauche, la falaise qui descend à pic sur 8OO mètres. Ca fait froid dans le dos. Le chauffeur s’arrête souvent pour nous montrer les croix qui jalonnent le parcours ou les restes d’un bus ou d’un camion en bas de la falaise. Jean-Paul s’en sort comme un chef et nous passons le reste de la journée près de la piscine d’un restaurant. Sur le chemin du retour, le chauffeur et les deux guides s’enfilent un sachet entier de feuilles de coca avant de changer la roue crevée du véhicule. Bien sûr la roue de secours est à plat, le chauffeur va la regonfler avec une pompe à vélo. On a vraiment la poisse : panne de moteur aux Galapagos, roue crevé au minibus…. Camille tousse et a très mal à la gorge. Pour la première fois du séjour, on fait venir le médecin de l’Ambassade de France. Très sympa. La Paz a été une pause détente et ressourçante. On y a fait des rencontres très sympathiques….
Vendredi 20 et Samedi 21 Juin 2008 : TIWANAKO
C’est la fête de la musique en France et le nouvel an pour les aymaras en Bolivie. Nous sommes en l’an 5561. Tout le monde est en costume traditionnel. Les hommes portent un joli poncho rouge, un bonnet de toutes les couleurs sous leur chapeau, et dans le dos un fouet en cuir. La fête du solstice marque le passage à l’hiver et la fin de l’année agricole. Toute la nuit, des groupes de musiques se sont succédés sur la place principale du village. Il y a beaucoup de monde et surtout beaucoup de touristes français. Cette fête attire de nombreux hippies. L’alcool coule à flot et les substances illicites circulent. Vers minuit nous allons nous coucher car il fait très froid et les enfants sont fatigués. Nuit blanche car de nombreux groupes jouent près du camping-car stationné sur le parking des ruines. Les enfants restent au lit et avec Jean-Paul, nous nous rendons sur le site archéologique où se réunissent tous les aymaras. Il est 5h00 et il fait -3 degrés. Perchés sur la Pyramide d’Akapana, nous attendons le levé du soleil. Le Président arrive en hélicoptère pour participer au rituel qui consiste à offrir des friandises, voire des billets pour s’attirer les bonnes grâces du dieu Willikia. S’ensuit le levée de drapeaux : d’abord le drapeau du pays, puis celui de la région (il est constitué de nombreux carreaux de couleurs qui représentent les différentes ethnies de la région). La musique militaire joue l’hymne national. Tout le monde se découvre et main sur le cœur, les enfants, les jeunes et les moins jeunes chantonnent avec un patriotisme incroyable. Puis nous attendons le levée du soleil. Et là, tout le monde lève les bras, paume de mains face au soleil pour prendre de l’énergie cosmique.
C’est vraiment bizarre et très émouvant d’être au milieu de ce peuple et de participer à l’une des plus importante et des plus belles fêtes de la Bolivie. Après avoir levé les enfants, nous retournons sur le site archéologique qui date des civilisations pré-incas et qui se compose de plusieurs parties. La plus importante le Kalasasaya qui servait au culte du soleil. Au centre, la statue du Ponce, à une extrémité la statue du prêtre et en face, la porte du soleil.
Derrière se trouve le temple semi-souterrain, qui enfoui à 2m de profondeur, contient 175 visages sculptés dans la pierre. Hergé s’est inspiré de ses icônes pour écrire Tintin et le Temple du soleil. En ville, les hommes sont complètement bourrés. La plupart sont couchés sur les trottoirs. Visite du musée de la céramique avant de rentrer sur la Paz. Sur l’avenue principale d’El Pato est organisé un grand défilé. Toutes les ethnies sont représentées en costume traditionnel. C’est très coloré et très beau.
Dimanche 22 et lundi 23 juin 2008 : La PAZ
De nouveau à la Paz, nous y resterons le temps de récupérer de notre nuit blanche, et de faire la connaissance de Laurent, le mari de Delphine mais aussi d’une famille suisse : François, Nicole et Noël. Derniers achats, remise en état du camping-car, mise à jour du site….
Mardi 24 au Mercredi 25 juin 2008 : ROUTE DE LA MORT
W67°82718 S16°20839
Nous décidons de refaire la route de la mort mais en camping-car. Non nous ne sommes pas fous. Mais c’est une expérience que l’on a envie de tenter. Après avoir récupérer notre bouteille à la fabrique de gaz, nous partons pour la Cumbre que nous connaissons déjà. Il y a beaucoup de brouillard. TROP RISQUE. Nous attendons de voir l’évolution. Impossible de descendre aujourd’hui. Nous passons la nuit sur place en attendant une éclaircie demain.
Mercredi, le temps est le même. Que faire, c’est un peu risqué. Nous attendons jusqu’à midi et faisons chemin inverse jusqu’à LA PAZ. Nous sommes très déçus. Notre petit voyage est reporté à plus tard.
Jeudi 26 au Vendredi 27 juin 2008 : ROUTE VERS UYUNI
W66°77713 S19°01323
Il nous faudra deux jours pour arriver à Uyuni. La traversée d’Oruro est difficile. Il y a des travaux partout, la ville est engloutie sous la poussière, et comme d’habitude, il n’y a aucun panneau indicatif. Un chauffeur de taxi nous prend sous son aile, nous fait traverser la ville et nous met dans la bonne direction. Nous passons la nuit à Santiago de Huari, sur la place du village qui est bien triste. Nous reprenons la piste sur 180 Kms. C’est l’horreur car elle est mauvaise et les paysages bof !!! Arrivée en fin d’après-midi à Uyuni. Visite rapide de la ville, réservation d’un tour opérateur pour 4 jours dans le Salar de Uyuni et dans le Sud-Lipez. La ville est triste, poussiéreuse, inanimée. La vie semble rude. Petite soirée au resto en compagnie de Claude, Alain et les enfants. Nous goutons le lama. C’est une viande très tendre et qui a du goût. Nuit face au poste de police. Il fait froid, les températures chutent en dessous de 0. Le chauffage est indispensable.
Samedi 28 Juin au Mercredi 2 juillet 2008 : UYUNI
Premier jour : Nous avons rendez-vous avec l’agence à 11h00. Il y a du retard, car avec le froid, le carburant a gelé dans les soutes. Comme si on faisait le plein à 11h-05. Vers midi, le conducteur arrive avec son vieux 4x4. Présentation faite, nous partons visiter le cimetière des trains. Une collection de locomotives à vapeur et wagon rouillent et se dégradent dans un champ à 3 kms de la ville. C’est super. Le temps de prendre quelques photos et nous voilà repartis pour faire le plein d’essence, récupérer la nourriture et la cuisinière. Nous sommes seuls jusqu’à demain. Le bidon d’essence goutte à côté de la bouteille de gaz. Panique, je demande au conducteur de faire le nécessaire mais cela ne le perturbe pas.
J’insiste encore un peu et il daigne se bouger. On perd encore une heure pour régler des problèmes matériels qui ne nous concernent pas. Je commence à m’impatienter ….. Petite halte au village de Colchani. Les habitants vivent de la récolte du sel. Pour une sommes modique, les campesinos piochent, creusent, ramassent des tonnes de sel pour en faire des petits monticules coniques, typiques du paysage du salar. Visite du musée construit en sel avec des statues de lamas en sel et la reproduction du volcan qui relate la légende d’Atahualpa qui aurait lacérer la poitrine de Tunupa et le lait qui en a coulé a former le salar.
Puis nous entrons enfin sur le salar. C’est le plus grand désert de sel au monde situé à 3650 m, qui s’étend sur 12000 km2 et sur 40 mètres d’épaisseur. La surface est formée de plaques de sel de forme hexagonale. Seulement les 8 premiers sont exploitables. Le sel est pour la consommation en Bolivie. Seulement 3% est exporté. Il faut dire que tout est fait à la main. Dessous se trouve une importante couche de lithium qui n’est pas exploitée à l’heure actuelle. Nous nous arrêtons pour déjeuner à l’Hotel del Sal entièrement construit en sel. Plusieurs groupes sont déjà installés. Nous nous amusons à faire des photos truquées et visitons cet hôtel très particulier.
Dans l’après-midi, nous repartons en direction du volcan Tunapa. Nous sommes à 4200 mètres. Le coucher de soleil sur cette immense étendue blanche est superbe. Esperanza, accompagnée de sa petite fille de 4 ans nous cuisine un bon petit repas. Un groupe de mauricien est installé aussi pour la nuit. Dans cette hospedaje, notre chambre se compose de 3 lits en brique de sel. Les murs en sel sont très froids. On passera la nuit emmitouflés dans le duvet avec 3 couvertures en alpagas supplémentaires. Il n’y a pas d’eau au robinet et l’eau qui traine dans un seau ne nous inspire pas confiance. Toilette à la lingette et l’eau minérale dans un froid glacial. Les filles ne veulent même pas aller aux toilettes, il faut dire que c’est un peu répugnant. La chasse d’eau est manuelle, on puise de l’eau dans un baril. Dire que l’agence nous avait venté hôtel avec douche chaude. Nuit blanche pour Jean Paul et Karine.
Deuxième jour : Il fait trop froid pour se lever, on s’habille dans les duvets. Les vêtements étaient restés sous nous pour ne pas être trop froids. Après un petit déjeuner moyen, on escalade le volcan pour atteindre 5000 mètres. Les enfants n’ont pas trop râlés, il faut dire que la vue du haut est exceptionnelle. Derrière nous le volcan éteint avec ses couleurs rouges, ocres, oranges. Devant nous, cette immense étendue de sel d’un blanc aveuglant. Il n’y a que nous, le sol blanc, le ciel d’un bleu intense….. Quelle beauté !!! En plus nous sommes très fiers de notre exploit, car nous avons marchés plus haut que le Mont-Blanc. En redescendant, nous nous arrêtons dans une grotte qui renferme des momies. La grotte est fermée à clé et n’est accessible qu’avec un guide. Il faut payer un droit d’entrée qui normalement devait être inclus dans le prix et j’apprends que le guide qui est guide comme moi, travaille pour une autre agence. Ce qui veut dire que l agence Tounoupatour a sous-traité avec l’agence Riplay tour sans nous prévenir. A voir au retour. On y trouve 7 adultes et des enfants positionnés en scène de vie, comme si le temps s’était arrêté et qu’il allait reprendre plus tard. Elles sont très bien conservées, c’est mieux qu’au musée. A cette époque, ils avaient peur du soleil et le voyaient comme un ennemi, c’est pour cela qu’ils vivaient à l’abri. Après déjeuner nous partons en direction de l’île Inca Huasi, appelée aussi par les tours l’Ile del Pescado qui est elle juste en face, ile rocheuse d’origine volcanique. Un petit circuit nous emmène à travers de grands cactus. Le plus haut mesure 12 mètres mais depuis 6 mois, il est en train de mourir. Sachant, qu’un cactus pousse d’un cm par an, celui-ci a 1200 ans.
On traverse une grotte naturelle de lave. Quand on se trouve au sommet de l’île, on a l’impression de voir des autoroutes tout autour, ces traces noires sur le blanc, ça dénote un peu. Dans la journée, il fait chaud et la réverbération est intense. Nous rejoignons le reste du groupe, un brésilien, une argentine et une anglaise. Nous sommes trop dans ce 4x4 pourri. Dernières photos de ce paysage exceptionnel. Nous prenons une piste extrêmement difficile, est impossible à faire en camping-car pour atteindre un petit village avec un superbe petit hôtel. La salle à manger est chaleureuse et ce soir nous pouvons prendre une douche chaude. Véritable luxe dans ce désert. Le poulet-frites nous réchauffe avant de sombrer dans un sommeil glacial.
Troisième jour : Le chauffeur qui sert de guide mais qui n’est pas un guide, est retourné en pleine nuit à Uyuni. Il est rentré à 4H00 du mat dans un état moyen. Du coup à 08h00, au moment de partir, il est toujours en train de dormir. C’est Jean-Paul qui aidera la cuisinière à ranger le matériel sur le toit. Je commence à en avoir sérieusement marre de cette agence. La piste passe à travers des paysages désertiques et secs, des lacs asséchés pour arriver dans le Sud-Lipez. Nous sommes entourés de volcans éteints. Un seul fume au loin, mais il se trouve au Chili juste à la frontière. Déjeuner près de la lagune Canapa. On se fait manger par les moustiques, mais le paysage en vaut la peine. Le lac est en parti gelé au centre, et les montagnes de couleurs vertes, jaunes, rouges se reflètent dans l’eau sur les bords. Un seul flamand rose barbote tranquillement. C’est vraiment très beau, un havre de paix. Seul problème au tableau, le 4x4 a un problème de roulement. Il faut attendre qu’un autre véhicule vienne nous dépanner. Puis visite de la lagune Hedionda célèbre pour la multitude de flamands roses qui nichent au bord et que l’on peut approcher de très près. Le pot d’échappement finit par céder, le conducteur doit le maintenir avec du fils de fer. Toutes les 15 mn, il doit s’arrêter pour contrôler et rafistoler. On n’arrivera jamais au bout de notre circuit. On s’interroge et on s’énerve un peu, voir beaucoup. Le 4x4 traverse le desierto Siloli, plateaux de pierres gigantesques rouges, marron. On s’arrête un moment à l’arbre de pierre. La journée se termine à la laguna colorado que nous verrons de nuit. Malheureusement, nous avons loupé le coucher de soleil. Je suis très en colère. Ce soir il fait très froid. Nous dormons dans un dortoir et il n’y a pas d’eau car elle a gelé. A 20H00, les bouteilles d’eau restées dans le véhicule ont gelés, les températures atteindront – 15 dans la nuit. On se glisse tout habillés dans le duvet, on est gelé, il est tard. Le conducteur nous donne un dilemme pour le lendemain. Rester plus de temps aux thermes et ne pas aller à la laguna verde ou rester 20 mn aux thermes et voir la laguna verde. On discute avec les autres voyageurs, le véhicule n’ira peut-être pas jusqu’au bout et on prend l’option sécurité, un peu déçu tout de même.
Quatrième jour : Départ à 5H30 du mat. Il fait très très froid et il n’y a pas de chauffage dans le véhicule. On s’emmitoufle avec les duvets, gants, écharpes, bonnets…… On arrive de nuit aux geysers Sol de Manana. On les distingue à travers les phares, comme on revient plus tard, on décide de ne pas descendre du véhicule. Route vers Aguas Calientes ou les eaux sont à 37°. Seules les filles, très courageuses se baignent à 7H30 du mat. Il faut se déshabiller et se rhabiller dehors par 0°. Le petit déjeuner très copieux est bien mérité. Normalement notre voyage se termine ici. Je discute avec les autres groupes qui me disent avoir le temps de rester plus d’une heure ici et de faire tout de même la laguna verde. Je commence à voir vert et comprend que l’on s’est fait roulés par le chauffeur. On réglera cela à l’agence au retour. De retour, nous nous arrêtons aux geysers. Ils peuvent atteindre 100 m de haut et on une température de 200 degrés. Tout autour se forme des petits cratères de boue jaune, ocre, marron, gris. Puis retour sur la laguna colorada et ses eaux rouges comme le sang. Se sont les algues microscopiques qui réagissent à la lumière. Le retour sur Uyuni est très pénible. On va crever en route, et la batterie aura une petite faiblesse. Arrivée sur Uyuni, je prends rendez-vous pour le lendemain avec l’agence, je lui dis que je ne suis pas contente du circuit et que je ne payerai pas le solde. On récupère le camping-car et avec le froid, la sécurité s’est mise en place, toute l’eau s’est évacuée. Il est tard, il fait froid et l’eau est gelée de partout. Même à l’hôtel on ne pourra pas prendre de douche. On décide de vider les bidons que nous avons en réserve. Malheureusement, avec le gel, une pièce a pété sous l’évier de la cuisine. Fuite d’eau. Il faut tout éponger à 21H00 et sortir dans la rue tous les tapis. On est crevé, il fait froid, on est sale. Vivement demain.
Dernier jour au Uyuni : Le rendez-vous à l’agence est assez houleux. La gérante est venue avec 3 autres personnes soit disant de l’agence mais que je n’avais jamais vu auparavant. Tout le monde parle en même temps. J’explique tous les problèmes avec mon espagnol. Ils ont bien compris que je ne voulais pas payer. Ils me menacent de faire venir la police, d’aller à l’immigration qui va m’empêcher de sortir du pays et qui va me saisir mon camping-car. Rien n’y fait je reste de marbre et je suis prête à rencontrer toutes ces personnes. Au bout d’une heure, la police arrive. Je raconte à nouveau, le flic prend des notes, propose un deal (50/50 que la gérante refuse) et m’emmène au poste. Son supérieur en a rien à faire, le policier nous laisse seul et va s’acheter un sandwich au coin de la rue. La gérante part et j’attends de savoir quoi faire. Je finis par aller le voir au boui boui et lui dit que je suis au CC s’il a besoin. La gérante vient me voir en pleurant et disant que si je ne paye pas elle ne pourra pas donner à manger à ses enfants. Je suis à deux doigts de céder. Finalement elle repart en trainant des pieds. On trouve enfin un hôtel ou prendre une douche chaude. Jean-Paul a réparé la fuite, il nous faut trouver de l’eau. La gérante revient me voir en fin d’après-midi pour retourner à la police mais cette fois voir le chef. La gérante est accompagnée d’autres personnes que je n’ai jamais vues. On écoute leur version et quand c’est mon tour, tout le monde se met à parler en même temps. Je râle, le chef flic les fait taire pour que je puisse raconter. Il gronde un peu la gérante qui n’a pas respecté le contrat. Il propose ¼ de la somme pour la gérante et le reste pour moi. Je refuse et propose d’acheter de la nourriture pour les enfants mais pas d’argent. La gérante refuse toujours. Le flic dit que si je ne veux pas payer il ne peut rien faire. Elle menace d’aller me dénoncer à l’immigration et d’envoyer un fax à l’ambassade, je suis partante. Je reste avec le flic qui me dit mais pourquoi tu ne veux pas payer, ici c’est différent de la France. Je ne suis pas d’accord un contrat c’est un contrat. Les autres voyageurs payent d’avance et ne peuvent plus réclamer moi je ne veux pas payer un service non fournir. Je lui explique que la prochaine elle fera attention avec les autres et le préviens que je quitte Uyuni le lendemain à 09H00 au plus tard. Pas de problème me dit il, tu peux y aller. On se tape une bonne pizza avant de se coucher.
Jeudi 3 au Samedi 5 Juillet 2008 : ROUTE POTOSI - SUCRE – TARABURO
W65°99351 S19°76757
A 09H05, le camping car lève le camp direction le salar pour nous tout seul. On profite d’être seul au monde pour faire encore quelques photos de ce site inoubliable. La cordillère des Andes offre des paysages variés aux couleurs différentes. La route jusqu’à Potosi est déguelasse. Petit arrêt à Potosi pour faire laver le camping-car afin d’enlever tout le sel. Puis on retrouve la route asphaltée jusqu’à Sucre ou l’on flâne dans les rues. Nuit près du parc Bolivar. On cherche vainement des poubelles. Ce n’est pas étonnant que la Bolivie soit une poubelle, il n’y en a pas. Route vers Tarabuco ou l’accueil est un peu froid, les gens toujours distants. On visite le village mais tout est fermé en attendant le marché de demain. Nuit sur le parking près du marché extérieur mais ce n’était pas une bonne idée.
Dimanche 6 Juillet 2008 : MARCHE DE TARABUCO
W64°91251 S19°18155
A 07H00, alors que le jour se lève à peine et que nous dormons paisiblement, un homme vient frapper à la porte. Nous sommes sur son emplacement, il ne peut pas garer son camion. Nous déménageons donc direction le parking face au cimetière qui ressemble plus à une décharge d’ailleurs. Tout le monde vient y faire son pipi. Les femmes n’ont qu’à se baisser discrètement, leur grande jupe les « cache », puis elles se relèvent et reprennent leurs activités … quoi de plus naturel ?
Ce village est célèbre dans toute la Bolivie pour son marché. Les indiens Tarabucos arrivent des environs par camions entiers ou à pied. Certains arrivent la veille et dorment sur leur emplacement. Les costumes sont très beaux. Les hommes portent des pantacours blancs, un poncho bordeaux avec des rayures rouges, oranges, violettes, une grosse ceinture cloutée et un chapeau en cuir ou velours noir, les monteras qui rappellent les casques en fer portés par les conquistadors espagnols. Les femmes portent l’Aqsu, c’est un tissu qu’elles enroulent autour de leurs corps. Il a les mêmes couleurs que le poncho des hommes. Le Joq’ullu, chapeau traditionnel est superbe. Il est en laine noire décoré avec des perles de rocailles de toutes les couleurs. Sur le dessus, une tige raide en coton surmontée d’un pompon. Une rangée de perle couvre le front.
Pour les chaussures, hommes, femmes, enfants, portent des sandales noires en pneu recyclé. C’est très sexy. Je vous dis pas l’état des pieds nus : saleté, ongles longs, pieds déformés……C’est sympa de voir le cordonnier travailler dans sa tienda.
Il y a deux marchés aux fruits et légumes assez grands. La coca circule allègrement. Le marché dit « touristique » est magnifique. Les tissus brodés sont d’une grande beauté, très fins, colorés et à des prix …. Il faut parcourir toutes les rues adjacentes du village car chaque porte cache un trésor.
Il y a beaucoup de touristes et les villageois ne sont pas fanas des photos. Il faut souvent les voler. Les habitants réclament toujours un petit dédommagement. On peut aussi les comprendre. En me voyant prendre une photo, une femme attrape un caillou. Je fais comme si je ne la voyais pas et mitraille autour d’elle. Elle baisse sa garde. Au moment du déjeuner, 3 français viennent nous faire un coucou au camping-car. Les meilleures affaires se font à la fin du marché quand les ventes n’ont pas été excessives. Nous repartons en milieu d’après-midi en direction de Sucre. Les enfants jouent aux jeux du Parc Bolivar. Début de soirée un peu agitée car Sucre est vainqueur au foot et nous sommes près du stade. Nous mangeons notre dernière crème Montblanc au praliné. Nuit calme dans la rue Mendizabal.
Lundi 7 Juillet 2008 : SUCRE
Pendant que nous sommes sur internet, Jean-Paul teste le coiffeur bolivien. Ca peut aller. Je ne parle jamais d’argent mais 1,5 euros la coupe, on ne peut pas se plaindre. Le temps de récupérer le linge à la laverie et de faire les courses, il est déjà midi, l’heure d’aller déjeuner. Nous passons l’après-midi au musée des arts indigènes ou musée du textile. Magnifique, grandiose. Il vaut mieux le faire avant d’aller à Tarabuco, cela permet de comprendre beaucoup de chose. Ce musée présente quelques exemples de l’art indigène qui montrent les qualités esthétiques et conceptuelles de pièces archéologiques ainsi que des tissages des régions de Jalq’a et de Tarabuco. Ces vallées bénéficient du programme ASUR . Il est avant tout orienté vers la sauvegarde culturelle : les tissages traditionnels se détérioraient très vite, il a fallut réapprendre les techniques et améliorer la qualité. La commercialisation permet de créer des emplois et des revenus dans le secteur rural. Les motifs aussi ont beaucoup évolués. Les hommes tisserands délivrent un message différent que les femmes : les dessins représentent des animaux étranges ou des khurus sortis de leur imagination. Beaucoup de ces ouvrages sont aussi traités comme des objets rituels et font partie intégrante de certaines cérémonies. Les tisserandes exécutent des rituels avant de commencer : en mâchant de la coca, en frappant les pelotes avec des pierres, ou encore en se déplaçant jusqu’aux vierges pour demander de l’inspiration. Une salle est entièrement consacrée aux danses, instruments et musiques traditionnelles. Nous sommes tellement passionnés qu’il est déjà tard. On reste donc ici cette nuit.
Visite aussi du parc des dinosaures ou on peut observer sur une parois des traces de 4 types differents. Ce nest pas tres interessant. Nous sommes decus.
Ensuite c’est la course au gaz. Il est difficile de faire recharger notre bouteille d’argentine. On opte pour l’achat d’una garafa de gaz, mais dans les tiendas, ils veulent bien échanger mais ne pas nous vendre une bouteille. On tourne en rond et je commence à m’énerver. Heureusement qu’il ne fait pas froid. Environ 28 dans la journée et entre 8 et 10 la nuit. Il n’y a pas besoin de chauffage. Nuit dans la rue Mendizabal.
Mardi 8 et Mercredi 9 Juillet 2008 : AIQUILE
W65°17803 S18°19961
Nous ne partons pas trop tard car 100 kms de route et 50 de piste nous séparent d’Aiquile. C’est la capitale du Charango, sorte de mandoline. Malheureusement, c’est jour férié et tout est fermé. Petite visite de la ville. Il y a une superbe église… fermée. Nuit sur la place de l’église.
La cloche retentit et joue l’Angelus à 06h00 du mat et pendant 15 mn. Même avec la tête sous l’oreiller, c’est horrible. Vers 10h00, nous nous pointons au musée du Charango ou sont exposés les instruments récompensés lors de la grande fête annuelle. Malheureusement, il est fermé jusqu’à 14h00, alors nous en profitons pour courir les ateliers d’artisan. Ils prennent beaucoup de temps à nous expliquer les techniques, les matériaux utilisés et les différentes étapes de fabrication. C’est très intéressant et ludique. Nous attendrons l’ouverture du musée jusqu’à 15h30, et personne ne peut nous dire s’il va ouvrir ou non. On perd patience. La Bolivie est un pays superbe mais les gens nonchalants. On a toujours l’impression de les déranger. Ils ne savent jamais et quand ils donnent une réponse c’est souvent faux. J’ai de plus en plus de mal a supporté la population. Ils ne sont vraiment pas attachants en ce qui me concerne. Nous prenons la route des ruines d’Incallajta qui se trouve à 130 kms de piste. C’est la première fois que nous roulons si tard et de nuit sur un chemin en mauvais état. Les paysages sont encore une fois somptueux. La vallée est riche, l’électricité apparait à travers les vitres des maisons en adobe. Nuit sur le parking près d‘un ruisseau qui nous bercera toute la nuit.
Jeudi 10 Juillet 2008 : INCALLAJTA
W65°41402 S17°60812
Nous partons à l’aube découvrir ces ruines isolées et peu visitées. Datant de 1460, elles surplombent le Rio Machajmarka. Incallajta fut probablement t fondé par l’empereur inca Tupac Yupanqui. Outre sa fonction défensive, ce site fut conçu comme réplique cérémonielle de Cuzco. On retrouve les ouvertures en forme trapézoïdale de la culture inca. Non inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, ces ruines sont un peu laissées à l’abandon après avoir été pillées. Le chemin de retour nous semble encore plus beau mais nous avons pris beaucoup de risque de nuit. La vallée est très riche, les champs sont cultivés et de nombreux troupeaux se promènent sur la route. Les cultures sont très propres, les rangs à la perfection et les blés coupés avec des machines agricoles. L’eau coule en abondance des montagnes et chaque maison possède un robinet d’eau extérieur. C’est un luxe dans ce pays. Nous pensons retrouver rapidement la route mentionnée sur la carte, en fait c’est encore une piste. Nous revoilà partis pour 200 kms de piste défoncée avec de nombreux travaux et desvio. On en peut plus de la poussière, de l’indifférence des gens et des péages. Il faut tout le temps payer un droit de passage ou peut être que c’est pour l’entretien des routes qui restent pourries on ne sait pas trop. En tout cas, légère impression de se faire prendre pour des andouilles et des tiroirs caisses. Nuit devant l’église de San Isidro ou un homme nous propose de l’eau. Ce soir, il y a la messe, les cloches retentissent et les gamins braillent dehors. Ils s’amusent à taper à la porte et partent en courant ou encore montent sur le toit du camping-car. Obligés d’intervenir. Nuit tranquille après la fin de la messe.
Vendredi 11 Juillet 2008 : SUR LA ROUTE DU CHE
Nous partons à la découverte du Ché et décidons de suivre sa route jusqu’à La Higuera, village ou il fut capturé et tué il y a 40 ans. La piste est longue (120 kms) et parfois difficile, mais les paysages sont toujours aussi somptueux. Nous nous arrêtons à Villagrande prendre des renseignements, puis Pucara, histoire de prendre la température pour les derniers 15kms. Le temps de se faire piquer par des abeilles très virulentes, ce qui fait tordre de rire les boliviens rgggggghhhhhhh……., nous repartons après s’être fait assurer de passer avec notre camping-car. Malheureusement, 2 kms avant d’arriver, un virage très boueux nous fait peur. Le précipice est trop prêt pour rester coller ou se déporter. Prudence ou vieillesse ? On s’arrête la pour la nuit et nous ferons le reste demain à pied.
W64°20124 S18°78650
Samedi 12 Juillet 2008 : La HIGUERA
Le village ou le Che a été exécuté est tout prêt. Son buste trône sur la place du village qui n’a aucune vie. Il y a des graffitis tantôt pour tantôt contre lui sur tous les murs. Le musée est minable, même son treillis est une copie. La gardienne ne peut pas répondre à nos questions. Par contre une jeune fille s’approche et communique volontiers. Elle a quitté ses études et la grande ville pour vivre ici ou il n’y a pas d’électricité, pas de distractions. Elle garde un petit hôtel tenu par des français, et fuit la civilisation et le modernisme. A 25 ans, c’est bizarre. Il n’y a plus que 15 familles qui vivent ici et aucune n’a connu le CHE. Il reste très présent, mais la peur de la malédiction a fait fuir tout le monde vers les villes. On reprend notre route et la grosse surprise, impossible de faire passer le camping-car par les mêmes trous qu’hier. On frotte, on racle, tout le monde s’énerve, les enfants pleurent. On restera une heure a bouché les trous avec des pierres. Après plusieurs tentatives, on finit par arracher l’arrière du camping-car. Il faut tout consolider avec du scotch. Même le marchepied s’en mêle, il s’est ouvert et du coup il est complètement arracher. Un autre passage est difficile. On est coincé dans un trou et la roue est dans le vide ; Impossible d’avancer ou de reculer. On comble avec des pierres, on tente les plaques de dessablement. On ne bouge pas d’un poil. Les voitures commencent à arriver. Jean-Paul surélève le camping car pour y coincer une cale. Des touristes arrivent et décident de nous pousser. Nous passons à l’arracher pour finir notre piste très maussade. Nous sommes à deux doigts de tout laisser tomber tellement on est dégouté. Nous arrivons à Samaipata. Une colonie allemande a fait construire des chalets bavarois. Ici aussi le cauchemar continue. Nous ne trouvons pas d’eau, et les deux campings sont difficiles d’accès. On ne veut plus de dégâts pour l’instant. On décide d’aller au resto, panne d’électricité générale. On n’a vraiment pas de chance. Nuit près de l’école.
W63°86937 S18°17806
Dimanche 13 juillet 2008 : SAMAIPATA
10 mois que nous sommes sur le continent américain et 35000 kms parcourus.
Près du camping-car, des chevaux s’amusent. On décide d’aller voir le propriétaire et d’en louer 4 pour aller visiter les ruines del Fuerte. Rendez-vous pris pour 11h00. Les filles sautent de joie, Karine un peu moins. Il faudra 2H00 pour gravir la colline et admirer ces vestiges préincas. Deux tours d’observation permettent d’avoir une vue plongeante sur les ruines. Le site principal est une dalle de pierre de 100 mètres de long présentant diverses sculptures : pumas, serpents…
Retour au village. C’est un peu long vu que l’on a les fesses en compote. Marine a mal au ventre et commence a pleuré. Nous rentrerons très fatigués mais réconfortés et prêt à repartir. Nuit près de l’école.
Lundi 14 au Mercredi 16 juillet 2008 : SANTA CRUZ
W63°18449 S17°78252
Enfin de la route asphaltée jusqu’à Santa Cruz. On se dépêche car se soir, le consul offre une réception à tous les ressortissants français. Nous resterons sur la place centrale tout l’après-midi à faire du shopping. Il fait très chaud environ 30 degrés. Vers 20h00, nous sommes accueillis par Monsieur le Consul et son épouse. Sur grand écran, passe en boucle le défilé du 14 juillet et la remise de médaille à Ingrid. On va s’empiffré toute la soirée : bon vin, de la charcuterie comme on en a pas gouté depuis 10 mois et du fromage. Du fromage bien coulant, bien puant. Un régal, mais ou on t-il été le chercher ? En dessert des crêpes bretonnes avec dulce de leche, chocolat, fraises, glaces…. Nos papilles sont en émois. A la réception, il y a plus de boliviens que de français. Très peu d’entreprises se sont installées ici. On rentrera très tard, le ventre rempli. Nuit dans un parking 24h00, rue Junin. Impossible de dormir avec la chaleur, il fait trop chaud. Dire qu’il y a 10 jours nous avions -15°. La Bolivie est vraiment étrange.
Après être passés à la laverie, on passera la journée du mardi au biocentro Guembe à passer d’une piscine naturelle à l’autre sans jamais se lasser de la baignade et du soleil. Les filles sont ravies, elles profitent à fond de cette journée. Elles peuvent aller de la piscine aux jeux enfants sans surveillance alors c’est génial. Nous reviendrons une prochaine fois profiter de la ferme aux papillons et des orchidées.
Mercredi on profite que le parking se vide vers 13h00, pour prendre la route en direction de Cotoca. Nous déposons un colis chez les amis de Claude et Alain avant de se taper la route des missions jésuites qui n’est en fait qu’une piste avec de la terre rouge qui s’incruste de partout dans les placards. L’horreur. Toutes ces missions ont été restaurées, il a fallu 25 ans à l’architecte Hans Roth pour arriver au bout. Arrêt pour la nuit à San Ramon dans la cour d’un garagiste.
W62°50621 S16°61418
Jeudi 17 au Samedi 19 Juillet 2008 : LA ROUTE DES MISSIONS
Les villages que nous traversons sont différents. La province de Santa Cruz dénote dans la Bolivie. C’est une province riche qui souhaite son indépendance. Les gens ont la peau plus foncée et le sourire aux lèvres. Les maisons sont plus grandes, en bon état avec des toits de couleur. La végétation est luxuriante. On a l’impression d’être sur une île, cela ressemble à des photos de Cuba. Nous nous arrêtons à Conception. Toutes les grandes décisions concernant les missions se prennent ici. La cathédrale de Conception est assez monumentale. A l’intérieur les peintures naïves représentent le chemin de croix, la Vierge, des anges et des fleurs. Tout est dans les couleurs rouges et or. Le toit est porté par 121 colonnes en bois sculptés. Le clocher est sur le côté lui aussi soutenu par des colonnes en bois. Le musée rassemble de nombreux objets récupérés dans toutes les missions. On termine par l’atelier de restauration ou des artisans fabriquent de jolies répliques et restaurent de nombreuses ouvres d’art. C’est une école ou les ouvriers réapprennent les savoirs faire. Route poussiéreuse jusqu’à San Ignaco de Velasco que nous n’avons pas visités. Ce sera pour le retour. Nous avons fait la queue au poste à essence toute la nuit dans le bruit pour être présent à l’ouverture à 7H00. La route des missions manquent cruellement de gasoil, il faut faire attention. Les voitures viennent avec des bidons de 200 litres chacun qui est revendu au marché noir en cas de pénurie. Comme tout le monde, on fait la queue.
Le lendemain, nous ferons deux heures d’attende avant d’être servi en gasoil. Nous avons de la chance qu’il en reste. Nous reprenons notre route pour la mission de Santa Anna qui est vraiment merveilleuse. Un guide nous explique toutes les subtilités. Nous retrouvons toujours les colonnes en bois sculptés. Elle est plus modeste et plus rustique, avec des applications de mica sur les murs. Le guide ouvre un placard comme un placard de cuisine un peu vieux, ou se cache un orgue datant de 1794. Superbe. Une équipe française est venue pour le restaurer.
Cette mission se trouve dans un petit village qui a gardé les traditions et la langue chiquitana. Un modeste musée retrace la vie de cette population. Nous avons loupé le cours de violon des enfants qui préparent Sainte Anne le 26 juillet.
La mission de San Rafael de Velasco est la seule a respecté l’aspect d’origine. Nous passerons plus de temps a assisté au cours de violon des enfants que dans l’église. Les enfants jouent parfaitement bien, ils sont pourtant très jeunes.
Dernière visite, la mission de San José de chiquitos avant d’entamer la route vers le Brésil. Les paysages que nous traversons très verts, l’élevage est la principale activité. La piste longe une route en construction toute neuve qui nus nargue. On en a marre, on décide de la prendre on verra bien. Nous parcourrons finalement pratiquement la totalité du voyage sur cette belle route pas encore inaugurée. Arrivée à la frontière bolivienne. On ne cache pas qu’on a un peu la trouille de ne pas pouvoir quitter le pays à cause de Uyuni. Il est tard le policier de faction me dit que l’immigration n’ouvrira que demain. On passe la nuit sur le parking.